Au deuxième trimestre, les quatre banques françaises cotées devraient voir leur coût du risque flamber et atteindre un pic, supérieur à 3 milliards d'euros, pour faire face à d'éventuels accidents de remboursement dans un contexte économique incertain dû à la crise du coronavirus. Les activités de banque de financement et d'investissement devraient permettre de compenser celle de banque de détail, lourdement touchée par le confinement.Les banques françaises ont-elles bien résisté à la crise du coronavirus ? Les résultats du deuxième trimestre, qui correspond à une large période du confinement, donneront le ton. Vendredi prochain, BNP Paribas sera la première des quatre grandes banques tricolores cotées à publier ses résultats semestriels. Elle sera suivie par Société Générale et Natixis (filiale cotée du groupe BPCE), le 3 août, puis par CASA, l'entité cotée du Crédit Agricole, quatre jours plus tard.
Déjà, au premier trimestre, leurs résultats avaient été chahutés alors que les trois premiers mois de l'année 2020 n'avaient été marqués que par deux semaines de confinement.
Fort impact sur la banque de détail
"Le premier trimestre a été compliqué. Le second le sera aussi car il couvre toute la période de confinement. En termes d'activité commerciale, les banques vont être impactées car il y a eu un très fort ralentissement de la production de crédits à la consommation et un ralentissement du crédit immobilier,partiellementcompenséspar la distributionà prix coûtantdes Prêts garantis par l'Etat(PGE)[113 milliards d'euros de PGE ont été distribués aux entreprises selon les chiffres de Bercy au 17 juillet dernier, ndlr]. Les revenus issus des commissions seront, eux aussi, touchés, car il y a eu beaucoup moins d'opérations", expose Lorraine Quoirez, analyste chez UBS.
Toutefois, le fort impact attendu sur les activités de banque de détail pourrait être compensé, au moins partiellement, par les activités de banque de financement et d'investissement, à l'image des résultats des grandes banques américaines. Ainsi, grâce à leurs activités de banque d'investissement et de courtage, JPMorgan Chase et Citigroup ont vu leur chiffre d'affaires augmenter de respectivement 15% et 5%.
Crédit Agricole et BNP Paribas moins pénalisés ?
Certains établissements s'en tireront-ils mieux que les autres ? "Nous nous attendons à des divergences", prévient Lorraine Quoirez.
"Casa n'est pas du tout exposée aux marchés dérivés actions, ce qui semble être un avantage ce trimestre. BNP Paribas semble, quant à elle, gagnerd'importantesparts de marché danstous les métiers de la banque de financement et d'investissement y compris dans les dérivés actions. Société Générale et Natixis, par contre, semblent avoir eu des difficultés à gérer leurs franchises de produits dérivés", constate Lorraine Quoirez.
Pour les activités actions de ces deux établissements, l'analyste anticipe donc des résultats décevants, et ce, pour trois raisons : de nouvelles annulations de dividendes qui ont un impact direct sur la rentabilité de cette activité, une corrélation importante des classes d'actifs sur ce marché qui oblige les banques à se couvrir, et l'augmentation des coûts de couverture.
Société Générale de nouveau dans le vert ?
Ainsi, Société Générale, qui a basculé dans le rouge au 1er trimestre en essuyant une perte nette de 326 millions d'euros (une première depuis 2012) devrait, au deuxième trimestre, afficher un résultat net positif, mais très inférieur à celui réalisé à la même période l'année dernière.
"Le consensus table sur un ré
sultat
net d
u groupe de
28
millions d'euros
et un bénéfice par action négatif au deuxième trimestre".
A la même époque, l'an dernier,
la banque de La Défense avait enregistré un résultat net par du groupe légèrement supérieur à 1 milliard d'euros.