Tirée par la BFI, BNP Paribas fait mieux que prévu

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(Crédits : Regis Duvignau)
Contrairement à nombre de ses concurrents européens, le groupe bancaire BNP Paribas a vu progresser au troisième trimestre ses activités, particulièrement sa banque de financement et d'investissement, malgré un bénéfice pénalisé en partie par une comparaison annuelle défavorable.

BNP Paribas peut se réjouir. Entre juillet et septembre, la première banque française a dégagé un bénéfice net de 1,94 milliard d'euros en recul de 8,8% par rapport à l'an dernier où elle avait été avantagée par une plus-value de 286 millions d'euros, indique-t-elle dans un communiqué publié ce jeudi 31 octobre. A l'époque, cette somme, tirée de la vente de 30,3% de l'établissement américain First Hawaiian Bank, avait compensé la hausse exceptionnelle des frais de gestion due aux coûts de transformation et de restructuration du groupe.

Ce vaste chantier, lancé début 2017 par le plan stratégique à échéance fin 2020, aura coûté ce dernier trimestre 256 millions d'euros, participant à l'augmentation de 2% des frais de gestion du groupe. A ces effets exceptionnels s'ajoutent un coup du risque  -soit les provisions passées pour faire face à des défauts de paiement- en augmentation de 23,5% à 847 millions d'euros et le poids d'impôts en hausse de plus de 31%.

BNP Paribas dépasse tout de même les attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur un bénéfice de 1,81 milliard d'euros, selon le consensus du fournisseur de services financiers Factset. Une fois retraité des éléments exceptionnels, le bénéfice ressort en hausse de 3,4% à 2,12 milliards d'euros. Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires, a progressé de 5,3% à 10,9 milliards d'euros, faisant là aussi mieux que prévu. "Les revenus augmentent dans les trois pôles opérationnels grâce à la progression de l'activité", relève Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général du groupe, cité dans un communiqué.

La BFI profite du repli de la concurrence

Grande contributrice à ce résultat, la banque de financement et d'investissement, où sont logées les activités de marché et de financement des entreprises, a vu ses recettes bondir de 12% à 2,9 milliards d'euros en un an, tirées par le négoce de produits financiers liés aux obligations, devises et matières premières.

Pour le troisième trimestre consécutif, la BFI enregistre une hausse de ses revenus et remonte la pente de l'exercice 2018 durant lequel elle avait été fortement malmenée par des marchés volatils. Sommée en début d'année d'économiser 350 millions d'euros en deux ans, elle voit ses efforts drastiques récompensés tels que l'arrêt d'activités non stratégiques, la rationalisation de l'offre commerciale via une plateforme de financement des entreprises multi-services ou encore l'externalisation de services.

Le groupe a par ailleurs finalisé ce trimestre son accord avec l'allemande Deutsche Bank, en grande difficulté financière, dont il va reprendre les activités de services aux fonds spéculatifs ("prime brokerage"). Dans le financement des entreprises et du commerce international ("trade finance"), la banque française profite également du repli de ses principaux concurrents européens, comme celui de Deutsche Bank en pleine restructuration ou celui, involontaire, d'HSBC, dont les performances ont été laborieuses en Europe et aux Etats-Unis.

Effet de change favorable

En revanche, la BFI enregistre sur ce trimestre une hausse de 130 millions d'euros du coût du risque par rapport à l'an dernier. Si la banque explique revenir à un niveau plus habituel de coût du risque, elle mentionne toutefois "l'impact d'un dossier important" dans la progression de ces provisions. Sur la première marche du podium, les revenus du pôle services financiers internationaux ont progressé de 5,3% à 4,2 milliards d'euros, soutenus par le crédit à la consommation et l'assurance.

Cette division, qui regroupe aussi la banque de détail hors zone euro, profite d'un effet de change favorable et de l'intégration des activités de Raiffeisen Bank Polska. Le chiffre d'affaires du pôle "marchés domestiques", où est intégré la banque de détail en France et en zone euro, progresse à peine à 3,7 milliards d'euros, l'environnement de taux bas atténuant fortement la croissance des activités notamment des métiers spécialisés (Arval, Nickel, la banque de détail au Luxembourg essentiellement).

Fort de ces résultats, BNP Paribas se targue d'avoir atteint avec plus d'un an d'avance son objectif de 12% de ratio de fonds propres "durs", constitué de réserves de capital proportionnelles aux crédits consentis.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2019 à 12:08 :
Etonnant: cette banque est gérée par des Inspecteur des Finances; les mauvais d'entre eux se cantonnent à la politique. Et si on inversait?

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