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Les salariés français de Dexia s'impatientent

Mathias Thépot

Publié le 18 septembre 2012 à 16:14

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Ils attendent le déclenchement d'un plan de départs volontaires. Mais celui-ci dépend en partie de l'aval de la Commission européenne sur le plan de démantèlement proposé par la direction de Dexia.

Voilà presque un an que le démantèlement de la banque franco-belge Dexia a été acté, un an que les 1 350 salariés de Dexia Crédit Local en France sont dans l'expectative. Beaucoup sont résignés sur leur sort et attendent le verdict final. Les commerciaux en particulier, qui sont au chômage technique depuis que la banque ne peut plus distribuer de nouveaux prêts aux collectivités locales. Les salariés de l'entité française font donc pression sur la direction pour qu'un plan de départs volontaires soit engagé le plus rapidement possible. La situation semble même urgente. "Certains commencent à avoir des soucis en terme de risques psychosociaux", s'inquiète une source syndicale.

Pas de plan de départs sans accord de la Commission européenne ?

Problème : tant que la Commission européenne n'a pas donné son accord sur le plan de démantèlement de Dexia et notamment sur le montage de la nouvelle banque des collectivités locales, il sera difficile d'enclencher le plan social. Un refus de Bruxelles remettant tout en question.  Malheureusement pour les salariés, la décision de la Commission se fait attendre, elle risque de n'être connue qu'à la fin janvier 2013.
Pour accélérer les choses, certains syndicats proposent d'enclencher un plan de départs volontaires pour un certain nombre de postes clairement menacés quelque soit la décision de Bruxelles. Le nouveau président directeur général de Dexia, Karel de Boeck, qui a rencontré les syndicats il y a huit jours, ne semble d'ailleurs pas opposé à cette option.

Plusieurs options pour les salariés de Dexia Crédit Local

Les salariés de Dexia concernés s'en satisferaient. Mais pour les autres, l'avenir est encore très vague. Plusieurs possibilités s'offrent à eux. "Certains attendent le plan , d'autres démissionnent, même si il n'y a pas plus de démissions qu'avant, d'autres lorgnent une place à la Banque Postale - qui détiendra majoritairement la nouvelle banque des collectivités locales -, et plusieurs espèrent avoir une place dans l'entité résiduelle Dexia Crédit Local ou dans le nouvel établissement de crédit (NEC)", indique une source syndicale. Ce NEC possédera 100% de Dexia Municipal Agency (Dexma), le véhicule qui ira chercher l'argent sur les marchés pour financer les activités de la nouvelle banque des collectivités.

La Banque Postale a déjà recruté plus d'une dizaine de personnes

La Banque Postale a en tout cas déjà commencé son marché chez Dexia car elle accorde des crédits court terme aux collectivités locales depuis la fin juin. Elle n'avait en effet pas les compétences pour exercer ce métier. "Quand nous ne savons pas faire, nous attirons des compétences extérieures", indiquait récemment Philippe Wahl, président du directoire de la Banque Postale. Il estime que les gens de Dexia sont "des grands professionnels, qui auront leur place dans la nouvelle organisation", sans pour autant divulguer le nombre de salariés qui seraient potentiellement repris.
La Banque Postale a ainsi déjà opéré deux vagues de recrutements. Pour l'instant, entre 10 et 15 salariés de Dexia ont été embauchés. Elle devrait déclencher une troisième vague de 80 postes lors du dernier trimestre 2012, cette fois ci pour l'activité de crédits long terme au secteur public local. Les candidatures des salariés de Dexia seront étudiées en priorité. Mais rien ne leur a été garanti en terme d'embauche.

L'entité résiduelle sera-t-elle viable économiquement ?

Les salariés sont également intéressés au sort qui sera réservé à l'entité résiduelle Dexia Crédit Local. Elle est supposée accueillir les encours de prêts toxiques aux collectivités locales, aujourd'hui logés en grande majorité dans le véhicule de refinancement Dexma (9,6 milliards d'euros), comme l'exige visiblement la Commission européenne, qui veut "isoler l'encours sensible du non sensible", indique une source interne de la banque. On ne sait pas pour l'instant comment le rapatriement vers DCL s'effectuera. D'un point de vue opérationnel, les salariés s'interrogent également sur la faisabilité de la désensibilisation des prêts. Car pour les "désintoxiquer", il faudra forcément injecter des flux nouveaux. Ce qui veut dire que l'entité résiduelle devra aller chercher des financements sur les marchés. Du coup, la question de sa notation va se poser si elle veut y accéder à des conditions décentes.

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Tous ces sujets devront être étudiés par la nouvelle direction de la banque,qui devra remettre un nouveau plan global de résolution à la Commission européenne fin octobre. Son verdict est attendu pour fin janvier.  En attendant, la banque franco-belge a demandé une extension de quatre mois des garanties publiques temporaires s'élevant à 55 milliards d'euros, et dont Dexia bénéficiait jusqu'ici. Elles arrivent à expiration le 30 septembre prochain et permettent à la banque de se refinancer sur les marchés. La Commission européenne devrait accéder à cette requête dans les prochains jours.

Mathias Thépot

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