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Entreprises & FinanceAssurance

Comment Allianz France veut réorienter l’épargne de ses futurs clients

Juliette Raynal

Publié le 03 décembre 2019 à 08:00 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 22:41

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La filiale française du groupe allemand durcit ses conditions d’entrée en matière d’assurance vie avec un minimum de 30.000 euros pour les nouveaux contrats. Les contrats uniquement en fonds euros ne seront plus proposés. Pour Jacques Richier, son Pdg, l’avenir de l’épargne est dans le nouveau Plan d’épargne retraite (PER), pas dans le fonds euro-croissance, même modernisé.

Après Swiss Life et Generali, c'est au tour d'Allianz France d'annoncer une baisse du taux de rendement de ses produits d'assurance vie traditionnels. "Oui, il y aura une baisse des taux [servis sur les fonds euros, ndlr]. Nous savons de combien mais nous ne l'avons pas encore communiqué auprès de nos associations et réseaux", a indiqué Jacques Richier, le patron de la filiale française de l'assureur allemand, lors d'une rencontre avec la presse organisée ce lundi 2 décembre. "Il s'agira d'une baisse plus forte que celle opérée l'année dernière", a-t-il ajouté, sans en dévoiler le pourcentage.

Ces dernières semaines, le débat sur l'avenir des fonds euros a pris de plus en plus d'ampleur. Ces placements, majoritairement investis en obligations d'Etat et souscrits dans le cadre d'un contrat d'assurance vie, sont très appréciés des Français. Ils représentent 1.400 milliards d'euros sur les 1.700 milliards d'euros de l'encours total de l'assurance vie. Le succès du fonds euro est directement lié à la garantie du capital et des intérêts (en moyenne 1,8% en 2018). Mais dans un contexte de taux durablement bas, voire négatifs (c'est notamment le cas pour les obligations du Trésor à 10 ans), ces mêmes garanties deviennent un véritable casse-tête pour les assureurs.

Au moins 30% d'unités de compte et 30.000 euros au minimum

Jacques Richier a toutefois voulu se montrer rassurant. En brandissant une courbe de l'évolution des obligations du Trésor (OAT), il a affirmé :

"Depuis 1990, les taux baissent. Ils sont en-dessous de 1% depuis décembre 2014. Cela fait donc cinq ans que les taux sont bas. Ce n'est pas quelque chose qui nous est tombé dessus d'un coup. Un peu plus de 30% de notre portefeuille en stock est en unités de compte. Nous avions déjà anticipé que les taux bas pouvaient rester durablement bas".

Malgré cette anticipation, l'assureur a pris de nouvelles dispositions. Il a profité du passage en territoire négatif pour mettre en place un niveau plancher d'unités de compte (UC), avec un minimum de 30% d'UC dans son contrat d'assurance vie. "Si un client [nouveau, ndlr] ne souhaite que du fonds euros, il aura du mal à en trouver chez nous", a reconnu Jacques Richier, expliquant que cela ne représentait pas de changement majeur étant donné que les assurés d'Allianz France étaient plutôt des clients patrimoniaux. Par ailleurs, l'ouverture d'un nouveau contrat d'assurance vie sera conditionné à un montant minimum d'investissement de 30.000 euros.

"Une partie du flux va aller sur le PER"

Pour Jacques Richier, l'avenir de l'épargne se trouve dans le nouveau Plan d'épargne retraite (PER), instauré par la loi Pacte. "Je pense qu'une partie du flux [de l'épargne, ndlr] va aller sur les PER", a-t-il indiqué citant plusieurs facteurs potentiels de succès de ce produit, comme l'implication des entreprises, l'avantage fiscal proposé et une forte communication du gouvernement, qui espère drainer, par cette réforme, 100 milliards d'euros supplémentaires à l'horizon 2022. Aujourd'hui les encours pour préparer nos vieux jours ne représentent que 230 milliards d'euros, contre 1.700 milliards pour l'assurance-vie.

En revanche, le patron d'Allianz France ne mise pas sur le fonds euro-croissance modernisé. Ce produit offre aux assurés un meilleur rendement que les fonds euros tout en proposant une garantie du capital à une échéance précise afin d'encourager l'investissement longue durée et permettre aux assureurs une meilleure visibilité. "Nous ne sommes pas partie prenante de l'euro-croissance", a soufflé Jacques Richier.

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Le fonds euro croissance boudé

"Le produit euro croissance a une grande vertu et plusieurs inconvénients. Sa vertu est qu'il donne une garantie à horizon de temps qui correspond au projet du souscripteur. Ses deux inconvénients pour nous, c'est qu'il ne permet pas au souscripteur de bénéficier dans la durée de toute la richesse qui a été accumulée dans le fonds en euros. (...) Et, il est dans un canton à part et cela entraîne de grandes conséquences en matière de marges de solvabilité", a expliqué Sylvain Coriat, membre du comité exécutif d'Allianz France, en charge des assurances de personnes.

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Malgré son attractivité sur le papier, la version précédente du fonds euro-croissance a rencontré un très faible succès (son encours plafonne aujourd'hui à environ 2 milliards d'euros) en raison de sa complexité. Avec sa modernisation, le gouvernement espère multiplier ce montant par dix à horizon 2022.

Juliette Raynal

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