Pour la BCE, embaucher des superviseurs ne sera pas aisé

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Le niveau des salaires à la BCE est bien inférieur à ceux du privé. Un problème pour l'institution qui a besoin d'attirer 770 nouveaux superviseurs compétent pour surveiller les banques européennes. (Photo : Reuters)
Le niveau des salaires à la BCE est bien inférieur à ceux du privé. Un problème pour l'institution qui a besoin d'attirer 770 nouveaux superviseurs compétent pour surveiller les banques européennes. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
La mise en place du Mécanisme de supervision bancaire unique au niveau européen par la BCE suppose d'embaucher des superviseurs. Mais recruter du personnel qualifié n'est pas aisé.

Efficacité, mise en place, faisabilité, l'Union bancaire soulève de nombreuses questions. Mais en voici une à laquelle on n'avait pas encore pensé : celle du recrutement de cadres pour gérer au jour le jour le Mécanisme de supervision unique, l'un de ses piliers. Pour la Banque centrale européenne (BCE), il sera en effet compliqué d'y attirer des banquiers chevronnés en raison de salaires proposés pas assez élevés.

Faire de la BCE l'organisme unique de supervision bancaire es pourtant une étape ambitieuse vers l'intégration européenne depuis le lancement de la monnaie unique voici 15 ans. Embaucher les bonnes personnes dès le départ est donc vital pour la réussite du projet et la BCE se repose beaucoup sur les autorités locales pour trouver les 770 superviseurs qu'il lui faut d'ici novembre.

Besoin de hautes compétences

Depuis le déclenchement de la crise financière, qui a mis au jour des carences criantes en matière de réglementation, les compétences requises pour être un bon superviseur ont changé, explique à Reuters Julie Dickson, du Conseil de stabilité financière, organe de coordination de la réglementation financière au sein du Groupe des Vingt (G20).

"On attend dorénavant des superviseurs qu'ils aient des discussions solides avec les directeurs généraux et les conseils d'administgration et qu'ils creusent des questions telles que la chaîne de succession des banques d'importance systémique et la culture du risque", explique-t-elle. "Ces compétences étaient rares dans les organismes de supervision il y a quelques années", ajoute-t-elle.

Des salaires bien inférieurs à ceux du privé

La rémunération minimale des superviseurs de la BCE est de l'ordre de 55.000 euros par an. Elle peut atteindre 120.000 euros. Par comparaison, la rémunération moyenne de la Deutsche Bank en 2013 était de 120.000 euros environ et pour la banque suisse UBS elle se montait à un peu plus de 275.000 euros.

Avec un bémol toutefois. La fiscalité européenne, avec un taux qui varie de 8% à 45%, est souvent inférieure à celle des Etats membres.

Mélanger des experts de la supervision bancaire et des banquiers venant du secteur privé pourrait pourtant s'avérer une combinaison gagnante pour le MSU. Mais avec deux limites : que l'intégration se passe bien et que la situation n'aboutisse pas à des conflits d'intérêts.

Réussir l'intégration

S'agissant des conflits d'intérêts, la BCE met en place des procédures visant à empêcher les personnes ayant travaillé durant au moins deux ans en son sein de se retrouver dans une position de nature à les compromettre.

 En revanche, s'agissant de l'intégration, c'est plus compliqué. Un conflit "culturel" était ainsi patent au sein de l'Autorité des services financiers (FSA) britannique, remplacée en 2013, après 12 ans d'exercice, par un nouvel organisme. "Il y avait des tensions entre la culture du secteur public et la culture de la City", explique à Reuters un ancien de la FSA, faisant référence au centre financier de la City de Londres.

De fait, l'arrivée de nouveaux venus du secteur privé provoque un certain malaise chez certains salariés de la BCE. "Vont-ils nous manger ou allons-nous les manger?", se demandait une source de la BCE.

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Commentaires
a écrit le 03/03/2014 à 11:40 :
Qui peut croire un instant à l'efficacité de ce nouveau machin? et hop, 770*55 000 euros soit 50 millions dépensés ..
a écrit le 03/03/2014 à 10:04 :
et pourquoi ils n'embaucheraient pas David Lenglet, il a l'air balaise en économie.
a écrit le 02/03/2014 à 23:42 :
Ca doit pas être difficile de recruter des honnêtes gens , à moins que .......
a écrit le 02/03/2014 à 23:03 :
Bah, Goldman a bien un ou deux superviseurs sous la main !
Réponse de le 03/03/2014 à 8:27 :
Je propose David Pujadas...Mais , rentrera-t-il dans des Rangers ?
a écrit le 02/03/2014 à 21:48 :
Ce ne devrait pas être difficile de trouver des superviseurs de ce qui n'est pas contrôlable.
a écrit le 02/03/2014 à 19:28 :
Ben voyons, faire rentrer le loup dans la bergerie (les banquiers à la BCE), en voilà une riche idée ! Il est vrai que pour décider de nous voler bientôt directement en prélevant sur nos comptes bancaires (comme pour Chypre), la BCE a besoin de leurs conseils ! Cette Europe est finie, gangrenée pas les financiers US et les affairistes ; quelque chose de nouveau renaîtra un jour de ses cendres...
a écrit le 02/03/2014 à 19:21 :
Superviser un "voleur-selon-la-loi", vaste blague. Ce sont eux qui la font. Passons à des sujets plus importants, s'il vous plait.

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