Les déclarations sur l'union bancaire européenne se mutliplient, il n' y a plus qu'à...

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Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi est favorable à une union bancaire.Copyright Reuters
Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi est favorable à une union bancaire.Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que l'Espagne s'enfonce dans une crise bancaire, plusieurs autorités ont appelés cette semaine à la création d'une "union bancaire" de la zone euro qui pourrait prendre la forme d'une régulation centralisée du système bancaire et d'une garantie des dépôts.

Après la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI se sont prononcés en faveur des principes d'une future " union bancaire " dans la zone euro.

Dans un discours prononcé à Bruxelles à l'occasion du Brussels Economic Forum, Nemat Shafik, directrice générale adjointe de cette institution, a estimé qu'il fallait faire "des avancées décisives en direction d'une intégration financière plus complète". "Cela impliquerait de fournir le plus tôt possible aux banques un soutien passant par une mutualisation des ressources, qui ne provienne pas des Etats", a dit Mme Shafik.


"Pour s'assurer que les banques bénéficiant d'un soutien au niveau européen soient correctement restructurées et supervisées, elles devraient progressivement être soumises à une régulation et une supervision centralisées, à travers une autorité commune de règlement des crises bancaires , avec un filet de sécurité commun et un fonds commun de garantie des dépôts", a-t-elle dit.

La Commission européenne et la Banque centrale européennes soutiennent l'idée d'une union bancaire

Ces propositions rejoignent celles que la Commission européenne a présentées mercredi 29 mai dans ses recommandations pour la zone euro.
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, s'est lui aussi prononcé le lendemain pour une " union bancaire " qui se traduirait, selon lui, par une supervision centralisée de certaines banques, en particulier celles qui présentent des risques systémiques pour la zone euro, et une garantie des actifs déposés auprès des banques de la région.


Mario Draghi était auditionné ce 30 mai par les députés européens en sa qualité de président du nouveau Comité européen du risque systémique (CERS), alors que les inquiétudes croissantes concernant l'Espagne, qui doit faire face aux besoins de recapitalisation de ses banques, accentuent les tensions sur les dettes souveraines de la zone euro et nourrissent les craintes d'un renflouement de Madrid.


Les déclarations de Mario Draghi ont trouvé un écho à Rome, où le gouverneur de la Banque centrale italienne a estimé qu'un engagement clair en faveur d'une forme d' union politique était le seul moyen de sortir de la crise. "Les investisseurs internationaux doutent de plus en plus fortement de la cohésion des gouvernements dans la conduite de la réforme de la gouvernance européenne et même de leur capacité à assurer la survie de la monnaie unique", a déclaré Ignazio Visco à l'assemblée annuelle de la Banque d'Italie.


Une supervision centralisée et un mécanisme de garantie des dépôts

Toute union bancaire en zone euro devra faire l'objet d'une supervision centralisée et comprendre un mécanisme d'assurance des dépôts ainsi qu'un fonds de résolution, a estimé de son côté Mario Draghi. "La crise financière a accentué l'aversion au risque de façon dramatique", a-t-il déclaré. "J'appelle tous les gouvernements à avoir cela en tête, parce qu'il est préférable de pécher par excès au tout début que de pécher par défaut. En matière de recapitalisation des banques, d'évaluation des besoins des banques, il vaut mieux pécher par excès."


Interrogé sur la possibilité de retraits massifs, Mario Draghi a déclaré : "Nous éviterons des 'bank runs' sur les banques solvables." et d'ajouter: "l'argent des déposants sera protégé si nous bâtissons ce fonds européen de garantie des dépôts. Cela assurera que les déposants sont protégés", a-t-il dit.

La question de l'union bancaire sera examiné en juin par les dirigeants européens

La Commission européenne avait  plaidé le jour d'avant pour la création d'une union bancaire dans la zone euro et pour la recapitalisation directe des banques en difficulté par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Le président de la Commission, José Manuel Barroso, avait  fait savoir que la question d'une union bancaire serait discutée par les responsables de l'UE en juin.


Sur ce sujet, la chancelière allemande Angela Merkel a assuré qu'il n'y avait "aucun tabou" dans les discussions entre dirigeants européens. "Il y a des étapes de l'intégration qui nécessiteront des modifications du traité. On n'en est pas là mais il n'y a aucun tabou", a-t-elle déclaré Angela Merkel, qui a répété que les Etats devraient accepter de déléguer davantage de pouvoirs à la Commission européenne.

