Réassurance : Scor mise en examen sur des faits reprochés à son ancien PDG

Le réassureur est impliqué dans une affaire de manipulation visant à empêcher Covéa de racheter Partner Re
Christian Hartmann

Le réassureur est impliqué dans une affaire de manipulation visant à empêcher Covéa de racheter Partner Re
Christian Hartmann
C'est un des nombreux épisodes — et pas des plus glorieux — de la longue lutte entre deux hommes de la place de Paris, Denis Kessler, PDG du quatrième réassureur mondial SCOR, et de Thierry Derez, le patron du groupe mutualiste Covéa, qui avait émis l'hypothèse de racheter SCOR en 2018.
Le réassureur a annoncé, ce vendredi dans un communiqué, être mis en examen en tant que personne morale « dans le cadre d'une information judiciaire en France relative à des faits imputés à une association qui aurait tenté de faire obstacle à l'acquisition de Partner Re par le groupe Covéa en 2022 ».
Cette mise en examen s'explique, selon le communiqué, par « l'implication personnelle alléguée dans certains de ces faits de M. Denis Kessler à une époque où il n'était plus son représentant légal mais président non-exécutif de son conseil d'administration». Scor conteste son implication dans les faits reprochés.
L'affaire avait été révélée par le quotidien Libération : elle mettait en cause une obscure association de défense du mutualisme pour tenter de contester l'achat du réassureur Partner Re par Covéa pour 9 milliards de dollars en 2022. Derrière cette association, selon un rapport d'enquête, se dissimulaient de grandes figures de la place de Paris et du monde de l'assurance, Jean-Claude Seys, un des fondateurs de Covéa, Adrien Couret, directeur général d'Aéma et enfin Denis Kessler. Dans cette affaire, Jean-Claude Seys et Adrien Couret sont mis en examen en février 2024 pour dénonciations calomnieuses alors que l'action à l'encontre de Denis Kessler s'est éteinte avec son décès.
À lire également
Des personnalités plus controversées sont ciblées par l'enquête, comme Dominique Paillé, un homme politique, également mis en examen en février dernier pour tentative d'escroquerie, ou bien Didier Calmels, qui avait créé l'association de défense des sociétaires de Covéa, association qui avait tenté une action en justice contre Covéa. Enfin, Christian Giacomotto, fondateur de la petite banque d'affaires Gimar & Cie aurait joué un rôle d'intermédiaire.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
