Le patron de Deutsche Bank s'en va par la petite porte
Christine Lejoux
Christine Lejoux
Josef Ackermann aurait sans doute espéré une fin plus glorieuse, en tant que patron de Deutsche Bank. Le président de la première banque allemande, qui quittera ses fonctions fin mai, a présenté ce matin des résultats qualifiés de "catastrophiques" par Dirk Becker, analyste chez Kepler. De fait, le bénéfice net s'est effondré de 76%, au quatrième trimestre, à 147 millions d'euros, à des années-lumière des 556 millions d'euros attendus en moyenne par les analystes sondés par l'agence Bloomberg.
La BFI accuse une perte de 422 millions d'euros
Comme pour nombre des rivales de Deutsche Bank, en particulier américaines, c'est dans le métier de banque de financement et d'investissement (BFI) que le bât blesse. L'aggravation de la crise de la dette dans la zone euro à partir de cet été et la tempête boursière qui a suivi ont plombé les activités de marché (courtage, pilotage d'introductions en Bourse, conseil en fusions et acquisitions). A tel point que la BFI a accusé une perte de 422 millions d'euros au quatrième trimestre, contre un bénéfice de 603 millions un an auparavant.
Un bénéfice de 392 millions d'euros seulement pour la banque de détail et la gestion de fortune
Malgré le rachat, fin 2010, de Postbank, suivi de l'acquisition de Sal. Oppenheim, les activités de banque de détail et de gestion de fortune ont dégagé un bénéfice de 392 millions d'euros seulement, au quatrième trimestre, insuffisant pour compenser la perte de la BFI. Un revers pour Josef Ackermann qui, au cours de ses dix années à la tête de Deutsche Bank, avait diversifié le groupe dans la banque de détail et la gestion de fortune, afin de réduire sa dépendance à la BFI, plus cyclique.
Le dividende est maintenu
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Une consolation pour les actionnaires de Deutsche Bank, qui ont vu le cours de Bourse ramené de 70 à 33 euros durant le règne de Josef Ackermann : le dividende est maintenu, à 0,75 euro par action, comme l'an dernier. A Anshu Jain et Jürgen Fitschen, qui deviendront co-présidents de Deutsche Bank fin mai, de relever le défi de la création de valeur pour les actionnaires.
Christine Lejoux
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