Les Etats membres avaient pourtant rejeté à l'unanimité l'idée d'un fonds commun de garantie il y a quelques mois mais José Manuel Barroso a assuré que la donne avait changé depuis.

Cet unanimité de façade en faveur de cette "union bancaire" ne doit pas conduire à sous-estimer la difficulté de créer un tel dispositif  qui suppose une intégration financière beaucoup plus forte qu'actuellement. L'union bancaire ne semble donc pas réaliste à court terme comme l'a d'ailleurs reconnu Angela Merkel : "on n'en est pas là".
 

 

 



 

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a écrit le 03/06/2012 à 23:36 :
Ce nouveau machin administratif ne doit en AUCUN CAS être l'occasion de faire payer à nouveau les contribuables et les états pour sauver des banques en faillite. Si une telle "Union bancaire" voit le jour, elle doit être financée uniquement par les autres banques, comme la FDIC aux USA, et surtout pas par le public. Il faut que les dirigeants soient pleinement conscients que la population ne supporte plus le "pile je gagne face tu perds" traditionnels des banquiers et financiers qui se gavent de bonus quand tout va bien et font payer les pertes par les autres quand cela va mal.
a écrit le 03/06/2012 à 1:03 :
Mais qu'est-ce qu'on en a affaire de l'opinion de Draghi? Il n'est pas patron de la Banque Centrale? Depuis quand il est dans son mandat de prendre des positions politiques? Non mais ça commence à bien faire! Depuis quand L'UE est-elle dirigée par des personnes non élues? Que font nos politiques?
a écrit le 02/06/2012 à 13:57 :
Ce serait une belle ironie de l'histoire de voir les banques Européennes faire preuve de solidarité (entre elles seulement il ne faut pas pousser le bouchon ...) avant les peuples Européens !
Réponse de le 02/06/2012 à 17:26 :
Les banques menacées pourraient en effet s entre aider !!
Les banquiers sont pragmatiques, ils ne font pas de politique pour etre elus !
Leur interet est l argent, si s associer leur permet de survivre et de faire de l argent, alors il feront des partenariats !!!!
a écrit le 02/06/2012 à 11:06 :
Cette crise de la zone euro nous montre que le principe d'union monétaire sans union politique et économique ne fonctionne pas! Après 10 ans d'union monétaire, cette crise qui dure depuis presque 3 ans nous conduit à une impasse. soit, nous ne faisons rien et nous décidons de revenir à nos anciennes monnaies avec les conséquences désatreuses sur nos économies ( perte de pouvoir d'achat, explosion des déficits, dettes, chomage, etc...) et bien entendu la fin de l'UE. soit, nous acceptons enfin le saut fédéral inhérent à l'Union monétaire. ceux qui souhaitent la fin de la zone euro sont soit totalement ignorants et incultes, soit des anti-européens coupables car faire croire que l'EU et la France survivraient à un éclatement de la zone euro sont franchement criminels. L'EU n'est pas parfaite, mais c'est de notre faute, non pas de l'euro. si les billest de banque sont môches, c'est de notre faute. A force de vouloir rendre l'euro aussi indolore et aussi trans-national que possible en refusant la moindre allusion à nos illustres européens, nous n'avons que ce que nous méritons. si le 17juin, la Grèce vote pour la sortie de la zone et si les européens NE font riena lors pour sauver ce qui peut encore être sauvé, eh bien, c'est la fin de l'UE et toutes les belles paroles ne feront rien. Une union monétaire sans union politique, cela ne fonctionne pas, la preuve. si nous voulons garder notre monnaie, nous devons en accepter les règles. discipline certes, mais aussi transferts et union fédérale. sinon, nous reviendrons vite à l'EU d'avant Delors....dévaluations, compétitions féroces, fin de l'EU telel que nous la vivons. Et ceux qui disent que la France s'en sortira mieux.....je ne parirai pas un cent là dessus. La France avance quand elle est contrainte....si elle se retrouve seule en Europe, elle aura perdu et nous serons tous perdants. Alors, de l'audace....et cessons de colmater le bateau qui prend l'eau. Une révision totale s'impose !
Réponse de le 02/06/2012 à 12:17 :
