Subprimes : les banques commencent à payer pour leurs fautes de conduites

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Aux États-Unis, les autorités fédérales réclament 6 milliards de dollars à JP Morgan pour "fraude" lors de la vente de crédits "subprimes". Depuis 2011, 16 autres banques internationales sont visées par des plaintes.

Six ans après, les établissements bancaires responsables de la crise des "subprimes" paient. Comme un symbole, c'est la première banque américaine en terme d'actifs, JPMorgan Chase, par ailleurs sujette à de nombreux scandales depuis la crise, qui devrait être la première à rendre des comptes à la société américaine.
Les autorités fédérales lui réclament en effet 6 milliards de dollars pour "fraude" lors de la vente de crédits immobiliers à risque, dits "subprimes", affirme le Financial Times de ce mardi.
Comme 16 autres banques internationales, JPMorgan est poursuivie depuis 2011 pour avoir vendu entre 2005 et 2007 des "subprimes" aux géants américains du refinancement immobilier, les fameux Fannie Mae et Freddie Mac, entraînant leur perte et conduisant à leur renflouement massif par l'État à hauteur de 187,5 milliards de dollars pendant la crise financière.

JPMorgan a vendu 33 milliards de dollars de crédits subprimes à Fannie et Freddie

C'est l'Agence fédérale de financement du logement (FHFA), garant de la tutelle des deux établissements, qui avait lancé les poursuites et exige à présent que JPMorgan verse ces 6 milliards de dollars pour régler le litige, affirme le Financial Times.
Dans sa plainte déposée en 2011, la FHFA affirmait que JPMorgan avait vendu pour 33 milliards de crédits immobiliers risqués à Fannie et Freddie en dissimulant le fait que ces produits financiers reposaient, in fine, sur des emprunteurs insolvables.

16 autres banques ont été attaquées en justice

La FHFA souhaite coûte que coûte récupérer les pertes infligées par les banques à Fannie et Freddie. C'est pourquoi elle avait déposé plainte en 2011 contre 16 autres banques que sont Ally Financial (ex-GMAC), Bank of America (Bofa), Barclays, Citigroup, Countrywide Financial (filiale de BofA), Credit Suisse, Deutsche Bank, First Horizon National, General Electric, Goldman Sachs, HSBC, JPMorgan Chase, Merrill Lynch (filiale BofA), Morgan Stanley, Nomura, The Royal Bank of Scotland et la banque française Société Générale. "Les plaintes font état d'infractions à la loi fédérale régissant les actifs financiers (…) dans la vente de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels conçus par ces établissements", précisait alors la FHFA.

Bank of America, l'autre "menteur"

La sentence semble désormais proche de tomber car les annonces de poursuites se multiplient contre les banques ces dernières semaines : le département américain de la Justice (DoJ) et la SEC, le gendarme américain de la Bourse ont eux aussi décidé mardi 6 août de poursuivre Bank of America (BofA) pour avoir "menti" à des investisseurs en leur vendant plus de 850 millions de dollars de "subprimes". Bofa est accusée "de ne pas avoir révélé des risques déterminants" liés à ces produits et d'avoir "mal représenté les prêts hypothécaires" sur lesquels ils reposaient.

Vente de prêts hypothécaires octroyés à des emprunteurs insolvables

"Bank of America a structuré, offert et vendu" des titres financiers adossés à des prêts hypothécaires octroyés à des emprunteurs insolvables, mais présentés aux investisseurs comme des prêts "sûrs", estime le DoJ. La banque n'aurait notamment pas mentionné aux investisseurs que 70% des prêts contenus dans ces actifs titrisés provenaient d'organismes de crédit tiers confrontés à des défauts de prêts plus importants qu'elle…

