En 2024, la banque de développement hybride Sfil, filiale à 99,9% de la Caisse des Dépôts, a prêté un montant record aux élus locaux en matière de lutte contre le changement climatique.C'est une première dans l'histoire de la Sfil, la jeune banque publique de développement hybride née en 2013. Les élus locaux n'ont jamais autant emprunté qu'en 2024 pour financer leur lutte contre le dérèglement climatique. Les collectivités territoriales ont ainsi souscrit, auprès de cette filiale à 99,9 % de la Caisse des Dépôts, 1,153 milliard d'euros de prêts verts contre 945 millions en 2023. Soit un montant total en hausse de 22 %.
« Si l'eau et la mobilité restent les deux catégories les plus importantes comme en 2023, il est à noter une augmentation notable des prêts liés à l'efficacité énergétique dont le montant double par rapport à l'an dernier », confirme, à La Tribune, Philippe Mills, le directeur général du groupe.
Une accélération corrélée à la fin du cycle électoral
Il ne croit pas si bien dire : le volume des crédits fléchés vers la gestion de l'eau et de l'assainissement passe de 372 à 505 millions d'euros, tandis que celui dédié aux mobilités douces et aux transports propres décroît de 341 à 295 millions. A contrario, le montant des emprunts fléchés vers l'efficacité énergétique est quasiment multiplié par 2,5, passant de 104 à 241 millions d'euros, pendant que l'enveloppe dévolue aux déchets augmente légèrement de 99 à 102 millions. Seuls les prêts pour les énergies renouvelables chutent de 30 à 11 millions d'euros.
« Portée par la baisse des taux d'intérêt, l'accélération des investissements est corrélée à la fin du cycle électoral pour le bloc communal et à une capacité d'autofinancement plus contrainte, notamment pour les départements. Les efforts des collectivités locales au service de la transition énergétique et écologique augmentent significativement », décrypte le DG de la Sfil Philippe Mills.