Quand le "non coté" se fait financer par... la Bourse

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Le géant américain du private equity Carlyle s'introduira à la Bourse de New Yok le jeudi 3 mai 2012. Copyright Reuters
Le géant américain du private equity Carlyle s'introduira à la Bourse de New Yok le jeudi 3 mai 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le géant du private equity Carlyle devrait lever entre 700 et 800 millions de dollars, lors de son introduction en Bourse, demain. Une initiative à méditer pour les fonds de capital investissement à court de financement.

Le très select univers du private equity retient son souffle. C'est demain que le géant mondial du capital investissement Carlyle s'introduira à la Bourse de New York, via la mise sur le marché de 10% de son capital. Le prix auquel s'effectuera cette IPO (initial public offering), et qui doit être fixé aujourd'hui, sera compris entre 23 et 25 dollars par action, ce qui devrait permettre au fonds américain de lever entre 700 et 800 millions de dollars. Un montant à faire pâlir d'envie nombre de sociétés de capital investissement, en butte au tarissement de leurs sources de financement habituelles.

Les banques et les assureurs sont moins prodigues

En effet, en 2011, le private equity français a, pour la troisième année d'affilée, récolté moins de fonds (6,4 milliards d'euros) qu'il n'en a investi (9,7 milliards), selon l'Association française des investisseurs en capital (Afic). La conséquence des réglementations dites de Bâle III et de Solvabilité II, qui conduisent banques et assureurs - pourvoyeurs historiques du private equity - à réduire drastiquement leurs allocations au capital investissement. Le tableau n'est guère plus enchanteur à l'échelle mondiale, avec des levées de fonds en baisse de 6,6% l'an dernier, à 229,8 milliards de dollars, d'après le cabinet Ernst & Young. Là encore, en grande partie en raison de règlementations comme la "Volcker rule américaine", qui bride les investissements des banques dans le private equity.

Un élargissement de la base des investisseurs

"Une solution à la raréfaction des ressources du capital investissement réside peut-être dans la cotation en Bourse des sociétés de private equity", suggère Virginie Lazès, directrice associée de la banque Bryan, Garnier & Co. De fait, la mise sur le marché d'une société de private equity élargit la base de ses investisseurs. D'abord parce qu'elle lui donne accès aux particuliers, attirés par des tickets d'entrée bien inférieurs à ceux en vigueur lors des traditionnelles levées de fonds auprès des investisseurs institutionnels. Ensuite, parce que la société de private equity cotée est susceptible d'intéresser une catégorie de " zinzins" hostiles aux placements à long terme que représentent des investissements en direct dans des fonds de private equity non cotés, mais tout prêts à acheter des parts de fonds cotés en Bourse, beaucoup plus liquides.

Autre avantage de la cotation en Bourse, pour les fonds de capital investissement : cela leur permet de disposer d'argent frais rapidement alors qu'il faut parfois plusieurs mois pour lever un fonds classique, un laps de temps durant lesquels les gérants, qui enchaînent les "road shows" auprès des investisseurs institutionnels, ne peuvent se consacrer totalement à leur c?ur de métier, c'est-à-dire l'investissement dans des entreprises.

Des cours de Bourse en chute libre

Pour autant, la cotation en Bourse n'est pas une panacée pour les sociétés de capital investissement. En témoignent les cours des français Altamir-Amboise, Eurazeo et Wendel, en chute de 45%, 60% et 55%, au cours des cinq dernières années, dans le sillage de l'américain Blackstone (-58%). Le britannique 3i fait pire, avec une dégringolade de 83%, talonnant l'américain Fortress (-87%). La crise financière et la récession économique de 2008-2009 sont passées par là, avec leurs conséquences négatives sur la valorisation des portefeuilles de participations des fonds et une défiance accrue des investisseurs à l'égard des montages LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement).
 

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Commentaires
a écrit le 03/05/2012 à 15:34 :
Carlyle s'introduit en bourse mais supprime des emplois !
http://www.mesopinions.com/NON-aux-50-licenciements-a-Bruges--Gironde--petition-petitions-6223725c168cdf663c872e9ed8d55f35.html

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