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Entreprises & FinanceBanque

Banco BPM : l'OPE lancée par UniCredit jugée insuffisante

latribune.fr

Publié le 26 novembre 2024 à 15:07 - Mis à jour le 26 novembre 2024 à 15:07

UniCredit a offert lundi 0,175 de ses actions ordinaires pour chaque action Banco BPM, les valorisant 6,657 euros chacune.

UniCredit a offert lundi 0,175 de ses actions ordinaires pour chaque action Banco BPM, les valorisant 6,657 euros chacune.

Alessandro Garofalo

Le Quotidien Numérique

21 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le troisième groupe bancaire italien estime que l'offre lancée lundi par UniCredit « ne reflète en aucune manière la rentabilité et le potentiel supplémentaire de création de valeur pour les actionnaires de BPM ».

L'offre publique d'échange d'actions (OPE) lancée lundi par UniCredit, valorisant Banco BPM à 10,1 milliards d'euros, est insuffisante, tacle le troisième groupe bancaire italien. L'offre « ne reflète en aucune manière la rentabilité et le potentiel supplémentaire de création de valeur pour les actionnaires de BPM », affirme Banco BPM dans un communiqué, publié à l'issue de son conseil d'administration ce mardi.

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Banco BPM : le patron d'UniCredit bouscule à nouveau le jeu

L'entreprise souligne qu'elle prendra formellement position dans les délais et selon les modalités légales, et qu'il ne s'agit que d'une première lecture de l'OPE lancée par UniCredit. L'action BPM cédait 0,54% à 6,97 euros à la Bourse de Milan vers 15h20 (14h20 GMT), puis 0,14% à 6,99 euros vers 16h05, tandis qu'UniCredit gagnait 0,08% à 36,305 euros. En milieu d'après-midi, le cours de ce dernier était en baisse de  0,07%, à 36,250 euros.

La prime et le prix final trop bas

Pour rappel, UniCredit a offert lundi 0,175 de ses actions ordinaires pour chaque action Banco BPM, les valorisant 6,657 euros chacune, soit une prime d'environ 0,5% par rapport au cours de clôture de l'action de vendredi dernier. Le conseil d'administration de BPM juge que les conditions dans lesquelles UniCredit a lancé son OPE sont « absolument inhabituelles pour des opérations de ce genre », jugeant la prime et le prix final trop bas.

Par rapport au cours de clôture lundi soir, le prix proposé par UniCredit est inférieur de 7,6%, souligne le communiqué. BPM relève également que l'OPE « n'a pas fait l'objet d'un accord préalable » et que le projet d'intégration des deux banques le plus rapidement possible lui ferait perdre son « autonomie juridique ».

Selon les calculs d'UniCredit, les synergies de groupe permettront des économies de coûts d'environ 900 millions d'euros par an et une hausse des revenus d'environ 300 millions d'euros par an grâce au renforcement de l'offre de produits et services.Mais BPM craint qu'une importante partie des 900 millions d'euros d'économies sera réalisée en réduisant le nombre d'employés, « créant de fortes préoccupations quant aux conséquences prévisibles sociales et en matière d'emplois ».

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Le gouvernement italien a, lui aussi, fraîchement accueilli lundi l'OPE d'UniCredit sur BPM. Le ministre de l'Économie, Giancarlo Giorgetti, a évoqué l'hypothèse que Rome pourrait avoir recours au « golden power », qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans des secteurs considérés comme stratégiques pour le pays.

« Le gouvernement fera ses évaluations »quand UniCredit« enverra sa proposition pour obtenir les autorisations nécessaires », a-t-il relevé.

Une menace pour la création d'un troisième pôle bancaire

L'offre d'UniCredit pourrait contrecarrer des projets de créer un troisième pôle bancaire en Italie, soutenu par le gouvernement de droite et d'extrême droite de Giorgia Meloni. Banco BPM vient en effet de racheter 5% du capital de sa rivale Monte dei Paschi di Siena (MPS). La banque a lancé une offre publique d'achat (OPA) de 1,6 milliard d'euros sur le groupe italien de gestion d'actifs Anima.

Avant l'OPE d'UniCredit, les spéculations allaient bon train sur la création d'un troisième pôle bancaire formé par Banco BPM et MPS, qui ferait concurrence aux poids lourds du secteur, Intesa Sanpaolo et UniCredit. « Nous n'avons aucune ambition concernant MPS », a assuré lundi le PDG d'UniCredit, Andrea Orcel, dont la tentative de racheter cette banque, sauvée par l'État italien en 2017, avait tourné court en octobre 2021.

« Je ne voudrais pas que quelqu'un arrête l'accord entre Banco BPM et Monte dei Paschi », a commenté de son côté le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, patron de la Ligue dont fait partie aussi Giancarlo Giorgetti.

« Je n'aime pas les concentrations et les monopoles. Je suis resté sur l'idée qu'UniCredit devait se développer en Allemagne. Je ne sais pas pourquoi la banque a changé d'avis », a-t-il déclaré.

21% du capital de Commerzbank

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L'OPE sur Banco BPM survient alors qu'UniCredit a annoncé en septembre d'abord l'acquisition de 9% de Commerzbank, puis sa montée à 21% du capital, alimentant des rumeurs sur une éventuelle reprise complète de sa rivale allemande. Mais ce projet s'est heurté à l'opposition du gouvernement allemand et des syndicats du secteur bancaire.

« Adopter des méthodes hostiles et sans coopération pour une prise de contrôle agressive d'une banquesystémique comme Commerzbank est inapproprié », a fustigé ainsi à la mi-novembre le nouveau ministre allemand des Finances Jörg Kukies.

L'action BPM cédait 0,57% à la Bourse de Milan vers 15 heures ce mardi, tandis qu'UniCredit gagnait 0,01%, dans un marché en repli de 0,4%, plombé par les valeurs automobiles.

(Avec AFP)

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