Natixis met le turbo dans le paiement en rachetant la Fintech Dalenys

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Le repositionnement de l'ex-Rentabiliweb, passé de la monétisation d'audience par SMS au paiement en ligne pour l'e-commerce, a séduit la filiale du groupe BPCE qui a multiplié les acquisitions de startups de la Fintech.
Le repositionnement de l'ex-Rentabiliweb, passé de la monétisation d'audience par SMS au paiement en ligne pour l'e-commerce, a séduit la filiale du groupe BPCE qui a multiplié les acquisitions de startups de la Fintech. (Crédits : DR)
La banque va débourser 160 millions d’euros pour l’ex-Rentabiliweb qui se présente comme le partenaire d’encaissement des e-commerçants. La filiale de BPCE a l’ambition de devenir un des leaders européens des paiements.

Le repositionnement de l'ex-Rentabiliweb, de l'audiotel à la Fintech, aura été payant : l'entreprise belge, qui avait démarré dans les sites de rencontres ou d'astrologie, rebaptisée Dalenys il y a deux ans, va être rachetée par une banque, Natixis. La filiale de banque d'investissement et de services financiers du groupe BPCE (Banque populaire Caisse d'Epargne) va d'abord acquérir 50,04% du capital auprès du fondateur, le fantasque homme d'affaires aux fines tresses Jean-Baptiste Descroix-Vernier, puis lancera une OPA sur le reste du capital, à 9 euros par action.

L'opération valorise Dalenys à 160 millions d'euros. Il y a un peu plus de dix ans, en 2006, Rentabiliweb était entré en Bourse au prix de 3 euros, soit environ 40 millions d'euros. L'action Dalenys a gagné 40% ce lundi, se calant un peu en-dessous du prix (8,68 euros). Natixis a augmenté de 1,46%.

Au préalable, les activités télécoms (SMS et numéros surtaxés pour les médias), qui représentaient encore près des deux tiers du chiffre d'affaires de 64,5 millions d'euros en 2016 et n'intéressent pas Natixis, seront cédées. La direction cherche un nouvel actionnaire pour ce pôle, déficitaire, qui a enregistré un recul de 22% au premier trimestre.

Solutions digitales et innovantes

Dalenys, qui aime se comparer au néerlandais Adyen, une des rares licornes européennes dans la Fintech, reste un petit acteur du paiement, spécialisé dans les solutions pour les e-marchands, sous la marque Be2Bill : cette activité n'a généré qu'un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros au premier trimestre 2017 (et 17 millions sur l'année 2016), mais elle connaît une croissance forte (+44% en 2016 et +11% au premier trimestre). Les flux de paiements encaissés approchent des 3 milliards d'euros en base annuelle.

 « Ce rapprochement illustre le caractère stratégique des paiements dans la transformation digitale du groupe BPCE et son approche vis-à-vis des entreprises technologiques et des entrepreneurs », relève le directeur général de Dalenys, Thibaut Faurès Fustel de Coulanges.

En fin d'année dernière, BPCE a regroupé toutes ses plateformes de paiement au sein de Natixis, qui lui a racheté S-Money et une kyrielle de startups de la Fintech : la cagnotte en ligne LePotCommun, Depopass, une solution remplaçant le chèque de banque pour la vente de voiture d'occasion, e-Cotiz, qui facilite le paiement des cotisations d'associations, auxquelles s'ajoute PayPlug, rachetée en avril pour sa solution de paiement dématérialisé pour les TPE et commerçants.

« Cette opération concrétise l'ambition stratégique de Natixis de devenir l'un des leaders européens des paiements en particulier dans les services aux marchands ; l'acquisition de Dalenys renforce la présence de Natixis dans les solutions de paiement à destination des e-commerçants, sur un marché en forte croissance représentant en Europe plus de 500 milliards d'euros de chiffre d'affaires collecté », fait valoir le groupe bancaire dans un communiqué.

Cette acquisition va compléter l'offre commerciale de BPCE avec « de nouveaux services fondés sur l'analyse des données » et lui permettre d'intégrer « des offres digitales et innovantes pour une clientèle de moyens et grands commerçants en Europe. » Financée sur les ressources propres de Natixis, elle aura un impact négatif de 10 points de base sur le ratio de solvabilité CET1 de la filiale de BPCE.

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