« L’écosystème de Marseille-Fos doit faire émerger des start-up industrielles »
Laurence Bottero
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2024 restera une année de complexité pour les jeunes entreprises innovantes. Entre des levées de fonds qui trébuchent à -25%, le montant de ces mêmes tours de table qui se font plus modestes à -54%, les start-up, après des années d'euphorie et de Start-Up Nation, reprennent contact avec la réalité entreprenariale. Marseille Innovation l'a constaté aussi, 2024 restera comme l'année de la résilience, même si pour l'incubateur basé dans la Cité phocéenne, le bilan n'est pas si négatif, avec une centaine de start-up ayant créé 180 emplois.
2025, très observée de ce point de vue, semble déjà mieux se comporter si l'on considère les premières données de l'année qui s'inscrit dans ce que Laurence Olivier nomme « une sensible dynamique positive ». Les jeunes entreprises innovantes résistent mais elles ont néanmoins bien compris que le retour aux fondamentaux, c'est-à-dire parier davantage sur le client que sur la levée de fonds, devient la norme et le tour de table érigé en paragon de la réussite, dépassé.
Le modèle d'entreprise innovante sait aussi s'inscrire dans la durée. Entre le phénomène de licorne et ces start-up qui échouent, il existe des entreprises dont la croissance se construit par étape, se pérennise, continuant de créer de la valeur, certaines d'entre elles devenant de solides PME.
« En 30 ans, nous avons accompagné plus de 1 200 entreprises innovantes et 90% d'entre elles sont toujours actives. Cela correspond également à 4 500 emplois créés », illustre Laurence Olivier.
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Le financement de l'innovation est toujours un sujet. Plus sensible depuis les récentes crises et la sorte de rationalisation qui s'est opérée, il oblige les entreprises innovantes à repenser les leviers à activer. Le besoin en fonds propres a clairement été le sujet post-crise sanitaire. Une problématique qui a poussé l'incubateur marseillais à créer son propre outil, via un prêt d'honneur, remboursable, doté pour chaque appel à projet de 30 000 euros. « L'objectif premier était de renforcer les fonds propres des entreprises que nous accompagnons pour leur permettre d'accélérer et de trouver un marché le plus vite possible », explique Laurence Olivier. « Et de jouer aussi l'effet de levier auprès d'autres financeurs, avec un ratio d'effet multiplicateur de 3 ». Depuis 2022, 34 start-up ont ainsi été aidées financièrement pour une enveloppe de financement d'un million d'euros.
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