Covéa : chronique d'une stratégie maintes fois repoussée
Esther Attias
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Siège de Covéa, rue Saint-Lazare, dans le 8e arrondissement de Paris
Laetitia Duarte
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L'annonce, ou son absence, a fait sourciller les spécialistes de l'assurance. Elle a de quoi, tant elle est inhabituelle dans le secteur. Lors de la présentation de ses résultats annuels, le 17 avril, l'assureur mutualiste Covéa - 11,3 millions de sociétaires et clients, rassemblés sous les marques GMF, MMA, MAAF - a annoncé faire l'impasse sur un nouveau plan stratégique qui devait courir de 2025 à 2027, après avoir initialement annoncé un plan qui devait débuter en début d'année. Et laisse pour l'instant sans successeur le plan stratégique 2022-2024, « Covéa 2024 - Grandir ensemble ».
« Nous avons décidé de nous laisser une année de plus pour réfléchir », a déclaré Maud Petit, directrice générale adjointe de l'assureur. L'année 2025 sera donc blanche.
L'année dernière, le groupe a annoncé des résultats peu enthousiasmants. Son bénéfice net a reculé de 20 %, s'établissant à 1,2 milliard d'euros, du fait de la baisse de ses résultats en France et d'un effet de comparaison négatif avec 2023 pour son activité réassurance. Le groupe est sorti d'activités « non stratégiques » au Royaume-Uni, et a signé la cession de l'ensemble californien CSE. Sa filiale en réassurance, Partner Re, moteur du groupe, a aussi vu son bénéfice net chuter de 28 % à 1,054 milliard d'euros.
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En conférence de presse, la directrice générale adjointe, Maud Petit, explique cette absence de prévision pour 2025 : « Nous avançons avec humilité. Le [dernier] plan a été construit en 2021, l'encre était à peine sèche que le monde d'après s'est révélé complètement différent ». Thierry Derez, directeur général de Covéa, abonde. « Nous voulons affronter le changement plutôt que de le prédire. Plutôt que d'avoir une vision optimiste ou arrogante dans la prédiction, nous préférons avoir des ressources et des facultés », ajoute-t-il. Sollicité, le groupe a confirmé : « le prochain plan commencera en 2026 comme nous l'avons indiqué en conférence de presse ».
Esther Attias