L'ambitieux objectif de la Macif : 7 milliards de chiffre d'affaires en 2015

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Au 32e jour de course, François Gabart, sur Macif, est en tête du Vendée Globe, la course autour du monde à la voile en solitaire et sans escale / MACIF
Au 32e jour de course, François Gabart, sur Macif, est en tête du Vendée Globe, la course autour du monde à la voile en solitaire et sans escale / MACIF
La Mutuelle niortaise veut augmenter son chiffre d'affaires d'un quart et mutliplier par deux son bénéfice en 2015. La croissance interne comme externe viendra sutout de la prévoyance et de la santé. Pour 2013, l'assureur mutualiste a prévu une hausse des tarifs de 1,9% en complémentaire santé jusqu'à 4,8% en assurance habitation.

Le plan stratégique à trois ans du groupe Macif peut se résumer en quatre chiffres. La mutuelle d'assurance niortaise veut atteindre 7 milliards de chiffres d'affaires en 2015 contre 5,67 milliards en 2011, soit une progression de près d'un quart. Elle veut également doubler son résultat net à 130 millions d'euros contre 60 millions l'an dernier. La Macif projette de descendre son ratio combiné (les sinistres et les charges rapportés aux primes encaissées) à l'équilibre, soit 100%, au lieu d'un ratio de 103% actuellement qui traduit un déficit technique. Enfin, le groupe mutualiste veut remonter sa marge de solvabilité à 150% d'ici à trois ans contre 130% actuellement.

D'ou viendra le chiffre d'affaires de 1,4 milliard supplémentaire ?

Pour atteindre son objectif de 7 milliards de chiffres d'affaires dans trois ans (contre 5,6 milliards en 2011), la Macif veut non seulement vendre davantage à ses clients actuels mais aussi faire de la "croissance externe", selon les propos de son directeur général Jean-Marc Raby.

Sur ce chiffre d'affaires visé de 7 milliards, 1 milliard devra venir en 2015 de l'assurance santé (contre 600 millions aujourd'hui) dont 200 à 300 millions issus des mutuelles santé extérieures qui rejoindront le groupe Macif. Il ne s'agira pas de fusion-absorption à la manière capitaliste mais d'un "adossement" à la manière mutualiste. Concrètement, la Macif espère accueillir des mutuelles santé au sein de sa société de groupe d'assurance mutuelle (SGAM), une structure qui permet à des mutuelles de mettre des moyens en commun et de créer une solidarité financière tout en préservant leur identité et leur autonomie politique. En 2012, la Sgam Macif a déjà accepté l'entrée de la mutuelle d'entreprise d'IBM. Jean-Marc Raby indique que d'autres mutuelles d'entreprises sont déjà candidates et il n'exclut pas l'entrée de mutuelles interprofessionnelles ou régionales.

Mais le potentiel de croissance le plus important reste interne. Actuellement, le nombre moyen de contrats détenus par les 4,8 millions de sociétaires s'élève à 2,7. La Macif espère les porter à trois ou quatre contrats par sociétaire d'ici à 3 ans. La marge de progression se situe surtout en assurance vie puisque seulement 15% des sociétaires possèdent un contrat de ce type. Et plus encore en assurance santé, puisque seulement 10% des sociétaires en détiennent. Jean-Marc Raby estime que cette proportion peut "très certainement" passer à 12% d'ici fin 2015. L'ambition reste plus modérée en assurance vie compte tenu de la baisse des taux de rendement qui la rendent moins attractive, le mutualiste espère donc jouer sur la complémentarité en épargne de ses produits bancaires. L'activité bancaire de la Macif, véritablement lancée il y a un an, compte déjà 30.000 comptes actifs avec un encours moyen supérieur à attendu de 2300 euros.

Le groupe Macif mise aussi sur le développement de ses partenariats en particulier en assurance collectives de personnes avec le groupe AG2R la Mondiale avec lequel 10 millions d'euros de chiffre d'affaires ont déjà éé réalisé après une petite année d'exercice. Macif developpe également un portefeuille en bancassurance grâce à son partenariat avec le groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne). Quant au partenariat avec Sferen, la société de groupe d'assurance mutuelle constituée avec la Maif et la Matmut, il porte moins sur le développement commercial que sur la réduction des coûts avec la mise en commun des achats, de la réassurance et en 2013 d'un réseau de réparateur automobile.

