Impact prévu du coronavirus sur le crédit à la consommation

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(Crédits : Reuters)
Des demandes de report d'échéance de loyer sont déjà observées dans le leasing. Et, le crédit à la consommation va être très touché par les mesures de confinement, a prévenu Françoise Palle-Guillabert, la déléguée générale de l'Association française des sociétés financières.

Les activités de crédits spécialisés ont progressé en 2019, selon l'Association française des sociétés financières (ASF) qui s'attend néanmoins à un impact du coronavirus, particulièrement sur le crédit à la consommation.

L'ASF estime qu'il est "encore trop tôt pour mesurer l'impact économique" compte tenu de la situation "exceptionnelle", "très évolutive".

Demandes de report

"Nous avons mis en place des capteurs discrets auprès de nos adhérents qui financent les entreprises et les ménages", a précisé à l'AFP Françoise Palle-Guillabert, déléguée générale de l'ASF. "Du côté du leasing, il y a déjà des demandes de report d'échéance de loyer" et "le crédit à la consommation va être aussi bien sûr être très touché par les mesures de confinement".

Sur l'affacturage, qui consiste en la reprise de créances d'entreprises par un établissement financier dit "factor", s'il n'y a pas encore d'impact confirmé, "le choc de la demande devrait se faire sentir sur l'affacturage classique, qui finance les clients, avec retard, courant mars", estime la responsable.

Le crédit à la consommation en hausse de 3% en 2019

En attendant, le crédit à la consommation, pilier traditionnel du financement, a progressé de 3% l'an dernier à 44,4 milliards d'euros, tiré par la location avec ou sans option d'achat et le crédit affecté, qui a bondi pour l'équipement du foyer.

Pour la première fois depuis sept ans, le prêt personnel, dont l'utilisation n'a pas à être justifiée, a reculé de 1,2% à 13,8 milliards d'euros, souligne l'ASF qui représente notamment près de 50% du marché du crédit à la consommation. Il demeure toutefois en tête des produits de financement des établissements de crédit à la consommation, représentant près du tiers du total de la production annuelle.

L'affacturage poursuit son envol

Qualifié par l'ASF de "success story française", l'affacturage poursuit son envol, constant depuis cinq ans. Le montant des créances prises en charge en 2019 a atteint un nouveau montant record de 349,7 milliards d'euros, en hausse de 9,1%, tiré par l'activité à l'international où près du tiers des opérations d'affacturage sont réalisées.

Les opérateurs français se classent ainsi au premier rang européen et au second mondial dans cette activité, selon l'organisme qui compte 270 sociétés membres.

La branche de financement des entreprises et professionnels a également fortement progressé de près de 9% à 36 milliards d'euros de crédits. Le financement locatif, ou "leasing", de l'équipement des professionnels, constitue plus des trois quarts de ce résultat, confirmant la tendance de fond privilégiant la location à la propriété.

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