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a écrit le 03/09/2013 à 10:56 :
Avec la titrisation, les banquiers a) ne font plus leur métier, puisqu'ils se défaussent du risque qu'ils sont sensés porter, et b) oublient le principe de base de ce métier : ne prêter qu'aux riches. Très logiquement, ils paient aujourd'hui pour ces erreurs commises grâce à des raisonnements inattaquables. C'est çà, le problème, avec les génies.
a écrit le 29/08/2013 à 12:04 :
OK, les banques commencent à payer. Mais leurs dirigeants dorment toujours dans leurs beaux draps de soie. Heureux, peinards, et même pas reconnaissant pour le petit peuple des contribuables. Privatisation des profits et nationalisation des pertes, elle est pas belle la vie d'un banquier.
Réponse de le 29/08/2013 à 18:14 :
Quant à faire des pertes "épongeables" par les contribuables alors autant n'avoir que des banques nationalisées...
a écrit le 29/08/2013 à 7:53 :
En France nous avons le scandale de l'affaire Apollonia dans laquelle de multiples banques,banquiers, notaires... sont mis en examen pour Escroquerie en Bande Organisée, usages de faux, faux en écriture.
Le préjudice total est de 1 milliard ? !
Que fait-le gouvernement français ? donne-t-il les moyens à la justice pour faire avancer ce dossier pénal instruit depuis plus de 5 ans ???
#affaireapollonia
Réponse de le 29/08/2013 à 11:01 :
L'absence de sanctions judiciaires contre les voyous de la finance et de l'immobilier, auxquels il conviendrai d'ajouter les scandales à répétition sur les faux dossiers de défiscalisation avec de faux équipements d'économies énergétiques ... confine à la complicité pour le moins passive ... mais plus probablement "active" de manière à protéger les amis des "politiques" qui eux mêmes agissent en bandes organisées dans les Or des Édifices de la République
a écrit le 29/08/2013 à 6:58 :
on pouvait croire au miracle avec ce titre...
mais non! ça concerne les US ;)
Holeland retrouve plus son dossier Glass-Steagall...
sans doute assis dessus.
a écrit le 29/08/2013 à 3:36 :
les politiques sont vraiment des pourris !!!!
a écrit le 28/08/2013 à 23:31 :
La crise des sub-primes a coûté 2000 milliard de dollars. Payer seulement 6 milliard de dollars pour fraude est un cadeau royal. Je crois qu'ils vont se précipiter pour payer.
a écrit le 28/08/2013 à 19:16 :
Combien de milliards de couillonnades vendues et achetées chaque jour sur l a planète...les banques ne sont pas exemptes de tout reproche, mais les journalistes feraient mieux de s'interroger sur les responsabilité d ceux qui ont acheté 33 milliards d'actifs soit-disant pourris, et qui n'ont fait que jouer leurs rôles, à savoir répliquer avec un fort delta, les performances de l'immobilier Aux USA..pitoyable chasse aux sorcières dans un pays peuplé d'irresponsables...la Tribune est-elle melanchonienne?
Réponse de le 28/08/2013 à 19:50 :
Oui c'est la réalité, leurs actifs pourris sont rachetés par la FED, des poignées de milliards sont données d'une mains, et on leur reprend une petite pincée de l'autre pour calmer le bon peuple sûrement. Il reste encore des personnes qui n'ont pas tout compris ou Bili har i@ est avocat de banquiers ?
a écrit le 28/08/2013 à 19:05 :
Pfff, condamnés à payer 6 milliards alors que l'état a donné 187 milliards pour les renflouer... C un cadeau et pas une amende
Réponse de le 28/08/2013 à 23:17 :
Les 6 milliards sont pour JPM seulement et je ne crois pas que l'état ait "donné" 187 mds comme vous le dites mais qu'il les a investis.
a écrit le 28/08/2013 à 18:54 :
Les punitions des banques pour la crise financière sont parfaitement justifiées mais très insuffisantes voir même inexistantes ... en particulier l'on se demande bien pourquoi en France les politiques, Parlementaires et Gouvernements UMP PS Nouveau Centre n'ont rien fait de tel en France et ne font rien du tout ... sont-ils complices de plein gré ?
Réponse de le 28/08/2013 à 22:04 :
En France: pas de crise des surprimes. Les banquiers français n ont pas proposé ce type de produit a grande échelle comme aux US.
Réponse de le 28/08/2013 à 22:40 :
@Zek

