
C'est un sauve qui peut. Après le réassureur Swiss Re en début de semaine, le réassureur français Scor et les assureurs Axa et Allianz, respectivement numéro deux et un de l'assurance européenne, ont annoncé aujourd'hui leur intention de quitter la Net Zero Insurance Alliance (NZIA).
Ces nouveaux départs sonnent le glas de cette coalition d'assureurs, créée en 2021 et placée comme les autres coalitions sectorielles de même nature sous l'égide de l'ONU, avec pour objectif de parvenir à zéro émission carbone à l'horizon 2050. Les réassureurs Munich Re et Hanover Re et Zurich Insurance avaient également annoncé leur départ de l'association.
Le message est peu ou prou le même : nos objectifs et nos engagements sur le climat restent inchangés mais la coalition présente des risques juridiques « antitrust » importants. Difficile à croire que les avocats de ces groupes n'avaient pas perçu ce risque juridique, alors même qu'il existe d'autres alliances Net Zero, comme la Net Zero Banking Alliance.
Chasse aux sorcières anti-ESG
Pour Patrick McCully, analyste auprès de l'ONG Reclaim Finance, « nous devons nous demander si leur abandon de l'alliance n'est pas davantage lié à la crainte de perdre des marchés aux États-Unis qu'à un réel danger juridique ». De fait, il existe actuellement aux Etats-Unis une véritable chasse aux sorcières anti-ESG, menée par des élus républicains, qui commencent à faire peur aux entreprises, notamment les acteurs financiers engagés dans la finance durable.
La semaine dernière, les procureurs généraux (qui sont des élus) de 23 États dirigés par les républicains ont écrit aux membres de la NZIA sur la « légalité des engagements pris par les assureurs de collaborer avec d'autres assureurs et propriétaires d'actifs afin de faire avancer un programme climatique ».
Ce n'est donc pas un hasard si aucun assureur américain n'avait rejoint la NZIA mais les assureurs européens ont tous développé des activités importantes aux Etats-Unis, notamment dans la réassurance.
L'avenir de cette alliance apparaît compromis, le dernier assureur important encore à bord étant le britannique Aviva. La question se porte désormais sur l'avenir des autres coalitions, notamment celle dans la banque. Reste que les assemblées générales des actionnaires montrent l'intérêt grandissant des actionnaires pour les sujets climatiques, notamment dans le secteur bancaire.
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