Comment les vagues de chaleur bousculent les assureurs et les assurés

Les vagues de chaleur ou le stress hydrique ne sont pas couverts par les assurances.
Mathieu Thomasset / Hans Lucas via Reuters Connect

Les vagues de chaleur ou le stress hydrique ne sont pas couverts par les assurances.
Mathieu Thomasset / Hans Lucas via Reuters Connect
« On ne peut plus avoir des communes ou des ménages qui ne sont plus assurables, car les risques naturels apparaissent trop importants [...] Les assureurs doivent prendre leur part pour préserver leur modèle d'affaires ». Dans La Tribune Dimanche, Agnès Pannier-Runacher donne le ton. « Nous devons travailler avec les assureurs pour mieux valoriser la prévention, qui fait mécaniquement baisser le niveau de risque », poursuit la ministre de la Transition écologique.
C'est justement l'une des missions du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). « Le changement climatique exacerbe les risques liés aux sols et aux sous-sols », expose Catherine Lagneau, la présidente du BRGM, en ouverture d'une table-ronde sur l'assurance organisée dans le cadre d'Act50, l'événement climat de La Tribune.
Connu pour sa carte Géorisques, consultée 18.000 fois par jour, notamment par les notaires pour informer les acquéreurs sur un logement lors de la signature d'un acte authentique, le service géologique national surveille le niveau des nappes phréatiques, mais aussi le niveau de la mer. « Cela risque de contaminer les eaux souterraines qui contiennent les deux tiers de l'eau potable », pointe Catherine Lagneau.
Des risques qui mettent aussi en péril les entreprises. Que ce soit une vague de froid au Texas, une sécheresse en Chine ou un épisode caniculaire en Europe, tous ces aléas ont des conséquences sur l'alimentation énergétique desdites sociétés et/ou la qualité de vie au travail des salariés.
Sauf que les vagues de chaleur ou le stress hydrique ne sont pas couverts par les assurances car il n'y a pas de dommages, ajoute-t-il aussitôt. Aussi l'assureur Axa France va-t-il lancer, en janvier prochain, une formation pour les chefs d'entreprise baptisée « Coup de chaud sur ma santé », annonce Clément Rouxel, directeur de la communication et de l'engagement, qui évoque « une épidémie silencieuse ». Ladite formation sera adaptée en fonction du climat local, des allergies qui en découlent et de ses conséquences sur la santé mentale.
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« Deux tiers des émissions de gaz à effet de serre sont dans les métropoles ». Ces propos ne sont pas ceux de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, mais de la maire (PS) de Nantes Johanna Rolland qui s'exprimait, elle aussi, lors de l'événement Act50. « L'heure n'est plus à tergiverser mais à agir absolument », martèle la présidente de France urbaine, l'association d'élus qui représente les maires des grandes villes.
Alors même que la France se dirige vers une hausse des températures à +4°C,« les collectivités doivent prendre leur part », insiste Johanna Rolland. Sauf que dans le cadre du projet de loi de finances 2025, l'enveloppe consacrée au « Fonds vert », qui permet de subventionner la transition écologique au niveau locale, tombe de 2,5 à 1 milliard d'euros. « Une décision à contre-sens », fustige la présidente de Nantes Métropole.
Aussi propose-t-elle que les grandes intercommunalités deviennent des « autorités organisatrices de la transition écologique ». « La décarbonation du logement, de l'économie ou encore de l'alimentation se réalise dans les territoires », persiste et signe Johanna Rolland.