Le virement instantané (ou Instant payment), souvent présenté comme le paiement du futur, avec une exécution de l'ordre en quelques secondes, décolle enfin en France. Le nombre de transactions a ainsi grimpé de 84% en 2023 (+46% en valeur) pour représenter désormais 6,4% des virements en volume, selon les chiffres du huitième rapport annuel de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) qui relève de la Banque de France.
L'Hexagone tend ainsi à rattraper son retard par rapport aux autres pays européens. En moyenne, selon la Banque centrale européenne, les virements instantanés concentrent désormais 16% des virements totaux, un chiffre qui a doublé en trois ans.
Un règlement européen, adopté en février dernier, impose même aux banques, d'ici 2025, d'aligner la tarification d'un virement instantané sur celle d'un virement « classique », généralement gratuit, mais dont les délais d'exécution sont bien plus longs, d'un à trois jours. En clair, le virement instantané a vocation à devenir un moyen de paiement gratuit, comme le souhaite d'ailleurs la Commission européenne. Un mouvement qu'une minorité de banques françaises a déjà anticipé, comme La Banque Postale (depuis 2022) ou BNP Paribas (pour les clients ayant souscrit un « package » de services).
Selon le rapport annuel sur les paiements de Capgemini (World Payments Report 2025), publié ce mardi, le paiement instantané et le virement P2P (de compte à compte) devraient représenter 22% des volumes de transactions dématérialisées d'ici à 2028. Aujourd'hui, c'est bien l'Asie qui fait largement la course en tête - notamment en Chine qui est passée directement en quelques années du cash au portefeuille numérique (wallet) - avec une croissance de transactions de 20%.