Pour Philippe Brassac, directeur générale de Crédit Agricole SA, les effets positifs du soutien à l'économie et de la sortie de crise devraient apparaître plus nettement au second semestre.
Le groupe Crédit Agricole a traversé la crise sanitaire sans trop de heurts, avec notamment des revenus en hausse dans tous ses métiers. Du coup, Crédit Agricole SA propose un dividende de 0,8 euro par action, en nette hausse, pour compenser en partie l’absence de dividende en 2020. Pour cela, il a mis au point un dispositif complexe pour rester dans le cadre des restrictions imposées par le régulateur européen.
La crise semble avoir « glissé » sur les résultats du groupe Crédit Agricole en 2020. Certes, Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA, structure cotée du groupe mutualiste, détenue à 56% par les caisses régionales de Crédit Agricole, n'a cessé de répéter ces derniers mois que « cette crise n'est pas comme les autres » car elle est décidée par l'Etat et que ce dernier soutient l'économie, « sans reporter le risque à plus tard, comme nous l'entendons souvent ».
N'empêche, les chiffres du groupe sont bons, surtout au regard du contexte, grâce à des revenus plus élevés et une charge du risque plus faible que prévu. « Nous avions anticipé dès le début de la crise que nous pouvions soutenir l'économie et absorber le coût du risque en limitant le recul de nos résultats d'un tiers », avance Philippe Brassac, lors de la présentation, mercredi soir, des résultats du groupe.
Dépréciation sur l'Italie
Pari tenu : le résultat net du groupe recule de 35% à 4,7 milliards d'euros et celui de Crédit Agricole SA de 45% à 2,7 milliards, après une dépréciation de goodwill sur Crédit Agricole Italie de près de 900 millions. De plus, la comparaison avec 2019 est plutôt défavorable en raison d'un profit exceptionnel, un an plus tôt, sur un litige fiscal. Les revenus du groupe sont stables et les frais de gestion contenus, ce qui se traduit par un résultat d'exploitation en hausse et des coefficients d'exploitation autour de 60%, dans la moyenne des banques européennes.
Enfin, le groupe a amélioré sa solvabilité, avec un ratio CET1 record de 17,2% à la fin de 2020. Intégré dans un groupe largement capitalisé, Crédit Agricole SA peut se permettre d'afficher un CET1 moins important (13,1%) et d'afficher par conséquent une rentabilité des fonds propres de 9,3%, le niveau le plus élevé des banques françaises cotées.
Enfin, la charge du risque a doublé d'une année sur l'autre, tant au niveau du groupe qu'au niveau de Crédit Agricole SA. Mais ce coût du risque apparaît globalement inférieur à celui des autres grandes banques françaises, soit 39 points base pour le groupe (dont 93% sur des encours sains) et 62 points de base sur Crédit Agricole SA (dont 77% sur des encours sains). « Le coût du risque, c'est le flux mais l'important, c'est le stock de provisions », souligne Jérôme Grivet, directeur général adjoint en charge des finances. A ce jeu, le groupe est bien doté et le taux de couvertures des créances douteuses atteint 84%.
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