Coronavirus : pourquoi les banques mettent des milliards de côté

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Mardi, l'espagnole Santander, première banque de la zone euro, a publié un bénéfice en chute de 82%. Un plongeon qui s'explique par la provision d'1,6 milliard d'euros en prévision de la crise économique provoquée par la pandémie de nouveau coronavirus.
Mardi, l'espagnole Santander, première banque de la zone euro, a publié un bénéfice en chute de 82%. Un plongeon qui s'explique par la provision d'1,6 milliard d'euros en prévision de la crise économique provoquée par la pandémie de nouveau coronavirus. (Crédits : SERGIO MORAES)
Après les banques américaines, les établissements européens réalisent d'importantes provisions pour créances douteuses. Tous craignent une envolée des prêts non remboursés, notamment ceux accordés avant la crise. Les montants de ces provisions sont le fruit d'anticipations de pertes à venir et du rythme auquel les banques sont en mesure de les passer.

Après les 25 milliards de dollars de provisions faites par les banques américaines, c'est au tour des établissements européens de mettre des sommes astronomiques de côté pour faire face aux potentielles pertes causées par la crise économique liée à la pandémie de coronavirus. Les établissements bancaires craignent en effet une envolée du nombre de prêts non remboursés de la part des entreprises et des ménages fragilisés par la pire récession depuis la seconde guerre mondiale.

HSBC, Santander, Deutsche Bank accumulent les provisions

A l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels, la banque HSBC, établie à Londres mais très exposée à l'Asie, a ainsi révélé avoir provisionné 3 milliards de dollars pour créances douteuses, contre 569 millions de dollars un an auparavant. Ce montant s'explique également par son exposition au courtier pétrolier singapourien Hin Leong, dont la faillite est très controversée. La banque britannique estime que les provisions pour créances douteuses pourraient atteindre entre 7 et 11 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année.

L'espagnole Santander, première banque de la zone euro par capitalisation, a quant à elle provisionné 1,6 milliard d'euros en prévision de la crise économique. Les deux géants bancaires ont ainsi vu fondre leur bénéfice de respectivement 57% et 82% au premier trimestre de l'année.

De son côté, Deutsche Bank, la première banque allemande en difficulté depuis des années, a passé des provisions pour pertes sur des crédits s'élevant à 500 millions d'euros entre janvier et mars 2020, contre 140 millions sur la même période l'année précédente.

A chaque banque son rythme

Selon Gwenhaël Le Boulay, directeur associé senior au Boston consulting group (BCG), ces provisions ne sont pas étonnantes et sont le résultat de deux facteurs.

"Premièrement, ces provisions sont effectuées dans une logique d'anticipation car ces pertes n'ont pas encore eu lieu. Aujourd'hui, il est impossible d'avoir une boussole qui indique précisément avec quelle sévérité les différents secteurs seront touchés par la récession économique", explique-t-il.

Dans l'impossibilité de prédire le futur, tout le monde s'attache à établir différents scénarios. Celui du BCG anticipe que les pertes sur crédit seront supérieures d'un facteur cinq aux pertes initialement attendues avant la crise.

"Ensuite, l'autre grand facteur c'est le rythme...

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Commentaires
a écrit le 01/05/2020 à 9:00 :
Il faut demander a monsieur MARTINEZ de payez les salaires car sans travail il n'y a plus d'entreprises et donc plus de revenus. Mais monsieur MARTINEZ CGT sait que l'argent tombe du ciel et il suffit de le ramasser.Bon courage à tous.
a écrit le 29/04/2020 à 19:30 :
La BCE n’avait pas déversé des milliards dans l’économie à travers les banques (750 Mds pour racheter des dettes)? Bah non comme d’habitude beaucoup feront faillite et beaucoup de chômage...
Le monopole de la création monétaire, ça aide à négocier.
a écrit le 29/04/2020 à 18:55 :
Et si on parlait des bonus, en tète la mère des banques américaines je vous laisse chercher les chiffres, pour les quatre principales banques de l’hexagone ce n'est pas mal non plus. M'enfin, les banques privées peuvent faire ce qu'elles veulent de leurs sous.. Pendant ce temps l’état cherche des masques.. Nous sommes mal..
a écrit le 29/04/2020 à 18:41 :
Il faut mettre de l'argent de coté... pour l'avoir devant soi ! ;o)
a écrit le 29/04/2020 à 18:06 :
Cette crise des crédits était déjà redoutée par l'Union Européenne avant le coronavirus , alors quoi en penser ?. Le chomage de masse va accentuer le phémnomène dans tous les pays de l'U.E . On voyait la crise monétaire venir d'ailleurs, mais elle était toute proche . La seule chose sera l'empleur de la reprise économique en espérant quelle soit suffisante .
a écrit le 29/04/2020 à 16:20 :
Pourquoi les banques mettent elles des milliards de côté ? Parce qu'à force de repousser le déconfinement et de contraindre toujours plus la reprise du travail, on a toutes les chances de déclencher des faillites en nombre qui vont entraîner une crise bancaire majeure. Donc là les fondamentalistes qui exigent un risque zéro pour quitter leur confinement auront satisfaction : ils n'auront plus besoin de sortir pour reprendre le travail. Sauf que plus personne ne leur versera de salaire ou d'indemnités à la fin du mois et qu'il n'y aura rien à acheter car rien n'aura été produit. La crise économique que l'on aura volontairement déclenchée avec ce confinement et le refus d'en sortir aura donc des conséquences beaucoup plus graves que le coronavirus ; on aura volontairement transformé la crise sanitaire en crise économique, puis en crise bancaire et enfin en crise sociale ; mais personne ne veut le voir pour le moment...
a écrit le 29/04/2020 à 16:06 :
Vous reprendrez bien un peu de dette concédée par des établissements bancaires qui travaillent avec des effets de levier gigantesque?
Comme Kerviel le Virus va permettre d'étiqueter toutes les mauvaises créances vu que bien évidement avant le Covid les bilans étaient propres sans la moindre créance douteuse
Allez les 25 milliards en Intro ca fait cinq Kerviel, on va en faire combien?
A un moment ca sera moins cher de nationaliser les banques que de couvrir leurs pertes. Mon dieu pardonnez-moi j'ai péché on ne vas pas nationnaliser les banques qui emploient les copains de promo de l'ENA ils ne pourraient plus se verser de bonus.
a écrit le 29/04/2020 à 14:59 :
oui ca fait sourire
les banques francaises font des provisions, mais apres avoir distribue jusqu'au bout des prets immobiliers a 30 ans a des personnes pas solvables, sans apprort et a 1.5%
elles ont commence a relever les taux quand les ennuis ont commence, mais ca risque d'etre un peu leger ( et personne ne doute que sur la partie entreprise ca sera pareil)
aux etats unis le pb c'est le schiste, et les prets etudiants, et va y avoir des degats aussi
a écrit le 29/04/2020 à 14:32 :
Parce qu'à force de repousser le déconfinement et de contraindre la reprise du travail, on a toutes les chances de déclencher des faillites en nombre qui vont entraîner une crise bancaire majeure. Donc là les peureux seront contents : ils n'auront plus besoin de sortir pour retravailler. Sauf que plus personne ne leur versera de salaire ou d'indemnités à la fin du mois et qu'il n'y aura rien à acheter car rien n'aura été produit. La crise économique que l'on aura volontairement déclenchée avec ce confinement et le refus d'en sortir aura donc des conséquences beaucoup plus graves que le coronavirus ; mais personne ne veut le voir pour le moment...

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