Le dernier baromètre de Facts & Figures, sur les données à la fin 2019, confirme la montée en puissance des bancassureurs, à la fois sur le marché de l’automobile et de l’habitation. Cette pression concurrentielle permet de limiter la hausse des tarifs, malgré certaines dérives dans le coût des sinistres, notamment les pièces détachées dans l’automobile ou les dégâts liés aux catastrophes naturelles.Déjà très offensifs sur le marché de l'assurance dommages aux particuliers, les bancassureurs ont redoublé d'efforts en 2019 pour gagner de nouvelles parts de marché. C'est la principale conclusion du dernier baromètre de l'assurance dommages du cabinet Facts & Figures, très détaillé sur les chiffres à la fin 2019.
La pression des bancassureurs est particulièrement manifeste sur le marché de l'assurance automobile, longtemps chasse gardée des mutuelles sans intermédiaires (MSI). En nombre de contrats, leur part de marché s'établit à 16,4% à la fin 2019, contre 13,6% en 2015. Les MSI se taillent toujours la part du lion avec 55% de part de marché, avec Covéa largement en tête (20% de part de marché). Mais ce sont le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel qui connaissent les plus fortes croissances nettes de leur portefeuille, soit respectivement 140.000 et 134.000 nouveaux contrats, loin devant la Macif (65.000 contrats). Cela fait bien longtemps que les MSI n'enregistrent plus de gains de clients aussi importants.
Les assureurs traditionnels à la peine
« Les bancassureurs ont capté près des trois quarts de la croissance nette du portefeuille et ils sont en train d'assécher le marché de l'automobile comme ils l'ont fait sur le marché de l'assurance habitation », observe Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures. En revanche, les leaders, aussi bien mutualistes (Covéa, Groupama, Maif) qu'assureurs traditionnels (Axa), semblent avoir privilégié la hausse des tarifs à la conquête de nouveaux clients.
Ainsi, Facts & Figures relève une hausse moyenne de la cotisation de 10 euros par contrat chez les mutuelles en 2019 alors que les bancassureurs se sont montrés plus compétitifs sur les tarifs (baisse moyenne de 3 euros). Toutefois, souligne l'étude, les mutuelles ont réussi à stopper l'érosion de leur part de marché, ce qui laisse à penser que les gains de parts de marché des bancassureurs se sont réalisés au détriment des agents généraux.