L'Etat prêt à laisser au FSI une bonne partie de son cash
Christine Lejoux
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Bien qu'à la recherche d'argent pour réduire le déficit budgétaire, l'Etat n'affamera pas le Fonds stratégique d'investissement (FSI), cette année. Certes, aucune décision n'a encore été prise sur le montant des dividendes que le FSI versera, au titre de 2011, à ses actionnaires, à savoir l'Etat et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), respectivement propriétaires de 49% et de 51% du capital. Mais "les actionnaires, qui sont en train de se concerter, ne sont pas dans une logique prédatrice, ils ne sont pas contre le fait de laisser une partie - pas forcément faible - du cash dans la maison", a indiqué Augustin de Romanet, le très bientôt ex-président du FSI, mardi, lors de la présentation des résultats annuels du fonds souverain à la française.
Près de 400 milions d'euros de bénéfice ponctionné en 2011
Pour mémoire, en juin dernier, Jean-Arthuis, alors président de la Commission des finances du Sénat, avait dénoncé la "gloutonnerie" de l'Etat à l'égard du FSI. "En préférant utiliser la majeure partie des dividendes pour réduire son déficit budgétaire, l'Etat s'est comporté comme un glouton", avait regretté Jean Arthuis, ajoutant que l'Etat "aurait été plus avisé de réinvestir dans le FSI, dont les ressources sont déjà limitées." De fait, sur les 646 millions d'euros de bénéfice dégagés par le FSI en 2010, l'Etat et la CDC, son bras financier, avaient ponctionné pas moins de 387 millions.
Un résultat net en baisse de près de 3%
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Aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire que l'Etat modère son appétit. En effet, le bénéfice net du FSI a fléchi de 2,7%, l'an dernier, à 629 millions d'euros, sous le poids de 229 millions d'euros de dépréciations passées sur son portefeuille de titres, en particulier sur ses participations dans Cegedim (logiciels), Vergnet (éoliennes) et Soprol (biocarburants), crise économique oblige. De plus, les deux tiers de ce portefeuille étant cotés en Bourse, sa valeur a chuté de 2,5 milliards d'euros en 2011, en raison de la tempête qui a sévi sur les marchés actions. Conséquence, l'actif net du FSI a plongé de 9,6%, à 19,7 milliards d'euros. "La Bourse, elle, a perdu 17%", relativise Augustin de Romanet.
Christine Lejoux
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