Prudemment, peut-être échaudé par les déconvenues de certains mutualistes en la matière, la Macif ne parie pas sur l'international pour doper son chiffre d'affaires. Ses activités à l'étranger ne représentent actuellement que 1% de son activité essentiellement au Portugal où les pertes sont en cours de résorption et devraient être limitées à -3 millions d'euros en 2012 (après -18 millions en 2011) et en Algérie où la société créée en partenariat local démarre avec 10 millions d'euros de chiffre d'affaires prévus cette année.

Comment doubler le résultat net ?

Pour quasiment doubler son résultat net d'ici à 2015 à 130 millions d'euros (contre 60 millions en 2011), "cela suppose un pilotage technique renforcé et une optimisation des ressources c'est-à-dire l'industrialisation de nos processus", explique Jean-Marc Raby. Si le principe de l'organisation en régions ne sera pas remis en question, en revanche, les méthodes seront standardisées et les centres de gestion optimisés. "Nous devons avoir le bénéfice de la taille du groupe sans forcément être centralisé", souligne le directeur général.  Et les frais de gestion ne devront "pas évoluer plus vite que le chiffre d'affaires", ajoute Jean-Marc Raby, sachant qu'il s'établissent actuellement à un ratio de 27%. Les mises en commun de moyens par l'intermédiaire de partenariats (au sein de Sferen, avec BPCE ou au sein de la SGAM Macif en assurance santé) contribuent aussi à atteindre la taille critique dans certaines activités de production ou de gestion et donc à réduire les frais.

Le groupe devrait "tendanciellement continuer à augmenter ses effectifs" mais à la faveur des départs à la retraite, les nouveaux recrutements seront concentrés sur les fonctions commerciales et de relation avec les clients.

Le foyer de pertes que représentait la filiale Macifilia est en cours de résolution. Après avoir perdu 110 millions en 2011, l'ardoise devrait être réduite à une perte de 40 millions d'euros en 2012 et disparaître en 2013. Les 250 salariés de la société, dont le portefeuille est en voie d'extinction, ont déjà été transférés vers d'autres entités du groupe.

Comment rétablir l'équiilibre technique ?

Par ailleurs, la Macif mise sur le rétablissement de l'équilibre technique en assurance dommages c'est-à-dire que le rapport (ratio combiné) entre les sinistres payés et les charges de gestion d'un côté et les cotisations encaissés de l'autre, soit équivalent à 100, alors qu'actuellement les sinistres et les charges pèsent plus lourd et portent le ratio combiné à 103%.

Pour ce faire, la mutuelle niortaise prévoit notamment des hausses de tarifs en 2013: +2,4% en moyenne pour les contrats en assurance automobile mais les deux tiers du portefeuille ont un bonus maximum et bénéficient d'une réduction supplémentaire spéciale "bons conducteurs", indique Jean-Marc Raby si bien que pour eux la hausse ne sera que de +0,7% en moyenne. La hausse du coût moyen des sinistres corporels, la poursuite de l'augmentation des vols expliquent principalement ces majorations.

En assurance habitation, la hausse des prix sera plus forte à 4,8% en moyenne en raison des évènements climatiques de moyenne importance qui se sont produits au cours de l'année (gel, inondations, etc). Mais en assurance complémentaire santé "nous serons en deçà de l'évolution des dépenses" avec +1,9% de hausse précise le directeur général ajoutant que la mutuelle souhaitait porter l'effort sur la santé "de manière à marquer notre manière de voir l'assurance", en cette période de crise économique.

Quelle sera la source de renforcement des fonds propres ?

Pour faire passer la marge de solvabilité de 130% à 150%, "les produits financiers seront destinés à alimenter les fonds propres", précise le directeur général du groupe Macif. Sur les 25 milliards d'actifs gérés, 18 milliards relèvent de l'assurance vie, "les placements des 7 milliards restants viennent alimenter les résultats de la mutuelle", explique Jean-Marc Raby. Ils servaient aussi ces dernières années à compenser un résultat technique déficitaire (ratio combiné supérieur à 100%). Mais cette situation est appelée à changer "il faut que le résultat technique soit plus équilibré", insiste Jean-Marc Raby. L'objectif de ce nouveau plan triennal d'entreprise est finalement de "trouver le juste équilibre entre la pérennité économique et stratégique", la priorité du groupe restant de "préserver les principes mutualistes".

