BNP Paribas signe une bonne année 2019 mais appréhende les taux bas en 2020

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(Crédits : Reuters)
La première banque française enregistre un bénéfice de 8,17 milliards d'euros en 2019, en hausse de 8,6%. Il surpasse les attentes des analystes qui tablaient sur un résultat bien inférieur, à 7,8 milliards d'euros en moyenne. Pour autant, la banque dit s'attendre en 2020 à une "baisse modérée" des revenus de sa banque de détail en zone euro, sous l'effet de taux bas persistants.

Banque de financement et d'investissement revigorée, services financiers internationaux en expansion, BNP Paribas clôt 2019 avec tous les voyants au vert mais prévoit une "baisse modérée" de ses revenus dans la banque de détail en zone euro cette année en raison des taux d'intérêt bas.

Le premier groupe bancaire français confirme un exercice de bonne facture avec un bénéfice net en hausse de 8,6% à 8,17 milliards d'euros. Il surpasse les attentes des analystes qui tablaient sur un résultat bien inférieur, à 7,8 milliards d'euros en moyenne, selon un consensus du fournisseur de données FactSet.Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires, ressort également supérieur aux prévisions, en progression de près de 5% à 44,6 milliards d'euros.Encore mieux, sur le seul dernier trimestre, BNP Paribas voit bondir son bénéfice net de 28% à 1,84 milliard d'euros et ses revenus de 11,5% à 11,33 milliards.

Le groupe "réalise une bonne performance en 2019 grâce à sa dynamique commerciale et aux effets de sa transformation. BNP Paribas confirme la force de son modèle diversifié et intégré", se félicite Jean-Laurent Bonnafé, directeur général du groupe, cité dans un communiqué.

Taux bas et coûts exceptionnels

Pour autant, la banque dit s'attendre en 2020 à une "baisse modérée" des revenus de sa banque de détail en zone euro, sous l'effet de taux bas persistants. Pour contrebalancer en partie le phénomène, elle compte sur une hausse de son activité et une forte progression de métiers spécialisés, très rémunérateurs, comme la location longue durée de véhicules (Arval), d'équipements (Leasing solutions) ou encore sa banque de détail et des entreprises au Luxembourg.

Cette combinaison a fait ses preuves en 2019, cette branche dite de "marchés domestiques" grignotant 0,9% de revenus à 15,3 milliards d'euros grâce à ces métiers spécifiques, parmi lesquels la néobanque Nickel. BNP Paribas, qui bouclera son plan stratégique cette année, annonce en outre 200 millions d'euros de coûts exceptionnels en 2020 pour renforcer son système d'information.

La banque dépensera aussi 100 millions pour intégrer les activités de services aux fonds spéculatifs ("prime brokerage") rachetés à sa rivale allemande Deutsche Bank et 100 millions supplémentaires pour financer les plans de départs anticipés annoncés, notamment chez BNP Paribas Securities services en France ou dans sa filiale italienne BNL. Elle entend toutefois tirer 500 millions d'euros de plus-values de la prochaine vente d'immeubles de son parc immobilier.

BFI recentrée en conquête

Si les trois grands segments d'activités du groupe ont tous progressé, la banque de financement et d'investissement (BFI) se distingue par sa performance continue l'an dernier, contrairement à ses rivales françaises ou européennes aux résultats plus contrastés. Elle récolte les fruits de sa rapide transformation, entamée dès le début de l'année 2019, en dégageant 12 milliards de revenus, en hausse de près de 12%.

En recentrant, dématérialisant et mutualisant ses activités, la BFI a économisé l'an passé près de 300 millions d'euros. Parallèlement, elle a accéléré son développement commercial, ce qui a mécaniquement augmenté ses frais de gestion. Un pari payant pour le groupe qui se targue notamment d'être la troisième BFI sur la zone EMEA (Europe Moyen-Orient Afrique), derrière deux groupes américains, en termes de revenus sur les neuf premiers mois en 2019. Elle profite aussi du recul de ses principales concurrentes européens: Deutsche Bank en pleine restructuration et HSBC, dont les performances ont été laborieuses ces derniers trimestres en Europe et aux Etats-Unis.

Même dynamique profitable pour les services financiers internationaux - qui comprend pêle-mêle le crédit à la consommation, l'assurance, la gestion privée et les activités de banques de détail hors zone euro - dont les revenus ont grimpé de 7% à 17,2 milliards d'euros. En termes de solvabilité, le groupe affiche un ratio de fonds propres "durs" (CET1, des capitaux destinés à parer à d'éventuels chocs), de 12,1% à fin décembre, en ligne avec ses objectifs.

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Commentaires
a écrit le 05/02/2020 à 12:53 :
A mon avis il n'aurons pas seulement a être impacté en 2020 par les taux bas simplement, mais il semble aussi que d'autres choses sont aussi et très bientôt visibles je pense!

Sous la surveillance de la justice américaine, disons qu'attendons donc de voir et faisons le constat !

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