Livret A : Bercy décide de ramener le taux du Livret A à 2,4 %
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La baisse des taux attendue sera vue d'un bon œil par les assureurs, qui proposent un produit d'épargne concurrent.
© Charles Platiau / Reuters
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La baisse des taux attendue sera vue d'un bon œil par les assureurs, qui proposent un produit d'épargne concurrent.
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Le nouveau ministre de l'économie, Eric Lombard, ancien directeur général de la Caisse des dépôts (CDC) a décidé de suivre la proposition du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, de baisser le taux de rémunération du Livret A de 3 % actuellement à 2,4% à partir du 1er février.
« Après la baisse de l'inflation, ces nouveaux taux protègent l'épargne des Français,
notamment celle des ménages les plus modestes grâce au livret d'épargne populaire. Concernant le livret A, cette baisse de taux est une bonne nouvelle pour le logement, car elle va stimuler la construction de logements sociaux, ce qui est une priorité pour ce gouvernement », a déclaré le ministre dans un communiqué publié ce mercredi 15 janvier en fin d'après-midi.
La France est sortie « des circonstances exceptionnelles et en train de gagner notre lutte contre l'inflation », avait justifié la Banque de France dans son communiqué. L'institution rappelle aussi qu'avec ce niveau à 2,4%, le taux du Livret A est « encore nettement au-dessus du niveau de l'inflation ». La hausse des prix à la consommation a atteint 1,3% sur un an en décembre, un niveau identique au mois précédent.
Le gouverneur de la Banque de France attendait d'ailleurs ce chiffre définitif, révélé ce mercredi par l'Insee, pour dévoiler sa proposition. L'inflation fait partie des composantes indispensables au calcul du nouveau taux du produit d'épargne réglementée. Ce nouveau taux du Livret A « permettra d'amplifier le mouvement très positif de relance du financement du logement social et des collectivités locales observé depuis plus d'un an », ajoute la Banque de France.
François Villeroy de Galhau a, dans le même temps, proposé de ramener le taux du Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes - et accessible sous conditions de ressources -, à 3,5%, contre 4% aujourd'hui. Il estime « juste et justifié » ce nouveau taux « afin de maintenir un écart significatif avec le taux du Livret A et de promouvoir ce produit ». À l'heure actuelle, 11,8 millions de personnes disposent d'un LEP, mais sur un potentiel qui dépasse les 19 millions.
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Reste que c'est à Éric Lombard qu'appartient la décision finale, qui prendra effet à partir du 1er février prochain. Éminemment politique, elle peut toujours réserver des surprises. La formule de calcul est d'ailleurs loin d'être systématiquement appliquée et a fait l'objet de fréquentes dérogations ces dernières années. Pour son premier exercice, le ministre de l'Économie a préparé le terrain et devrait rester fidèle à sa parole du 6 janvier sur France Inter, en avalisant un taux « autour de 2,5% ».
Ce serait en tout cas la première baisse depuis début 2020. Cette année-là, le taux était passé de 0,75% à 0,50%. Il faut remonter à l'été 2013 pour retrouver une baisse d'ampleur aussi importante, d'un demi-point de pourcentage. Même avec un Livret A moins rémunérateur, « l'épargne est non seulement protégée, mais elle permet au patrimoine réel d'augmenter », justifiait la semaine dernière Éric Lombard.
La perspective d'une baisse est bien une mauvaise nouvelle pour les 57 millions de détenteurs d'un « petit livret rouge ». Elle offre cependant un bol d'air aux acteurs qui le rémunèrent : les établissements bancaires et la Caisse des dépôts (CDC), qu'Éric Lombard dirigeait jusqu'à sa nomination en tant que ministre fin décembre. La conséquence d'une baisse de taux « est très importante pour nous », a souligné mercredi dernier sur BFM Business le directeur général par intérim de la « Caisse » Olivier Sichel, « ça va nous permettre de baisser le taux d'emprunt des bailleurs sociaux ».
Les Livrets A et les LDDS se sont étoffés de 17,5 milliards d'euros entre janvier et novembre 2024, pour atteindre un encours de 582,3 milliards d'euros, selon les dernières données de la CDC. Cette baisse attendue sera aussi vue d'un bon œil par les assureurs, qui proposent un produit d'épargne concurrent. Ainsi, l'assurance vie avait connu une fin d'année en trombe : les épargnants ont déposé au mois de novembre 4 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré, du jamais vu depuis juillet 2010. Les premiers taux de rendement des fonds euros annoncés pour 2024 - 3,75% pour Ampli mutuelle, 3,5% pour Garance, tous deux stables - vont durcir la compétition en 2025.
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Mais les premiers taux annoncés sont souvent les mieux-disants du marché et ne reflètent pas les performances qu'afficheront l'ensemble des assureurs, prévient toutefois le président du cabinet spécialisé Facts & Figures, Cyrille Chartier-Kastler Par ailleurs, les taux des fonds en euros s'entendent aussi bruts de prélèvements sociaux et fiscaux, contrairement au Livret A.
(Avec AFP)
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