Il y a quarante ans, nous avions une monnaie nationale, pas de dette, une industrie brillante dont on disait qu'elle était proche de rattraper les USA, pas de chômage, un fort pouvoir d'achat, la paix et un avenir. Et, une fois de plus, vous agitez l'épouvantail à idiots pour rameuter à votre utopie absurdes les ignares. C'est pitoyable ! Quand tous les peuples européens seront à genoux, que la démocratie sera morte et que des guerres éclateront, vous serez encore là à nous dire que c'est par manque d'union. Votre démarche est pratiquement criminelle pour nos enfants.
Réponse de le 02/06/2012 à 13:39 :
La seule révision totale qui s'impose, c'est celle de votre cerveau trop formaté par la propagande européiste. A ce stade, il ne reste qu'une solution : un reset !!!!
Réponse de le 02/06/2012 à 15:47 :
Je reconnais bien là votre attitude stalinienne qui vise à supprimer les opposants. Le masque est tombé. Tout à fait dans la droite lignée de ce que je dénonce depuis des années. Aucune surprise finalement mais 100 millions de morts dus au communisme ne suffiront jamais aux illuminés pour reproduire des schémas d'extermination. A quand le petit livre bleu avec les étoiles européennes que vous brandirez face aux bûchers des hérétiques de ma sorte ?
Réponse de le 03/06/2012 à 0:57 :
@ Bastien : il y 40 ans certes, mais juste après il y a eu augmentation des dettes avec les crises du pétrole, dévaluations, contrôle des changes, chômage etc. Eurofederal a raison, ce n'est pas l'Union européenne ou l'euro qui posent problème, c'est de n'avoir pas avancé assez vite vers l'Europe fédérale. Votre rapprochement avec le soviétisme est hors sujet. Les partis politiques dits "nationalistes" populistes qui veulent la sortie de l'euro et de l'Europe ne prêchent que pour leur propre pouvoir et sont souvent des dynasties (exemple famille le Pen) qui une fois au pouvoir servent surtout leurs intérêts plus que d'autres et sont plus difficiles à mettre dehors. Il n'y a aucun intérêt à démanteler l'Europe et à revenir aux guerres perpétuelles liées aux compétitions et intrigues du passé entre les pays.
a écrit le 02/06/2012 à 11:03 :
si j'ai bien compris ... "des voeux pieux ! "
Réponse de le 02/06/2012 à 17:23 :
tres certainement !
Car en fin de compte, la question finale reste la meme, qui va payer ???
a écrit le 02/06/2012 à 10:51 :
Nos dirigeants européens ont mis la charrue avant les b?ufs ... il fallait d'abord une Europe politique .. avant l'euro !
Réponse de le 02/06/2012 à 17:21 :
Oui, oui, mais, l europe politique, celle qui implique de tres gros transfert de pouvoir vers l europe, celle qui reduit les presidents des etats menbres a etre executant, les citoyens n en voulaient pas, et aujourd hui encore, en veulent ils ?????
Réponse de le 02/06/2012 à 18:13 :
gg ... il faut se débarrasser des morpions de la politique !
a écrit le 02/06/2012 à 9:18 :
"une forme d' union politique" Une Europe politique, vaut mieux tard qu jamais!
a écrit le 01/06/2012 à 23:31 :
Avec les pouvoirs exhorbitants du MES, nos amis européistes qui sont avant tout des étatistes et des collectivistes (il suffit de voir leurs parcours) aidés en cela par ceux qui bénéficient le plus de la concentration des pouvoirs (entendre les faux capitalistes de connivence qui ne vivent que par l'abondance de législation protégant leurs monopoles de fait, la manne financière des états les sauvant de la faillite et l'absence de poursuites judiciaires pour leurs forfaits).
a écrit le 01/06/2012 à 21:57 :
Un pas de plus vers la tyrannie, parfaitement orchestrée par Goldman Sachs qui a placé ses pions aux postes stratégiques. L'esclavage 2012 !
Réponse de le 02/06/2012 à 1:33 :
lol
Réponse de le 03/06/2012 à 1:01 :
Bastien c'est pauvre ce raccourci avec Goldman Sachs.
a écrit le 01/06/2012 à 20:38 :
A défaut d'union des peuples... Les banques, elles, ont le pouvoir.
Réponse de le 02/06/2012 à 10:06 :
l'europe est un projet de banquier, fait par des banquiers pour des banquiers.
Réponse de le 02/06/2012 à 10:54 :
Plutôt les banksters !

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