>> Papier du 01/08/2017 à 10h46 | Mise à jour le 22/08/2017 à 15h30
Interrogé lors d'une audition au Congrès, M. Mnuchin, ministre américain des Finances, a déclaré que la lutte contre l'utilisation de cryptomonnaies pour échapper aux contrôles du système financier était "une grande priorité" des États-Unis.
"Nous venons d'ailleurs d'annoncer une action majeure contre un opérateur de bitcoin", a ajouté le ministre américain des Finances, faisant référence à l'inculpation et condamnation au civil d'un ressortissant russe, opérateur d'une société appelée BTC-e.
Alexander Vinnik, 37 ans, a été arrêté en Grèce fin juillet à l'issue d'une enquête internationale et inculpé le lendemain par le département de la justice américaine de blanchiment d'argent. Les services de la police financière du Trésor américain (Financial Crimes Enforcement Network - FinCen) ont condamné civilement son entreprise BTC-e, à payer une amende de 110 millions de dollars. Lui-même devra s'acquitter d'une amende de 12 millions de dollars, précise un communiqué du FinCen.
C'est la première fois que les services du Trésor américain poursuivent une entreprise de service monétaire basée à l'étranger, a ajouté le FinCen. Celle-ci échangeait non seulement des bitcoins, mais aussi d'autres cryptomonnaies comme le Litecoin, Namecoin, Novacoin, Peercoin, Ethereum et Dash.
L'opérateur sur internet BTC-e, dont on ne sait pas exactement d'où il opérait physiquement, a été fondé en 2011. Il est reconnu comme "un des plus grands opérateurs mondiaux d'échanges de monnaies numériques", selon le département américain de la justice. Le site de cette société-écran la localisait en Bulgarie et disait qu'elle était soumise aux règlementations de Chypre.
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L'enquête a révélé que pour plus de 4 milliards de dollars en bitcoin avaient transité par cet opérateur. Il est apparu que ses utilisateurs discutaient ouvertement sur le site avec les opérateurs de BTC-e "d'activités criminelles" et de comment avoir accès à l'argent obtenu par le trafic de drogues, mais aussi par des attaques informatiques demandant des rançons.
BTC-e a également traité des fonds volés entre 2011 et 2014 à une des grandes plateformes d'échanges de bitcoins, Mt Gox. Le Français de 32 ans, Mark Karpelès, patron de cette société basée au Japon, qui avait du faire faillite, avait alors expliqué avoir été victime d'une attaque informatique qui aurait entraîné la disparition d'une fortune en bitcoins.
Mark Karpelès lors de l'ouverture de son procès (Reuters).
> Lire aussi : Affaire MtGox, l'ex-baron du bitcoin clame son innocence
Lors de l'ouverture de son procès le 18 juillet 2017, il avait déclaré en japonais :
Ce trentenaire comparaît notamment sous les chefs d'accusation de manipulations de données informatiques et de détournement de fonds commerciaux "dans le but de couvrir des frais personnels, avec manquement aux obligations découlant de sa charge".
La lecture de l'acte d'accusation, avec force détails, a duré près de 30 minutes en japonais, puis autant en français. Une durée inhabituelle, au point que le juge principal a demandé au prévenu de s'asseoir. Affirmant une fois encore que la plateforme MtGox avait été victime d'une attaque informatique extérieure, M. Karpelès a contesté avoir sciemment usé à des fins personnelles de l'argent d'autrui.
Le procès de Karpelès devrait reprendre au mois d'octobre prochain sous le nouvel éclairage des révélations de Vinnik qui pourrait être lié à l'attaque du site MtGox.
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(avec agences)
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