"Airbus des paiements" : le projet européen EPI doit revoir sa copie
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C'est un bref communiqué qui en dit long. Sur le site de la société intérimaire EPI (European Payment Initiative), en charge de mettre sur les rails un ambitieux projet de paiement européen, un communiqué, publié vendredi 11 mars, confirme que 13 banques européennes et sociétés de paiement poursuivent l'aventure de mettre en place un système de paiement innovant, notamment dans le domaine du paiement instantané. Mais que « la société intérimaire adapte maintenant son champ d'action et ses objectifs à cette nouvelle dimension ».
On retrouve toutes les grandes banques françaises (Crédit Mutuel, BNP Paribas, BPCE, Société Générale, La Banque Postale et Crédit Agricole), une banque allemande (Deutsche Bank), l'organe central des caisses d'épargne allemandes, une banque belge (KBC), une banque néerlandaise (ING), une banque espagnole (Santander) et, enfin, deux prestataires des paiements (Worldline et Nets). C'est déjà beaucoup pour un projet paneuropéen.
Mais ce n'est pas assez pour un projet qui se voulait dès le départ très ambitieux, celui de créer un nouveau scheme (système de paiement) européen qui remplacerait tous les schemes nationaux en Europe et qui devait réduire la dépendance des banques européennes vis-à-vis des grands schemes américains que sont Visa et Mastercard. Avec, à la clé, un investissement de départ de 1,3 à 1,5 milliard d'euros.
Car, dans la foulée de l'annonce officielle du projet en juillet 2020, c'est bien 32 participants qui devaient financer le projet. Ils ne sont donc plus que 13 à mettre au pot, pour un projet privé, sans subventions (autre que la promesse de la Commission européenne de maintenir inchangée la commission interchange).
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Ainsi, la banque italienne UniCredit est rapidement sortie du projet, et à l'hiver dernier, les hésitations, puis finalement, l'abandon de la plupart des banques espagnoles, dont BBVA, Bankinter Sabadell ou CaixaBank, ont fortement ébranlé les plus optimistes, provoquant d'ailleurs l'ajournement, à plusieurs reprises, de la création effective de la société cible (target company) qui doit piloter la mise en œuvre opérationnelle du projet.
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