Malgré une crise sanitaire et économique sans précédent, les banques françaises ont démontré leur résilience. Toutefois, cette crise a souligné certaines faiblesses structurelles du secteur bancaire et surtout accéléré les mutations en cours.1. Redresser la rentabilité
Le message du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, délivré lors des rencontres de l'ACPR en novembre dernier, est clair : « les fondamentaux des banques françaises sont solides mais la bataille doit porter désormais moins sur la solvabilité que sur la rentabilité ». De fait, la profitabilité des grandes banques françaises demeure faible, autour de 10% en moyenne, un niveau inférieur à celui de la moyenne des grandes banques européennes et surtout, américaines. Des efforts pour améliorer le coefficient d'exploitation sont déjà engagés depuis des années, en particulier dans les activités de banques d'investissement et de marchés.
Désormais, tous les regards se tournent vers les activités de détail, dont les marges ne cessent d'être écrasées par la persistance des taux bas, proche de zéro. En ligne de mire, la réorganisation des réseaux d'agences, jusqu'ici relativement préservés en France au regard des réductions drastiques du nombre observées dans de nombreux pays européens.
Depuis 2015, le nombre d'agences a ainsi globalement diminué de 17,5 % dans la zone euro, plus de trois fois plus qu'en France où la décrue n'a été que de 5 %. Et la crise sanitaire, qui a dopé les usages numériques des services bancaires, semble avoir accéléré le mouvement partout en Europe.
La Société Générale vient cependant d'annoncer une profonde réorganisation de ses réseaux, avec la réduction de 600 agences d'ici 2025. Signe d'un changement d'époque même si c'est moins brutal que chez Santander en Espagne qui a annoncé la suppression d'un tiers de ses agences. Le réseau bancaire français devrait rester le plus dense d'Europe, notamment grâce à la volonté des réseaux mutualistes de maintenir leur maillage du territoire. Toutefois, dans le cadre des stratégies omnicanales et de l'accélération de la digitalisation, le rôle et l'organisation des agences elles-mêmes sont appelées à évoluer fortement dans les années à venir.