Paiement en ligne : la valorisation de Stripe explose à plus de 9 milliards

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Patrick et John Collison, deux frères même pas trentenaires, d'origine irlandaise, ont fondé Stripe fin 2009. Leur entreprise, installée à San Francisco, emploie plus de 570 personnes.
Patrick et John Collison, deux frères même pas trentenaires, d'origine irlandaise, ont fondé Stripe fin 2009. Leur entreprise, installée à San Francisco, emploie plus de 570 personnes. (Crédits : Stripe)
La plus grosse Fintech américaine, qui fournit une solution de paiement aux sites d'e-commerce, vient de lever 150 millions de dollars, auprès d'un fonds de Google notamment. Elle vaut deux fois plus que Square et veut s'imposer comme le nouveau standard du paiement en ligne.

C'est un nouveau géant du paiement dématérialisé encore quasi inconnu du grand public en France, en dehors du microcosme des startuppers et de l'univers de l'e-commerce. La jeune entreprise californienne Stripe vient de lever 150 millions de dollars auprès d'investisseurs prestigieux dont CapitalG (l'ex-Google Capital), sur la base d'une valorisation de 9,2 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal. C'est presque le double de l'an dernier, lorsqu'elle avait récolté 100 millions en étant valorisée 5 milliards de dollars.

Stripe est considérée comme la plus grosse Fintech américaine, ces entreprises qui mêlent technologie et finance. Elle vaut désormais deux fois plus que Square, l'entreprise de Jack Dorsey, le cofondateur de Twitter, qui capitalise quelque 4,5 milliards de dollars à Wall Street, un an après son introduction. Mais cinq fois moins que le géant PayPal.

Dans le cercle des "licornes", ces startups qui ne pas encore entrées en Bourse et déjà valorisées plus d'un milliard de dollars, Stripe grimpe à la deuxième place des Fintech, dépassant désormais la Chinoise Zhong An Online, tout en restant loin derrière Lufax, autre chinoise.

"Accroître le PIB d'Internet"

Deux frères même pas trentenaires, Patrick et John Collison, d'origine irlandaise, ont fondé cette entreprise fin 2009 avec l'idée de faciliter la vie des développeurs et des sites d'e-commerce sur le terrain souvent compliqué à gérer du paiement. Leur module logiciel s'intègre en quelques heures aux sites qui peuvent accepter les paiements en carte bancaire sans avoir à se compliquer la vie avec les banques, ce dont s'occupe Stripe, qui demande juste le numéro de compte Iban.

Les frères Collison veulent imposer Stripe comme "le nouveau standard des paiements en ligne". Avec PayPal directement en ligne de mire, mais aussi la Fintech néerlandaise Adyen et le Français PayPlug (en cours de rachat par BPCE).

Leur vision :

« L'objectif de Stripe est d'accroître le commerce sur Internet en facilitant les transactions et la gestion d'une entreprise en ligne. Nous voulons accroître le PIB d'Internet ».

Les e-commerçants perçoivent le paiement par virement sur leur compte bancaire dans un délai de 2 jours. Au passage, Stripe prélève une commission sur chaque transaction, de 2,9% plus un fixe de 30 cents (c'est moins cher en Europe : 1,4% et 25 centimes d'euro, dégressif en fonction des volumes). Elle propose d'autres moyens de paiement, comme le Bitcoin, ou le système Alipay pour aider à vendre des produits en Chine. L'entreprise se pose en boîte à outils, avec un tableau de bord pour suivre ses facturations sur ordi ou sur une appli, une interface pour le paiement à destination de tiers, etc.

Stripe dashboard

[l'appli de tableau de bord de Stripe pour suivre les facturations]

Implantée à San Francisco, avec des bureaux à l'étranger, notamment à Paris depuis juin, Stripe emploie déjà plus de 570 personnes et traite "plusieurs milliards d'euros de paiement pour des milliers d'entreprises" en rythme annuel. Elle séduit en particulier les startups et compte Lyft, le concurrent d'Uber, parmi ses clients, et Deliveroo. En France, elle travaille par exemple avec les sites de crowdfunding Ulule et Kisskissbankbank, ou le gestionnaire de mots de passe Dashlane.

[Article modifié à 11:15 : ajout du tarif en Europe]

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Commentaires
a écrit le 27/11/2016 à 11:02 :
Une "vision" d'une banalité consternante, une "success story" qui sent le réchauffé avec des wonderboys passe-partout.
Qui peut bien croire à cette histoire ?
Réponse de le 29/11/2016 à 16:51 :
Les investisseurs et les dépassés qui sont émerveillés par ceux qui réinventent la roue.

Pourquoi se priver ? Ca marche, c'est l'essentiel non ?

C'est comme l'article de la tribune sur un africain qui monte sa boite de carte de paiement dédié à la santé... Bientôt la carte pour le véto, la carte pour les chips, la carte pour les femmes etc...

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