Deutsche Bank voit ses bénéfices chuter dans un environnement "complexe"

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Le coûts des litiges juridiques pour l'ensemble de l'année 2014 est imprévisible, prévient le groupe, qui a relevé de 1,8 à 2,2 milliards d'euros ses provisions pour ce type de risques au cours du deuxième trimestre.
"Le coûts des litiges juridiques pour l'ensemble de l'année 2014 est imprévisible", prévient le groupe, qui a relevé de 1,8 à 2,2 milliards d'euros ses provisions pour ce type de risques au cours du deuxième trimestre. (Crédits : reuters.com)
D'avril à juin la première banque allemande a dégagé un bénéfice net en baisse de 29%, bien inférieur au consensus des analystes, faisant état de ses inquiétudes concernant les défis que constituent l'évolution du cadre réglementaire et les litiges juridiques.

Deutsche Bank a enregistré un net recul de ses bénéfices au deuxième trimestre. D'avril à juin, le groupe bancaire de Francfort a dégagé un bénéfice net en baisse de 29%, à 237 millions d'euros. Un résultat deux fois moins important que les 545 millions d'euros visés par le consensus d'analystes compilé par Dow Jones Newswires.

En cause, une facture fiscale plus lourde liée à certaines dépenses non déductibles, comme par exemple des charges pour litiges juridiques, explique la première banque allemande.

Progression du bénéfice opérationnel

Le chiffre d'affaires a quant à lui reculé de 4% sur cette période, à 7,86 milliards d'euros, lesté par de moindres recettes dans ses activités sur les marchés d'actions, ainsi que dans sa banque de détail et de financement des entreprises.

Source de satisfaction toutefois, son bénéfice opérationnel a progressé de 16%, à 917 millions d'euros, grâce à la réduction de ses coûts et de ses provisions pour risques de crédit.

"Toutes nos lignes de cœur de métier ont contribué à ce résultat", se sont réjouis les deux patrons de la banque, l'Allemand Jürgen Fitschen et l'Indo-britannique Anshu Jain, cités dans un communiqué. Notamment, "les revenus fixes de Deutsche Bank (courtage des obligations, des changes et des matières premières, ndlr) ont montré de solides performances avec des revenus stables et surpassant ses rivaux" Goldman Sachs, JPMorgan ou Barclays, soulignait dans une note Philipp Häßler, analyste pour la banque Equinet.

Les activités de gestion d'actifs ont également créé une bonne surprise, en affichant une hausse de 9% de leur chiffre d'affaires et un bénéfice avant impôt multiplié par près de 2,5.

Un "environnement complexe"...

"L'environnement est complexe", ont cependant reconnu Jürgen Fitschen et Anshu Jain, se gardant de tout triomphalisme.

D'un côté, la revue d'actifs et les "stress tests" menés jusqu'à fin octobre par les autorités bancaires européennes, prélude du coup d'envoi de la supervision bancaire en novembre, risquent d'avoir un sérieux impact sur ses comptes, a indiqué mardi Stefan Kraus, directeur financier de la banque, lors d'une téléconférence de presse.

>> Ce que les "stress tests" réservent aux banques européennes

De l'autre, les nouvelles règles imposées par l'Autorité bancaire européenne concernant la valorisation de certains actifs risquent de gréver son capital de 1,5 à 2 milliards d'euros.

Pour faire face à ces défis, le groupe a levé fin mai pour 3,5 milliards d'euros d'obligations hybrides destinées à raffermir son assise financière, ainsi que 8,5 milliards d'euros sous forme d'actions fin juin, dans le cadre de la plus grande augmentation de capital de son histoire.

De multiples enquêtes juridiques

Grâce à ces manœuvres, son ratio de fonds propres "durs", un indicateur clé pour mesurer sa solvabilité, a progressé à 11,5% à fin juin contre 9,5% fin mars.

Les difficultés ne s'arrêtent toutefois pas là. Le nom de la banque est cité dans une multitude d'enquêtes internationales pour manipulation, du libor au marché des changes, en passant par les métaux précieux. Deutsche Bank a par ailleurs récemment indiqué qu'elle coopérait avec les États-Unis qui scrutent ses transactions en dollars menées pour le compte d'entités de pays frappés par des sanctions économiques américaines.

Au total, "le coût des litiges juridiques pour l'ensemble de l'année 2014 est imprévisible", prévient le groupe, qui a relevé de 1,8 à 2,2 milliards d'euros ses provisions pour ce type de risques au cours du deuxième trimestre.

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