Axa contraint d'accélérer le rythme de ses économies

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Thomas Buberl, patron d'Axa le premier septembre, a présenté le nouveau plan stratégique
Thomas Buberl, patron d'Axa le premier septembre, a présenté le nouveau plan stratégique (Crédits : DR)
Le deuxième assureur européen doit aller plus vite dans la recherche de gains de productivité pour compenser la faiblesse des taux d'intérêt

En l'absence de mesures d'économies, « si les taux d'intérêt restent à leur niveau actuel, le bénéfice opérationnel par action baissera de 5% par an d'ici 2020 ». Cette prévision de Gérard Harlin, directeur financier d'Axa, le groupe ne veut évidemment pas qu'elle se réalise.

Alors que certains actionnaires se plaignent déjà de la langueur du cours de bourse, pas question de laisser ainsi les profits s'éroder et de voir le cours d'Axa se casser la figure. Le plan stratégique à horizon 2020 présenté ce mardi par le futur patron du deuxième assureur européen, aux commandes officiellement le premier septembre -Thomas Buberl- a pour ambition première de redresser le cours boursier du groupe. Très concrètement, Axa mise sur quatre leviers. « L'efficacité », d'abord, autrement dit des efforts de productivité conséquents. Ainsi, en Europe, les effectifs de salariés baisseront de 1 à 2% par an. Sans licenciements, car la pyramide des âges, synonyme de nombreux départs à la retraite, permet cette baisse importante des effectifs sans problèmes sociaux.

2,1 milliards d'euros d'économies, contre 1,5 milliard pour le plan précédent

Cette recherche d'efficacité, représenterait un plan d'économies de 2,1 milliards d'euros. Le précédent plan, 2010-2015, prévoyait à l'origine 1,5 milliard d'euros d'économies. La volonté d'accélérer est donc nette. Cette recherche d'efficacité contribuerait à elle seule à faire croître de 3% par an le résultat opérationnel par action d'ici 2020, estime Axa.

L'amélioration de la marge technique serait un autre facteur de hausse des profits. En termes moins « techniques », il s'agit pour un assureur de gagner plus d'argent sur chaque contrat, en augmentant les tarifs ou en sélectionnant mieux ses clients pour éviter ceux qui seraient trop coûteux en sinistres. De quoi accroître de 2% l'an le bénéfice opérationnel, estime le directeur financier du groupe.

Croissance forte en Asie

La croissance contribuerait bien sûr, aussi, à améliorer les profits, d'un montant équivalent. Le groupe mise beaucoup sur l'assurance des entreprises (chiffre d'affaires en hausse de 3 à 5% l'an), la santé et l'épargne dans les marchés dits matures, qui connaîtraient une croissance équivalente. En termes de zones géographiques, Thomas Buberl ne croit plus à un monde où d'un côté les pays "matures" seraient en croissance lente et de l'autre les émergents contribueraient fortement à la hausse de l'activité de l'assureur. "La croissance, il faut la trouver dans les métiers", dit-il. Cependant, l'Asie est vue comme un enjeu majeur, une source de croissance exceptionnelle: le résultat opérationnel y ferait un bond de 10 à 12% par an....

Mais l'ensemble de la croissance "organique" de l'ensemble de l'activité ne contribuerait qu'à hauteur 2% à l'augmentation du bénéfice opérationnel. Pour la doper, Axa  a budgété un milliard d'euros pour les fusions acquisitions, lesquelles contribueraient à augmenter le bénéfice de 1% supplémentaire par an.

Au total, ce plan doperait le bénéfice par action de 8% par an en moyenne d'ici 2020, faisant plus que compenser l'impact négatif des taux d'intérêt bas. Si les taux remontaient à 2% en France, leur effet négatif sur le bénéfice pourrait être limité à -1%. Mais s'ils restent à leur niveau actuel, l'impact des taux d'intérêt proches de zéro sera donc de -5% de profits opérationnels par an. Contrebalancé par le plan stratégique, cet effet taux aboutirait à une hausse du résultat opérationnel de 3% par an, si le plan  est mis en œuvre comme prévu, bien sûr.

 Augmenter le dividende

D'un point de vue strictement financier, le groupe table sur 300 à 500 millions d''euros  plus values nettes par an. Ajoutées à une hausse du bénéfice opérationnel comprise entre 3% et 7% l'an, elles permettraient d'augmenter le dividende. La fourchette est celle d'une distribution de 45 à 55% du résultat courant. En 2015, 47% de ce résultat ont été distribués aux actionnaires. Il existe donc une marge de hausse, insiste le groupe.

De quoi doper le cours de bourse ? Axa gagnait 1,27% ce mardi, contre +0,61% pour le CAC 40.

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