La BCE reporte encore la hausse des taux jusqu'à mi-2020 au moins

BCE Mario Draghi Vilnius 2019
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BCE Mario Draghi Vilnius 2019
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Deux reports en deux mois. La Banque centrale européenne (BCE) a encore repoussé l'horizon auquel elle pourrait relever les taux d'intérêt, historiquement bas depuis 2016, lors de sa réunion de politique monétaire hors les murs tenue ce jeudi 6 juin à Vilnius (Lituanie). Ce ne sera pas avant le milieu de l'année prochaine, alors qu'elle avait annoncé en mars que ce ne serait pas avant la fin de cette année.
Les investisseurs n'attendaient pas toutefois de hausse des taux avant, tablant sur des taux durablement bas, jusqu'en 2021. Cela laissera aussi du temps au successeur de Mario Draghi, dont le mandat s'achève le 31 octobre, de prendre ses marques avant de devoir engager une éventuelle remontée des taux.
Pour rappel, le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement est à 0%, le taux de facilité de prêt marginal à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt est négatif, à -0,40% : autrement dit, les banques sont prélevées de 0,4% sur leurs liquidités placées en dépôt auprès de la BCE. En mars, il avait été envisagé de compenser ces dégâts collatéraux négatifs pour les banques, mais l'idée est écartée à court terme.
Les raisons de ce nouveau report tiennent aux nuages qui s'accumulent sur les perspectives de la croissance mondiale. « En dépit de données un peu meilleures que prévu pour le premier trimestre, les informations les plus récentes indiquent que les vents contraires à l'international continuent de peser sur les perspectives de la zone euro », ont fait valoir les membres du directoire de la BCE.
L'institution de Francfort ne s'est pas montrée profondément pessimiste. Elle a revu en hausse sa prévision de croissance pour la zone euro cette année à 1,2% (+0,1 point) mais abaissé à 1,4% celles de 2020 (-0,2 point) et de 2021 (-0,1 point). Concernant l'inflation, la BCE anticipe désormais une augmentation de 1,3% cette année contre 1,2% envisagé en mars, de 1,4% (contre 1,5%) et 1,6% les deux années suivantes. Mario Draghi a déclaré qu'il n'y avait « pas de probabilité de déflation, il y a une probabilité très faible de récession. » Les anticipations d'inflation à cinq ans sur les marchés (mesurées par le swap inflation euro 5 ans dans 5 ans) sont même tombées à leur plus bas niveau depuis 2016, à 1,2427%.
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La BCE a également détaillé les conditions dans lesquelles seront accordés aux banques des prêts appelés TLTRO 3, les « opérations de refinancement à long terme ciblées » (10 points de base de plus que le taux moyen de 0,1%). Ces facilités de refinancement doivent contribuer à « préserver des conditions de prêts bancaires favorables et une transmission harmonieuse de la politique monétaire ».