 

Deux nouveaux directeurs généraux délégués

Pour accompagner le plan stratégique de la Macif, deux directeurs généraux délégués prendront leurs fonctions au 1er janvier 2013. Catherine Touvrey, sera DGD chargée du développement des métiers (dommages, santé- prévoyance, épargne) mais conservera ses fonctions actuelles de directrice générale de Macif Mutualité. Et François Couliou, sera DGD chargé de la performance opérationnelle tout en conservant son poste de directeur général de la région Val de Seine Picardie.

 

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a écrit le 30/01/2013 à 13:33 :
Je suis sidéré : je viens de recevoir mon avis d'échéance pour l'assurance Auto ID Macif
> 35% d'augmentation en 2 ans !
35% D'AUGMENTATION EN 2 ANS !
Aucun sinistre, pas de déménagement, toujours la même voiture...
Contrat strictement identique et inchangé.

Grrr... j'ai vraiment l'impression d'être pris pour un con, surtout quand je vois cet article.
Alors oui, idem JLM : la résiliation est en cours
a écrit le 17/12/2012 à 10:39 :
Ambitieux objectif : avec l'aide de sa filiale Idmacif ? Je viens de recevoir l'échéancier
2013 :+18% de hausse en complémentaire santé sans aucune explication. Résultat : je viens de résilier mon contrat.
a écrit le 13/12/2012 à 11:29 :
Il y en a qui jettent l'argent par la fenêtre , d'autres dans la mer ce qui revient grosso bato au même!
a écrit le 13/12/2012 à 10:49 :
Je suis sociétaire Macif depuis plus de 30 ans maintenant et je dois avouer que je n'ai jamais vu de ristourne ou de baisse de cotisation. Mais peut être s'agit il de la prime "bon conducteur" que j'ai pour mon véhicule (je suis au maximum des 2 bonus) Il est dommage qu'il n'existe pas ce même type de bonus pour l'habitation, car effectivement sans dommage plus + de 30 ans, mes cotisations ne cessent d'augmenter et 4.8 % pour l'année prochaine, cela a du mal à passer : effectivement je vais peut être commencé à aller prospecter vers une autre mutuelle....Même s'il est vrai que le but de la mutuelle, c'est la solidarité entre sociétaires, mais après 30 ans j'ai l'impression d'être considéré comme un "gogo"....
a écrit le 12/12/2012 à 22:42 :
"doubler son résultat net" ,"augmenter la marge de solvabilité", "augmenter le nombre moyen de contrats détenus par sociétaire". Franchement, parle t'on encore d'une mutuelle à ce niveau là ?
Réponse de le 13/12/2012 à 9:00 :
foxy réponse à votre interrogation : Oui. Les assurés d'une mutuelle sont des sociétaires ce qui signifie qu'ils ont des parts sociales alors que dans une compagnie d'assurance ce sont des clients !!! Quant à la marge de solvabilité c'est sa capacité à payer les sinistres et pour finir le résultat net est redistribué aux sociétaires sous forme de ristourne ou baisse de cotisation .Si la Macif ne s'adapte pas au marché ses sociétaires partiront vers .....d'autres mutuelles plus attractives à leur yeux !!!!! ( maif,maaf,gmf etc...)
a écrit le 12/12/2012 à 21:46 :
comme il faut bien trouver ou augmenter les cotisations l automobile continue d être la vache a lait des mutuelles .le déclin des morts et blesses ne sert a rien puisqu ils s en servent pas et on remet une petite couche d augmentation pour attirer le chaland sur la partie mutuelle de santé qui va etre mis en avant .
mutualiste reste un grand mot mais le financier est juste derrière en embuscade .mais jusqu a quand ?
Réponse de le 13/12/2012 à 14:34 :
augmentation de la cotisation auto n'est pas basé que sur les blessés ou morts ! les accidents, carambolages... y sont pour beaucoup. De plus la hausse du prix des pièces et autres "forfaits" atelier, les équipements électroniques très coûteux qui envahissent nos automobiles font également grimper la facture des assureurs.

Vous le remarquerez sûrement, les constructeurs se "sucre" sur les réparations et pièces détachés, les expert en assurance font les mesquins pour vous indemnisés (de mèche avec les assureurs) et finalement nous sommes "la vache à lait" !

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