« Il manque à l'industrie une stratégie européenne » (Jean-Pierre Fine, UIMM)
Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
REUTERS/Vincent Alban
Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
REUTERS/Vincent Alban
LA TRIBUNE - Le nucléaire redevient attractif pour l'emploi. Sauf que la France a perdu des compétences, notamment en soudure. L'UIMM mène des campagnes, entre autres, pour promouvoir ces métiers. Que faut-il faire pour que la France regagne en compétitivité ?
JEAN-PIERRE FINE - Il faut identifier précisément ce dont nous avons besoin. La filière nucléaire est assez représentative des métiers dont nous avons besoin dans l'industrie en général. Ce sont des métiers transversaux, qui servent certes le secteur nucléaire, mais pas seulement, ils sont également nécessaires pour la défense ou encore l'aéronautique. Il faut poursuivre ce qui a été engagé, depuis plusieurs années, par toutes les parties prenantes, le monde industriel bien sûr, mais aussi l'Éducation nationale, par les gouvernements successifs, par les collectivités territoriales... c'est-à-dire continuer à expliquer aux jeunes, à leurs parents, à tous les prescripteurs, ce qu'est la réalité de l'industrie. Il faut montrer ce à quoi elle sert. Et contrairement à ce que l'on pense, l'industrie est le secteur d'activité dans lequel les emplois sont le plus stables et durables. L'industrie enregistre l'un des turn-over les plus faibles.
Hormis le nucléaire, quelles sont les autres filières porteuses d'avenir ?
Dans notre secteur de la métallurgie, les secteurs déterminants pour notre avenir - outre le nucléaire - sont la défense et l'aéronautique. Je pourrais en citer d'autres. Alors certes, nous nous trouvons dans un contexte d'incertitude, mais, lorsque, en France ou en Europe, elle dépend de nous-même, nous pouvons et devons la traiter. Quand elle dépend d'autres, il faut la négocier.
Êtes-vous profondément inquiet ou gardez-vous une inquiétude mesurée face aux taxes imposées par Donald Trump ?
À lire également
Personne n'est capable de deviner quelles en seront les conséquences. Il n'existait quasiment pas de droits de douane, nous étions dans un monde de libre-échange. La relation future ne sera pas meilleure... malheureusement. Ce que l'on peut craindre, c'est une déstabilisation du commerce mondial, c'est-à-dire des chaînes d'approvisionnement. Cela signifierait un certain repli, une perte de valeur pour le monde entier et ce sont des risques supplémentaires sur les enjeux de souveraineté. C'est-à-dire notre capacité à faire du nucléaire ou de la défense tous seuls, parce que l'on peut dépendre, concernant certaines matières premières, d'autres pays du monde. Un produit industriel comprend des centaines de milliers de composants, il est donc très compliqué de décrypter les endroits où il peut y avoir des engorgements ou des défauts d'approvisionnement. Et cela peut rendre caduque un projet industriel. Nous sommes donc, fatalement, inquiets.
Laurence Bottero