Pire encore, ils ont acheté les actifs pourris des banques américaines!
Réponse de le 28/08/2013 à 23:20 :
Et rappelons aussi que nos banques n'ont pas couté 1 centime au contribuable (sauf DEXIA, cas bien particulier).
Réponse de le 29/08/2013 à 17:35 :
@Dollar (le bnien nommé...) : Remballez votre rengaine, "les banques n'ont pas couté un centime au contribuable"... arrêter de nous bassiner avec vos éléments de langage puisés directement auprès de la fédération des banques françaises : les crises bancaire puis financière sont responsables de la récession dont nous ne sommes jamais vraiment sortis depuis 2009, malgré l'obscène rally des marchés financiers cette année-là, et la récession a mécaniquement provoqué l'explosion des déficits et de la dette publique, entraînant la crise des dettes souveraines...vous le savez parfaitement, mais vous tentez d'abuser de la crédulité de Monsieur-tout-le-monde pour sauvegarder le mythe des banques françaises exemplaires.
@Zek : si aucune banque (ni française, ni étrangère) n'a proposé ces produits sur le marché français, c'est parce que la réglementation ne le permettait pas - et non parce que nos banquiers sont plus vertueux que les autres ! Disons à la rigueur que les régulateurs français ont été un peu moins "capturés" par les banquiers que dans d'autres pays - essentiellement parce que la France n'a pas (ou moins) cédé à la logique ultralibérale de déreglementation aveugle. Une logique qui exerçait toutefois un charme certain sur un certain Nicolas S, si l'on relit son programme de 2007 - mais c'est une autre histoire...
Réponse de le 31/08/2013 à 17:39 :
bonne analyse!!les responsables en pleine lumiere mais les français oublient vite et les responables savent se faire oublier !
a écrit le 28/08/2013 à 18:45 :
Je pense que cette histoire n´est pas aussi claire qu´elle n´en a l´air. En effet, les fameux Fannie Mae et Freddie Mac ne sont pas des amateurs et ils ont aussi l´obligation de verifier professionnellement ce qu´ils achetent. La reaction de JPMorgan, c.a.d. de James Dimon va etre determinante sur la suite des evenements. Et comme il joue son siege de CEO, apres quelques autres deconvenues recentes, il risque de ne pas se laisser faire.
Réponse de le 29/08/2013 à 0:28 :
Fanny Mae et Freddy Mac, en position de quasi monopole des prets hypothécaires, outil du gouvernements faussant la concurrence, ont été obligés par Greenspan (ancien dirigeant de la FED) et Clinton d'octroyer des prêts hypothécaires pour tenter de relancer artificiellement l'économie après les tristes attentats bien connus. C'est à cause de l?interventionnisme étatique contre la liberté du marché qui a provoqué la crise des subprimes qui en a découlé. Une preuve de plus des conséquences désastreuses des actes des politiciens contre la liberté de l'économie qui n'aurait jamais autorisée d'octroyer des prets à des insolvables. Contrairement à l'idée largement répandu en France, les USA ne sont libéraux que partiellement ce n'est donc pas à cause du libéralisme que l'économie subit des dommage, mais à cause de l'ultra étatisme. La France, pays ultra collectiviste, étatiste et égalitarisme ferait mieux de reconnaitre son pouvoir de nuisance contre notre nation et nos concitoyens. Seule le libéralisme humaniste si bien décrit par Mr Bastiat, grand penseur français du 19 eme mais aussi par le contemporain Hayek, garanti une croissance saine et durable.
Réponse de le 29/08/2013 à 18:21 :
@Kazbo
Fannie et Freddy ne sont certainement pas des amateurs, mais on pourrait imaginer qu'ils auraient pu être complices et servir de caution pour disséminer ces produits à travers le monde.
A partir d'un certain niveau de l'ordre de la centaine de milliards de dollars de profit, tout est envisageable.
Réponse de le 30/08/2013 à 10:57 :
Personne ne connaissait véritablement le contenu et le fonctionnement de ces CDO .....
a écrit le 28/08/2013 à 18:23 :
On ne serait pas dans cette situation si les Politiques n'avaient pas créer deux organismes Fanny et freddie pour apporter la garantie de l'état fédéral à des prêts de mauvaises qualité Ceci étant tout le monde sait qu'il n'y a de pire menteur qu'un banquier. Son bilan est illisible par le fait de ses engamants " hors bilan "
a écrit le 28/08/2013 à 17:33 :
Un le controle dans le libéralisme n'a jamais fait de mal, bien au contraire : on en serait pas à cette situation si toutes ces administrations avaient fait leur travail AVANT...

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