Ebullition dans les paiements, fusion à plusieurs milliards en vue

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Le système de paiement Worldpay est numéro un au Royaume-Uni et numéro sept aux Etats-Unis. Il intéresserait les américains Vantiv Inc et JP Morgan Chase.
Le système de paiement Worldpay est numéro un au Royaume-Uni et numéro sept aux Etats-Unis. Il intéresserait les américains Vantiv Inc et JP Morgan Chase. (Crédits : DR)
Le système de paiement britannique Worldpay a révélé avoir été approché par l'américain Vantiv et par JP Morgan. Son action s'est envolée de 27%, tirant le secteur, dont le français Worldline. Le danois Nets A/S a aussi été approché.

[Article publié à 12h35 et mis à jour à 18h40]

Le monde du paiement est décidément en pleine ébullition. Une, voire plusieurs, fusions, se profilent entre des acteurs majeurs des systèmes de paiement en ligne : le britannique Worldpay a révélé ce mardi avoir été approché en vue d'un rachat par l'américain Vantiv Inc et/ou JPMorgan Chase Bank. L'action WorldPay a flambé ce mardi à la Bourse de Londres (+27,7%), portant sa capitalisation à 8 milliards de livres, soit 9,1 milliards d'euros.  La nouvelle a soutenu toutes les valeurs du secteur, notamment son concurrent français Worldline (+3,5%), contrôlé par Atos Origin, qui avait essayé de mettre la main sur Worldpay en 2010, ou encore l'allemand Wirecard (+7%).

A l'été 2015, c'est un autre français, Ingenico (+3,7% ce mardi), qui avait tenté sans succès, de racheter Worldpay. Gemalto a aussi gagné 3,15%.

Le 1er juillet, c'était le danois Nets A/S qui avait confirmé aux investisseurs qu'il avait été approché et évaluait ses options (+10,9% lundi, +2,7% mardi). Le numéro un scandinave des paiements, fondé par des banques de la région, a été introduit à la Bourse de Copenhague en septembre dernier par ses actionnaires, les fonds de private equity Advent International et Bain Capital. Il est valorisé plus de 4 milliards d'euros.

Le secteur est à la fois très lucratif et en pleine recomposition : les acteurs traditionnels issus du traitement des paiements par carte et ayant basculé sur le numérique, sont concurrencés par de nouveaux acteurs 100% digitaux tels que la licorne néerlandaise Adyen ou la startup américaine Stripe.

Les fonds Bain et Advent à la manœuvre

Né au sein de la banque National Westminster sous le nom de Streamline à la fin des années 1980, puis racheté par Royal Bank of Scotland, le système de paiement Worldpay, numéro un au Royaume-Uni, a été repris en 2010 par les mêmes Advent et Bain Capital, qui l'ont introduit en Bourse en octobre 2015 et veulent probablement sortir du capital. Worldpay fait partie de l'indice vedette FTSE100 du London Stock Exchange.

« Il n'y a aucune certitude sur le dépôt d'une offre ni sur les conditions d'une éventuelle offre » souligne Worldpay dans son bref communiqué.

L'annonce a été faite sans l'assentiment de Vantiv ou de JP Morgan.

C'est le site Wall Street Wires qui a suggéré ce mardi matin que Worldpay était la cible d'une acquisition.

Fin mai, une note d'analyste de la Barclays évoquait « le M&A (fusion et acquisition) comme une option », mais plutôt pour l'activité américaine, dirigée par une nouvelle équipe, tout en n'écartant pas que Worldpay « fasse partie d'une concentration », alors que sa croissance ralentit. La note jugeait son activité e-commerce jugée stratégique pour des "acquéreurs" monétiques américains (l'acquéreur est l'institution financière chargée de la collecte d'argent dans le cadre d'une vente à distance ou via un terminal physique).

Or Vantiv, qui capitalise plus de 12 milliards de dollars, est le premier acquéreur américain pour les commerçants en termes de volumes, selon le dernier Nilson report, devant First Data et Chase, filiale de JP Morgan, avec lequel il aurait des vues sur Worldpay, qui se classe septième sur le marché américain.

Si les discussions aboutissent à une offre, le paysage du paiement pourrait s'en trouver bouleversé. Elles pourraient surtout susciter des contre-offres et une bataille boursière. Au printemps dernier, le PayPal chinois, Ant Financial, avait dû augmenter son offre à 1,2 milliard de dollars sur le numéro deux mondial du transfert d'argent MoneyGram, après la surenchère du texan Euronet.

top acquéreurs monétiques US Nilson

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