Emplois, salaires : l'intersyndicale de Société Générale monte de nouveau au créneau

Le climat social se crispe encore cette année à la Société générale, en période de négociations annuelles obligatoires. Pour la deuxième année consécutive, la banque propose une augmentation collective nulle. Les réductions d'effectifs pèsent aussi sur les conditions de travail.

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Le climat social ne s'annonce pas meilleur que l'an dernier dans le secteur bancaire. En période de négociations annuelles obligatoires (NAO) de salaires pour 2013, l'intersyndicale de Société Générale (CFDT, CFTC, CGT, FO, SNB CFE-CGC) fait cette année encore savoir son mécontentement et annonce une journée de grève pour le 8 janvier prochain.
L'an dernier, la direction avait déjà proposé une augmentation collective nulle, justifiée par une non distribution de dividendes et un contexte difficile. La même proposition a été faite cette année, et les augmentations individuelles devraient être revues à la baisse.
Or Frédéric Oudéa, PDG du groupe bancaire, a confirmé qu'un dividende serait bien versé cette année. « Si l'entreprise peut verser des dividendes, les salariés doivent en tirer profit », affirme Alain Treviglio de la CFDT.
BNP Paribas a quant à elle déjà bouclé ses NAO et décidé d'une augmentation collective de 0.5% versée en 2013, avec un plancher de 220 euros. Une prime de "complément exceptionnel d'intéressement" de 730 euros bruts sera versée fin décembre. Et une enveloppe dédiée à l'égalité professionnelle a été dotée d'un million d'euros.

Des négociations à marche forcée

Les salaires ne sont pas la seule inquiétude des syndicats de la banque au logo rouge et noir. Dans un communiqué commun, les syndicats estiment que "Les négociations engagées à marche forcée jusqu'à mi-janvier ont pour objectif officiel "d'anticiper les transformations nécessaires en 2013", formule politiquement correcte pour désigner la gestion des suppressions d'emplois à venir dans les services centraux et le réseau".
Alors que les syndicats en demandent l'examen depuis un an, ils s'inquiètent en effet de l'empressement de la direction à vouloir engager une GPEC (gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences), appelée en interne "accompagnement des évolutions de l'emploi". Selon Alain Treviglio, "la direction a besoin d'outils pour mener d'autres restructurations".
Parmi elles, la direction devrait annoncer la fermeture de plusieurs dizaines de guichets lors de la présentation prochaine de son nouveau dispositif de maillage du territoire.
"En 2013, il faudra compter sur les nombreux postes supprimés dans les pôles de services clients et les back-office du réseau. Sans compter sur les fermetures d'agences et le non renouvellement de certains départs en retraite", ajoute Michel Marchet de la CGT.

Un climat social déjà tendu en 2011

En 2011 (pour les salaires versés en 2012), à défaut d'augmentation collective, la direction de Société Générale avait néanmoins proposé une prime collective de 400 euros, correspondant à une enveloppe totale de 2.16 millions d'euros. BNP Paribas avait revalorisé les salaires de 0.6%, Crédit Mutuel de 1.2%. LCL avait quant à lui proposé des hausses de salaires individuelles correspondant à 1.7% de la masse salariale.
Fin 2011, les salariés de Société Générale avaient débrayé quelques heures. Ceux de Crédit Mutuel en Bretagne avaient, eux, poursuivi un mouvement de grève pendant onze jours pour protester contre les revalorisations de salaires.
 

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Commentaires 8
à écrit le 22/11/2012 à 16:20
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ne pas melanger les hauts dirigeants des bqes, les tradeurs et les employes en agence qui ne sont que des ouvriers de la bqe.

le 23/11/2012 à 16:00
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Tout à fait ! Des "bac + 2 ou 3" qui arrivent tout juste à 1700-1800 ? nets en moyenne / mois et ce, toutes primes (commerciales, 13ème mois ou autre compris)... Il ne faut surtout pas se tromper de combat... !

à écrit le 22/11/2012 à 9:04
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Les banques avec leurs accords anti-concurrentielles sur le marché français et leurs méthodes de vente de voyou envers leurs clients ne valent pas mieux que la fonction publique et certains monopoles. Il était temps que les banques se fassent bouger ...

à écrit le 21/11/2012 à 19:20
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Si au lieu de payer leur mille feuille de head of a plus de 100k et qui ne servent a rien, ils embauchaient 50% de leurs stagiaires/CDD/alternance ca serait deja un bon debut...Et c'est valable pour toutes les banques FR.

le 22/11/2012 à 9:08
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Bien dit, on voit le connaisseur des open spaces de la Défense ou d'ailleurs...

à écrit le 21/11/2012 à 18:48
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Bizarrement, avec des guillemets partout Je remarque aucun commentaire de soutien comme pour les employés psa ou fralib ou autre Les employés. De banque tout le monde s en fout on dirait bien

le 22/11/2012 à 9:11
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Il faut très objectivement avouer que la découverte de la convention des salarié du secteur bancaires et les avantages négociés en sus de longue date de la part des syndicats, ferait frémir plus d'un salarié lambda. Donc, l'absence de soutien vaut mi...

le 22/11/2012 à 21:23
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Et c'est quoi donc ces avantages négociés qui font fremir les autres salariés ? juste pour savoir...

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