Le livre de Michel Santi, « BNS. Rien ne va plus » (éditions Favre), tombe à point nommé en pleine turbulence du secteur bancaire. L'auteur (chroniqueur à La Tribune), fin connaisseur des arcanes de la finance internationale est un ancien trader ayant travaillé pour des banques suisses et devenu par la suite gérant de hedge funds. Son ouvrage se penche sur l'histoire récente de la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale du pays. Or, cette dernière vient d'octroyer une ligne de liquidité de 200 milliards de francs suisses dans le cadre du sauvetage de la vénérable institution qu'était le Credit Suisse, avalé par la banque UBS en quelques jours avec la bénédiction, et évidemment les garanties financières, des pouvoirs publics.
Or, en début d'année, la BNS avait annoncé avoir subi une perte de 130 milliards de francs suisses (133 milliards d'euros), en raison de la baisse des valorisations sur les marchés financiers et de sa défense de la devise helvétique. En effet, pour mener sa politique monétaire, la BNS s'appuie sur un vaste portefeuille de placements qui comprend notamment de l'or, des actions et des obligations. Conséquence, aucun versement ne sera réalisé à la Confédération et aux cantons du pays, et ce, jusqu'en 2027. En 2021, 6 milliards de francs avaient été reversés grâce à un bénéfice de 26,3 milliards de francs suisses.