Comment Allianz France veut réorienter l’épargne de ses futurs clients
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Charles Platiau
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Après Swiss Life et Generali, c'est au tour d'Allianz France d'annoncer une baisse du taux de rendement de ses produits d'assurance vie traditionnels. "Oui, il y aura une baisse des taux [servis sur les fonds euros, ndlr]. Nous savons de combien mais nous ne l'avons pas encore communiqué auprès de nos associations et réseaux", a indiqué Jacques Richier, le patron de la filiale française de l'assureur allemand, lors d'une rencontre avec la presse organisée ce lundi 2 décembre. "Il s'agira d'une baisse plus forte que celle opérée l'année dernière", a-t-il ajouté, sans en dévoiler le pourcentage.
Ces dernières semaines, le débat sur l'avenir des fonds euros a pris de plus en plus d'ampleur. Ces placements, majoritairement investis en obligations d'Etat et souscrits dans le cadre d'un contrat d'assurance vie, sont très appréciés des Français. Ils représentent 1.400 milliards d'euros sur les 1.700 milliards d'euros de l'encours total de l'assurance vie. Le succès du fonds euro est directement lié à la garantie du capital et des intérêts (en moyenne 1,8% en 2018). Mais dans un contexte de taux durablement bas, voire négatifs (c'est notamment le cas pour les obligations du Trésor à 10 ans), ces mêmes garanties deviennent un véritable casse-tête pour les assureurs.
Jacques Richier a toutefois voulu se montrer rassurant. En brandissant une courbe de l'évolution des obligations du Trésor (OAT), il a affirmé :
Malgré cette anticipation, l'assureur a pris de nouvelles dispositions. Il a profité du passage en territoire négatif pour mettre en place un niveau plancher d'unités de compte (UC), avec un minimum de 30% d'UC dans son contrat d'assurance vie. "Si un client [nouveau, ndlr] ne souhaite que du fonds euros, il aura du mal à en trouver chez nous", a reconnu Jacques Richier, expliquant que cela ne représentait pas de changement majeur étant donné que les assurés d'Allianz France étaient plutôt des clients patrimoniaux. Par ailleurs, l'ouverture d'un nouveau contrat d'assurance vie sera conditionné à un montant minimum d'investissement de 30.000 euros.
Pour Jacques Richier, l'avenir de l'épargne se trouve dans le nouveau Plan d'épargne retraite (PER), instauré par la loi Pacte. "Je pense qu'une partie du flux [de l'épargne, ndlr] va aller sur les PER", a-t-il indiqué citant plusieurs facteurs potentiels de succès de ce produit, comme l'implication des entreprises, l'avantage fiscal proposé et une forte communication du gouvernement, qui espère drainer, par cette réforme, 100 milliards d'euros supplémentaires à l'horizon 2022. Aujourd'hui les encours pour préparer nos vieux jours ne représentent que 230 milliards d'euros, contre 1.700 milliards pour l'assurance-vie.
En revanche, le patron d'Allianz France ne mise pas sur le fonds euro-croissance modernisé. Ce produit offre aux assurés un meilleur rendement que les fonds euros tout en proposant une garantie du capital à une échéance précise afin d'encourager l'investissement longue durée et permettre aux assureurs une meilleure visibilité. "Nous ne sommes pas partie prenante de l'euro-croissance", a soufflé Jacques Richier.
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Malgré son attractivité sur le papier, la version précédente du fonds euro-croissance a rencontré un très faible succès (son encours plafonne aujourd'hui à environ 2 milliards d'euros) en raison de sa complexité. Avec sa modernisation, le gouvernement espère multiplier ce montant par dix à horizon 2022.
Juliette Raynal
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