Si les inquiétudes sur la sécurité de leur emploi augmentent chez les salariés des banques, il n'y a pas d'hémorragie dans les effectifs. Certes, le secteur n'est plus créateur net d'emplois depuis 2011. Mais, selon le bilan annuel présenté ce jeudi par la Fédération bancaire française (FBF), les effectifs dans la banque en France s'élevaient à 370.300 personnes à fin 2016, soit 1.300 de moins qu'un an plus tôt: un recul de 0,3%, en ralentissement par rapport aux deux années précédentes (-0,6% et -0,9%). Chez les banques coopératives et mutualistes (Caisses d'épargne régionales, Banques populaires, caisses du Crédit Agricole, Crédit Mutuel), les embauches dépassent même légèrement les départs.
Hors mutualistes, sur le seul périmètre de l'Association française des banques (AFB) qui regroupe les banques commerciales, les effectifs (en CDI et CDD, hors alternants) ont diminué de 0,6% à 198.500 personnes (après -1,2% en 2015, -1,5% en 2014 et -2,5% en 2013).
Sans fournir le détail, l'AFB indique que la baisse est plus prononcée dans les réseaux d'agences. Plusieurs banques ont cependant des plans de réductions d'emplois qui touchent les fonctions supports et le back-office, comme au LCL (750 postes sans départs contraints) ou dans la banque d'investissement comme chez BNP Paribas.
La baisse est comparable à celle observée dans le secteur dans la zone euro (-0,5%), même si certains pays ont déjà procédé à de fortes réductions d'effectifs, notamment le Royaume-Uni ou les Pays-Bas - le néerlandais ING avait annoncé en octobre dernier 7.000 suppressions d'emplois d'ici à 2021 dans le cadre de sa mutation numérique accélérée.
La part des contrats à durée indéterminée reste élevée (98,7% chez les membres de l'AFB, à comparer à 85% tous secteurs au niveau national selon l'Insee) même si elle diminue (99,1% en 2012) et deux tiers des recrutements se font en CDI (contre 2 sur 10 en moyenne nationale tous secteurs). Le lobby de la profession se félicite aussi de la part croissante des femmes chez les cadres (47,1% contre 44,6% en 2012) et plus généralement celle des cadres dans les effectifs (61,1% contre 54,9%), du fait de promotions internes et de recrutements de profils plus experts et plus âgés. L'essentiel des embauches reste concentré sur les chargés de clientèle, mais avec des profils moins généralistes et plus spécialisés (conseillers en patrimoine par exemple).
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Face à la chute de la fréquentation, les banques ont aussi tendance à rationaliser leurs réseaux et à regrouper leurs agences en des pôles plus spécialisés, thématiques. Le groupe BPCE a ainsi annoncé qu'il fermerait d'ici 2020 près de 400 agences, ce qui se traduira par près de 4.000 départs (en retraite et turnover), non remplacés, y compris des plans de départs volontaires dans le cas de fusions de caisses.
Il y a cependant un indicateur qui interroge sur l'attractivité du secteur : les démissions augmentent (31,1% des motifs de départs contre 24,8% deux ans plus tôt), dans un contexte où les employés de banque sont 79% à envisager devoir changer de métier, notamment du fait de l'impact de la révolution numérique (intelligence artificielle, banque mobile et self-banking).
Dans le même temps, le nombre de départs à la retraite est en train de diminuer (32,6% des motifs de départs en 2016 contre 41,2% en 2014) : les générations de baby-boomers recrutés à tours de bras dans les années 1960-70 au moment de l'expansion des réseaux d'agences sont déjà parties. L'âge moyen de départ à la retraite dans la banque est toutefois de 61,3 ans. La pyramide des âges ne va plus permettre d'amortir autant qu'avant la baisse des effectifs, alors que les usages des consommateurs basculent de plus en plus vers le numérique.
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