Les grandes banques américaines mettent des milliards de côté pour se préparer aux impayés

Au deuxième trimestre, les réserves mises de côté par JPMorgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, pour se préparer à une vague d'impayés et de faillites atteignent 28 milliards de dollars. Si les revenus des activités de banque de détail des trois banques ont reculé sur la période, JPMorgan Chase et Citigroup ont pu compter sur leurs activités de banque d'investissement et de courtage et ont vu leur chiffre d'affaires s'envoler. Wells Fargo, elle, a enregistré une perte nette de 2,4 milliards de dollars.

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JPMorgan Chase a gonflé ses provisions de 8,9 milliards de dollars au deuxième trimestre car l'établissement s'attend à une reprise économique au second semestre plus longue que prévu initialement. La banque a néanmoins enregistré un chiffre d'affaires record en hausse de 15% à 33,8 milliards de dollars, grâce à ses activités en banque d'investissement et en courtage.
JPMorgan Chase a gonflé ses provisions de 8,9 milliards de dollars au deuxième trimestre car l'établissement s'attend à une reprise économique au second semestre "plus longue que prévu" initialement. La banque a néanmoins enregistré un chiffre d'affaires record en hausse de 15% à 33,8 milliards de dollars, grâce à ses activités en banque d'investissement et en courtage. (Crédits : Mike Segar)

Plusieurs grandes banques américaines, inquiètes des conséquences de la pandémie sur la santé financière de leurs clients, ont mis des milliards de dollars de côté pour faire face aux impayés même si certaines ont su profiter de la volatilité sur les marchés.

Au total, les réserves mises de côté par JPMorgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, pour se préparer à une vague d'impayés et de faillites atteignent 28 milliards de dollars. Les trois établissements étaient les premiers à dévoiler leurs résultats mardi, avant Goldman Sachs mercredi et Bank of America jeudi.

Lire aussi : Coronavirus : pourquoi les banques mettent des milliards de côté

JPMorgan Chase a gonflé ses provisions de 8,9 milliards de dollars au deuxième trimestre car l'établissement s'attend à une reprise économique au second semestre "plus longue que prévu" initialement, a indiqué sa directrice financière Jennifer Piepszak.

La situation s'est certes améliorée en mai et juin, au fur et à mesure que les autorités levaient les restrictions les plus strictes. Mais il s'agissait des "mois faciles", soutenus par les aides financières du gouvernement versés aussi bien aux entreprises qu'aux particuliers, a estimé la responsable lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Un environnement à venir "beaucoup plus sombre"

L'environnement économique va devenir "beaucoup plus sombre" qu'en mai et juin, a prédit le patron de la banque Jamie Dimon lors d'une conférence avec des analystes. JPMorgan se prépare "au pire scénario" mais "on ne sait tout simplement pas ce qui va se passer", a-t-il ajouté. "L'expression +sans précédent+ est rarement utilisé à bon escient. Cette fois, c'est bien le cas."

Même son de cloche pour Charlie Scharf, le directeur général de Wells Fargo qui a mis de côté 8,4 milliards de dollars supplémentaires pour se protéger des éventuels défauts de paiement.

"Notre opinion sur la durée et la sévérité de la crise s'est considérablement détériorée par rapport à nos estimations à la fin du premier trimestre", a-t-il souligné auprès des analystes.

Citigroup, la troisième grande banque américaine à dévoiler ses résultats trimestriels mardi, a pour sa part provisionné 5,6 milliards de dollars de plus.

"La pandémie enserre totalement l'économie et il semble peu probable que son étreinte se relâche tant que des vaccins ne seront pas largement disponibles", a estimé son directeur général Michael Corbat lors d'une conférence téléphonique.

Chiffre d'affaires record pour JPMorgan Chase et Citigroup

Les mesures imposées pendant le trimestre pour enrayer la propagation du Covid-19 ont pesé aussi bien sur les finances de certains ménages, le taux de chômage bondissant à près de 15% en avril, que sur la trésorerie de nombreuses sociétés.

Alors que plusieurs Etats comme la Californie viennent de réimposer une forme de confinement face à la remontée des cas de Covid-19, beaucoup s'interrogent sur la capacité de l'économie à rebondir franchement.

Les revenus des activités de banque de détail des trois banques ont, sans surprise dans ce contexte, reculé au deuxième trimestre. Mais JPMorgan Chase et Citigroup ont pu compter sur leurs activités de banque d'investissement et de courtage pour atténuer l'impact de l'envolée des provisions.

Portées par la forte volatilité ayant secoué les marchés financiers depuis le début de l'année et par les énormes sommes d'argent injectées par la Banque centrale américaine pour garantir leur stabilité, les revenus tirés des activités spéculatives se sont notamment envolés de 79% chez JPMorgan Chase tandis que le chiffre d'affaires généré par Citigroup sur les marchés obligataires a bondi de 68%.

Résultat: JPMorgan Chase a dégagé un chiffre d'affaires record au deuxième trimestre, en hausse de 15% à 33,8 milliards de dollars, tandis que Citigroup a vu le sien augmenter de 5% à 19,8 milliards de dollars.

Perte nette de 2,4 milliards de dollars pour Wells Fargo

Leurs bénéfices ont fortement diminué, de 51% chez JPMorgan Chase à 4,7 milliards de dollars et de 73% à 1,3 milliard de dollars chez Citigroup. Mais ils sont meilleurs que prévu par les analystes.

Wells Fargo, qui ne dispose pas d'activités de courtage ou de banque d'investissement aussi développées que ses rivales, a pour sa part enregistré une perte nette de 2,4 milliards de dollars. Par action, sa perte est plus de trois fois supérieure aux attentes des marchés. La banque, pour préserver ses liquidités, a décidé de réduire à 10 cents par action son dividende au troisième trimestre.

A Wall Street, l'action de JPMorgan Chase lâchait 0,1% à la mi-séance tandis que celle de Citigroup perdait 2,8% et celle de Wells Fargo 5,3%.

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Commentaires 2
à écrit le 17/07/2020 à 16:55
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Ils sortent d'où ces milliards de dollars?

à écrit le 15/07/2020 à 11:23
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Nous sommes nombreux à l'avoir su dès le début que des prêts ne pourront jamais remplacer des pertes sèches ne pouvant qu'handicaper encore plus les entreprises, c'était pas sorcier mais le réflexe permanent d'engraisser les banquiers. Or le banq...

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