Les bancassureurs bousculent les leaders de l’assurance dommages aux particuliers

 |  | 697 mots
Lecture 3 min.
Les bancassureurs assèchent le marché de l'assurance automobile comme ils l'ont déjà fait pour l'assurance habitation
Les bancassureurs assèchent le marché de l'assurance automobile comme ils l'ont déjà fait pour l'assurance habitation (Crédits : Marcelo del Pozo)
Le dernier baromètre de Facts & Figures, sur les données à la fin 2019, confirme la montée en puissance des bancassureurs, à la fois sur le marché de l’automobile et de l’habitation. Cette pression concurrentielle permet de limiter la hausse des tarifs, malgré certaines dérives dans le coût des sinistres, notamment les pièces détachées dans l’automobile ou les dégâts liés aux catastrophes naturelles.

Déjà très offensifs sur le marché de l'assurance dommages aux particuliers, les bancassureurs ont redoublé d'efforts en 2019 pour gagner de nouvelles parts de marché. C'est la principale conclusion du dernier baromètre de l'assurance dommages du cabinet Facts & Figures, très détaillé sur les chiffres à la fin 2019.

La pression des bancassureurs est particulièrement manifeste sur le marché de l'assurance automobile, longtemps chasse gardée des mutuelles sans intermédiaires (MSI). En nombre de contrats, leur part de marché s'établit à 16,4% à la fin 2019, contre 13,6% en 2015. Les MSI se taillent toujours la part du lion avec 55% de part de marché, avec Covéa largement en tête (20% de part de marché). Mais ce sont le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel qui connaissent les plus fortes croissances nettes de leur portefeuille, soit respectivement 140.000 et 134.000 nouveaux contrats, loin devant la Macif (65.000 contrats). Cela fait bien longtemps que les MSI n'enregistrent plus de gains de clients aussi importants.

Les assureurs traditionnels à la peine

« Les bancassureurs ont capté près des trois quarts de la croissance nette du portefeuille et ils sont en train d'assécher le marché de l'automobile comme ils l'ont fait sur le marché de l'assurance habitation », observe Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures. En revanche, les leaders, aussi bien mutualistes (Covéa, Groupama, Maif) qu'assureurs traditionnels (Axa), semblent avoir privilégié la hausse des tarifs à la conquête de nouveaux clients.

Ainsi, Facts & Figures relève une hausse moyenne de la cotisation de 10 euros par contrat chez les mutuelles en 2019 alors que les bancassureurs se sont montrés plus compétitifs sur les tarifs (baisse moyenne de 3 euros). Toutefois, souligne l'étude, les mutuelles ont réussi à stopper l'érosion de leur part de marché, ce qui laisse à penser que les gains de parts de marché des bancassureurs se sont réalisés au détriment des agents généraux.

Hausse limitée des tarifs en 2019

Malgré la dérive du prix des pièces détachés, qui s'explique notamment par un parc croissant de SUV (4X4 de ville), dont les pièces sont nettement plus chères (jusqu'à 1.000 euros pour un rétroviseur !) que celles des berlines, les hausses de tarifs ont été globalement limitées en 2019, malgré la dégradation des résultats techniques. Ces derniers devraient cependant se redresser en 2020 avec la forte baisse de la sinistralité en raison des périodes de confinement.

Au total, Facts & Figures table sur une hausse moyenne des tarifs de 1,5% en 2021, plus marquée chez les assureurs traditionnels (2%) que sur les mutuelles (1%). Plusieurs mutuelles ont d'ailleurs annoncé un gel de leurs tarifs cette année.

Le champion de la rentabilité reste Covéa, qui profite de son stock de portefeuille. En automobile, plus un contrat est ancien, plus il est rentable. Dans l'assurance, en général, le stock est toujours plus rémunérateur que le flux. Autrement dit, gagner moins de clients permet de gagner plus d'argent !

Le levier du crédit habitat

Sur l'assurance habitation, comme sur l'automobile, les bancassureurs ont fait le choix de la conquête. Leur place sur le marché est traditionnellement plus importante (27% en nombre de contrats), en raison du levier du crédit à l'habitat. Sur les plus fortes croissances nettes, les trois principaux réseaux bancaires, et leaders sur le crédit immobilier (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, BPCE) se trouvent donc logiquement sur le podium, en captant plus de 80 % de la croissance nette à eux trois.

Reste que le stock des portefeuilles joue également son rôle d'amortisseur en termes de chiffre d'affaires : Axa, Covéa et Groupama réussissent ainsi à se maintenir parmi les cinq meilleures croissances du chiffre d'affaires en 2019, quitte à accélérer l'érosion de leurs portefeuilles.

Là aussi, les meilleures rentabilités sont obtenues par les acteurs qui ne font aucune croissance, contrairement aux bancassureurs. Le marché devra cependant faire face à la montée des risques liés aux catastrophes naturelles (notamment la sécheresse), qui pourrait pousser à la hausse les tarifs. En 2021, Facts & Figures table sur une hausse moyenne de 2% des tarifs, après des hausses successives de 3% en 2019 et 2,52% en 2020.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/02/2021 à 12:19 :
Les packs assurances sont utiles , d’autant que les produits maintenant sont présentés par des vidéo et sans conseillers et le tout en ligne.
La qualité d’une assurance se mesure le jour d’un sinistre.
Je pense que la vrai démocratie est de rendre les assurances facultatives donc non obligatoires pour tous les contribuables.
Dans un monde « reset »
qu’est ce qui reste encore ?
a écrit le 01/02/2021 à 17:08 :
Les banques détruisent le monde, les assurances ne le réparent pas, difficile donc de croire en une "bancassurance" hein, nom même franchement repoussant.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :