Le capital-investissement français pousse un cri d'alarme

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L'Afic (Association française des investisseurs en capital) plaide pour l'orientation d'une partie de l'épargne française vers le capital-investissement. Copyright Reuters
L'Afic (Association française des investisseurs en capital) plaide pour l'orientation d'une partie de l'épargne française vers le capital-investissement. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
En 2011, le private equity français a de nouveau investi plus qu'il n'a récolté. L'Association française des investisseurs en capital (Afic) milite pour une réorientation de l'épargne des Français vers le capital-investissement et prépare un Livre blanc avec 10 propositions.

Le private equity français est en butte à un « assèchement de ses capitaux. » Tel a été le message lancé par l'Afic (Association française des investisseurs en capital) et par le cabinet Grant Thornton, mercredi, lors de la présentation du bilan 2011 du private equity français. L'an dernier, celui-ci a levé 6,4 milliards d'euros seulement auprès d'investisseurs, alors qu'il a investi 9,7 milliards dans des entreprises, grâce aux fonds levés en 2006-2007, les années d'euphorie du capital investissement. Pour la troisième année d'affilée, le private equity investit donc plus qu'il ne récolte, et cet écart ne cesse de se creuser.

Moins de 50% des fonds levés viennent d'investisseurs français

La faute, en grande partie, à Bâle 3 et à Solvabilité 2, les nouvelles réglementations en matière de fonds propres qui pèsent respectivement sur les banques et les assureurs, pourvoyeurs historiques du capital-investissement en France. Résultat, les investisseurs français ont apporté moins de la moitié des fonds levés par le private equity hexagonal, en 2011, le solde venant d'investisseurs étrangers tels que des caisses de retraite américaines et britanniques qui, elles, ne sont soumises ni à Bâle 3 ni à Solvabilité 2.

Près de 3 milliards levés par quatre fonds seulement

Mais les « zinzins » étrangers ne sont pas une panacée, « nombre de grands investisseurs institutionnels américains ne pouvant pas investir de petits tickets, ce qui laisse de côté beaucoup de fonds de private equity français », souligne Chloé Magnier, économiste en chef à l'Afic. De fait, sur les 6,4 milliards d'euros levés par le capital-investissement français, en 2011, près de 3 milliards ont été récoltés par quatre fonds seulement. A savoir Astorg, Qualium - le fonds de LBO (Leverage Buy-out : acquisition par endettement) de la Caisse des dépôts -, Chequers Capital et Argos, des acteurs suffisamment gros pour intéresser les grands investisseurs étrangers.

Le capital-risque au bord de l'asphyxie

S'il est un créneau du private equity qui souffre particulièrement, c'est le capital-risque, dédié au financement de toutes jeunes start-up innovantes. Sur la totalité des fonds levés l'an dernier par le capital-investissement, 7% seulement sont destinés au « venture. » « Nous poussons un cri d'alarme sur le capital-risque, qui est en réel danger d'asphyxie et s'effondre donc, lentement mais sûrement », alerte Hervé Schricke, président de l'Afic.

Des investissements dans 1.700 entreprises

Plus globalement, « si l'alimentation du capital-investissement demeure à des niveaux aussi bas, il ne pourra plus contribuer au financement de l'économie », prévient l'Afic. L'an dernier, le private equity a encore été en mesure d'investir pas loin de 10 milliards d'euros dans quelque 1.700 entreprises, essentiellement des PME françaises. Or ce sont les PME qui ont assuré 85% des créations nettes d'emplois dans l'Union européenne, entre 2002 et 2010, selon des chiffres publiés en janvier par la Commission européenne.

Réorienter l'épargne

L'enjeu que représente le tarissement des sources du private equity est donc de taille. Comment le résoudre ? Dans un Livre blanc à paraître dans quelques jours, l'Afic formulera dix propositions. Certaines concerneront « l'orientation de l'épargne des Français, l'une des plus élevées au monde », indique Hervé Schricke. L'Afic souhaite notamment qu'une part des 67 milliards d'euros de Livret A et de LDD (Livret de développement durable) non centralisés à la Caisse des dépôts soient mobilisés pour le capital-investissement.
 

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a écrit le 29/03/2012 à 15:18 :
Je suis un ancien chef d'entreprise et j'ai eu au capital des fonds spécialisés dans le capital risque. Ils ont investi des sommes qu'aucune banque classique n'aurait accepté de débourser. Ils ont été majoritaires (à plusieurs) et se sont conduits de façon très correcte (pas d'ingérence dans la direction notamment). Ils demandaient seulement un rapport périodique, et à être informés des décisions stratégiques. Il n'ont reçu aucun dividende, leur rémunération ne se faisant qu'à la sortie du capital, grâce à la plus-value attendue. Cette plus value n'était d'ailleurs pas gagnée d'avance, car ils ont eu à déplorer de nombreux échecs (au moins autant que de succès).
Si ces capitaux risqueurs n'avaient pas accepté de prende le risque que les banques refusaient, les entreprises que je dirigeais n'auraient pas survécu.
Alors, les dénigrements de ce blog sont déplacés.
Réponse de le 29/03/2012 à 15:55 :
Je ne vous crois pas, je n'ai jamais vu un seul fonds d'investissement ayant accès à des levées de capitaux significatives on va dire plus de 100 millions périodiquement, investir dans une boîte présentant des risques de solvabilité ou de vulnérabilité avérés. JAMAIS. Le capital risque ou Venture Capital c'est autre chose, d'abord on a en France un oligopole de fait entre deux ou trois fonds qui trustent quasiment la totalité du marché, deuxièmement ces fonds prennent des risques extrêmement calcués car ils savent que les boîtes crées par des scientifiques ayant racheté à bon compte des brevet publics, valent leur pesant de cacahuètes. Donc là également risque quasiment 0 et la culbute assurée, lorsque d'une façon ou d'une autre les boîtes seront vendues cher ou très cher à des grands labos ou introduites en bourse avec la pub et la présentation qu'il convient, mais si le titre ensuite a un parcours + ou - merdeux,le temps qu'un opportuniste, un nouveau fonds rachète et rebelote.
a écrit le 29/03/2012 à 12:14 :
Le cri d'alarme de mon c...l'investissement des fonds c'est la martingale, ils sélectionnent à mort les dossiers, et reniflent (mais c'est c'est un jeu d'enfant quand on connait un peu? c'est plus simple que les jeux de société et bien plus simple qu'une partie d'échec) et bingo. Exemple Facebook, le truc à la noix mais il y a tellement de zombies que ça marche. Valorisation en Bourse 105 milliards en tout cas c'est dans le projet actuel, investissement du fonds A.... machin, à peine 13 millions de dollars, à peine quelques années plus tard leur participation vaut 10 milliards. Primo le cas de Facebook est révélateur de l'apport en valeur ajoutée 0 des fonds d'investissement Secondo. c'est la preuve que la bourse est la deuxième jambe d'un truc qui ne veut plus rien dire - c'est à dire la Finance. Et troisièmement que nos entreprises sont la cible de ce genre de boîte et de financiers prêts à les bouffer en payant avec du fric qu'elles ont drainé ou reçu dans des proportions inimaginables et surréalistes qui ne leur coute pas un radis, c'est de la monnaie de singe.

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