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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Coronavirus : pourquoi les banques promettent d’épauler les petites entreprises

Juliette Raynal

Publié le 09 mars 2020 à 16:31 - Mis à jour le 09 mars 2020 à 21:05

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Les banques françaises ont promis d'accompagner, au cas par cas, les TPE et PME dans leurs besoins de trésorerie si leur activité est impactée par le coronavirus. Au menu : report des remboursements, procédure accélérée et suppression de certaines pénalités. Cette générosité n'est pas désintéressée puisque les banques se trouvent, elles aussi, en première ligne face aux conséquences de cette crise sanitaire.

Les petites entreprises pourront compter sur l'aide des banques si leur activité est impactée par le développement de l'épidémie du coronavirus. C'est la promesse qu'a faite l'industrie bancaire, après avoir été convoquée par Bruno Le Maire au ministère de l'Economie et des Finances, vendredi dernier.

"Les banques ont indiqué à Bruno Le Maire leur totale mobilisation afin d'accompagner leurs clients, notamment TPE et PME, face à d'éventuelles difficultés résultant du développement de l'épidémie de coronavirus pouvant impacter temporairement leur activité", a indiqué la Fédération bancaire française (FBF) dans un communiqué publié le 6 mars."Elles examineront avec attention les situations individuelles des TPE et PME impactées dans les secteurs exposés aux conséquences de cette crise sanitaire. Les banques rechercheront notamment au cas par cas les solutions adaptées aux besoins de financement court terme", a-t-elle poursuivi.

Report des paiements, procédure accélérée, suppression des pénalités...

Un peu avant cet engagement collectif, le Crédit Agricole a détaillé, dans un communiqué distinct, les mesures ciblées qu'il pourrait prendre pour répondre aux besoins de ses clients professionnels et entreprises, notamment en matière de trésorerie. La banque au logo vert permettra ainsi de reporter jusqu'à six mois les remboursements des crédits et prévoit également de mettre en place une procédure accélérée d'accord de crédit en moins de 5 jours pour les situations les plus urgentes. Elle s'engage aussi à supprimer les pénalités et les coûts additionnels des reports d'échéance et de crédit des clients et d'accélérer les modalités de prises en charge des demandes d'indemnités des clients assurés.

Du côté du Crédit Mutuel, aucune consigne particulière n'a été donnée à l'échelle du groupe, qui mise sur l'autonomie de ses conseillers dans les territoires pour apporter un accompagnement "responsable" sur les aspects de trésorerie. "Si un artisan passe la porte d'une agence du Crédit Mutuel expliquant qu'il est confronté à un problème de trésorerie, cela va être très vite résolu car son interlocuteur sera en capacité de décision et de compréhension. Il n'aura pas besoin d'appeler le siège national", assure Pierre-Edouard Batard, le directeur général du Crédit Mutuel, rappelant qu'au sein du groupe 95% des décisions de crédit peuvent être prises en autonomie.

Accompagnement au cas par cas

"La crise est réelle. Son ampleur dépendra, comme toujours, de la cohérence des réactions de l'ensemble des autorités et des acteurs. Les banques centrales doivent apporter des liquidités, les autorités apporter les mesures budgétaires et assurer le bon fonctionnement des services publics et les établissements bancaires l'accompagnement de leurs clients", a ajouté Nicolas Théry, le président du Crédit Mutuel, à l'occasion de la présentationdes très bons résultats du groupe bancaire mutualiste.

"Il est aujourd'hui difficile d'évaluer l'impact du coronavirus sur l'activité de nos clients entreprises en France. Nous sommes actuellement en contact avec nos clients pour évaluer leurs besoins au cas par cas et prendrons toutes les mesures possibles pour les accompagner si besoin", indique, de son côté, BNP Paribas, qui accompagne une PME sur trois en France.

Même son de cloche pour le Crédit Coopératif. La banque membre du groupe BPCE, qui tire 80% de ses revenus auprès des entreprises et des acteurs de l'économie sociale et solidaire, étudie actuellement comment accompagner ses entreprises clientes qui pourraient se retrouver en difficultés en leur accordant notamment des latitudes de paiements.

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Les banques en première ligne

Si les institutions financières se montrent, sur le papier, si clémentes envers les petites et moyennes entreprises, ce n'est pas par pure générosité mais par soucis économique car, elles aussi, se trouvent en première ligne des conséquences de la propagation du nouveau coronavirus. Leur crainte principale est de voir augmenter le nombre d'entreprises, à qui elles ont accordées des financements, en défaut de paiement.  "Nous nous préparons à une augmentation du coût du risque", reconnaît ainsi le Crédit Coopératif.

"Ce qui nous fait peur, ce sont les entreprises les plus endettées. Si le cashflow n'est plus là, [en raison d'une baisse de la production causée par les pannes d'approvisionnement, ndlr] pour rembourser l'emprunt, cela pose problème", confiait un autre banquier.

"Actuellement le taux de défaut est extrêmement bas. Pour les grandes banques, il oscille entre 5 et 6% en équivalent des revenus. Si la crise sanitaire s'aggrave, nous pouvons facilement imaginer un doublement de ces pertes", estime un bon connaisseur du secteur.

Les valeurs bancaires dévissent en Bourse

Outre la hausse du coût du risque, les banques craignent que la Banque centrale européenne procède à une nouvelle baisse des taux d'intérêt. Une telle mesure aurait un impact négatif sur leur marge d'intérêt et leurs commissions, déjà mises sous pression depuis de nombreux mois. Enfin, si cette crise sanitaire entraîne une récession, les projets d'investissement, de financement ou encore de fusion et acquisition, auxquels participent les banques, se feront plus rares.

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Face à ces nombreuses inquiétudes, les marchés ont lourdement sanctionné les valeurs bancaires. L'Euro stoxx Banks (l'indice des banques cotées de la zone euro) a ainsi perdu plus de 17 % ces cinq dernières séances.

Juliette Raynal

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