Sferen : le grand groupe mutualiste avance à tout petits pas

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(Crédits : Gilles Cohen)
Ce n'est que début 2013 que le réseau de réparateurs auto commun aux trois assureurs mutualistes Macif, Maif, Matmut réunis au sein du groupe Sferen depuis 2009 commencera à fonctionner, soit quatre ans après la création de leur structure commune.

Annoncée en grande pompe, la création de Sferen avait fait sensation. Sous ce nom, les grandes mutuelles d'assurance Macif, Maif et Matmut avaient choisi en 2009 de se regrouper pour former une société de groupe mutualiste (Sgam) représentant environ un quart du marché automobile de particuliers.

4 ans après sa création, Sferen ne fait plus peur aux concurrents

Mais quatre ans après sa création, ce qui devait être un grand groupe mutualiste ne fait plus peur aux concurrents. Les réalisations sont bien maigres par rapport aux ambitions. Des sept chantiers annoncés à l'origine, seuls la  mise en commun partiel des achats hors assurance (informatiques, espaces publicitaires, etc)  et les programmes de réassurance sur le risque climatique ou l'individuelle accident ont été réellement mis en oeuvre : 13,6 millions d'économies ont été dégagées, selon la Macif. Du propre aveu de Daniel Havis, l'actuel président de Sferen, par ailleurs président de la Matmut, "les économies sont tangibles mais pas sensibles", a-t-il indiqué lors d'une rencontre avec l'association des journalistes de l'assurance (ANJA) le 24 mai. "ça fait dix ans qu'on achète de la réassurance ensemble, le gain depuis la création de Sferen n'est pas évident à chiffrer", estime-t-il.

Les six autres dossiers "susceptibles de générer des synergies"  : la gestion d'actifs, l'assurance- vie, l'assurance emprunteur et les services à la personne sont pour l'heure en attente ou abandonnés (au moins pour celui de l'assurance vie). "Nous ne menons pas tous les projets de front", a expliqué Daniel Havis, ajoutant que le premier sujet identifié comme fondamental est la réparation auto.

La création d'un réseau commun de réparateurs automobiles en 2013

Lors de la présentation des résultats annuels de la Macif, le président Gérard Andreck avait estimé également que "le projet le plus ambitieux est la mise en commun des réseaux de réparateurs et surtout d'experts à la fois auto et médicaux", avant de préciser qu'il "sera lancé dans un premier temps par Maif et Matmut. Nous les rejoindrons en 2013 car la Macif a la particularité d'être régionalisée. Nous mettons en oeuvre la transition". Il n'a cependant aucun doute sur l'aboutissement de ce partage de réseaux. "Le train est clairement en route", affirme-t-il.

Le caractère très régional de l'organisation de la Macif a semble-t-il freiné l'entrée de la mutuelle niortaise dans le réseau commun Sferen. Le gain potentiel pour la Macif semblait peut-être aussi moins grand que pour ses partenaires. Gérard Andreck indiquait, il y a tout juste un an, qu'il était « probable que nous gagnerons peu en matière de frais de réparation auto », estimant la Macif déjà très performante sur le sujet.

En mutualisant leurs prestations de réparation auprès d'un nombre de réparateurs déterminés, les trois mutuelles espèrent obtenir des tarifs très compétitifs en contrepartie du volume qu'elles leur apporteront.

En assurances de personnes, chacun garde son indépendance

D'ores et déjà, les trois fondateurs ont renoncé à mettre en commun l'assurance vie faute de synergies prévues. Et force est de constater que dans les autres domaines des assurances de personnes, pourtant au coeur de leur politique de diversification, chacun suit son chemin.

La Macif a ainsi noué un partenariat avec le groupe paritaire AG2R-La Mondiale pour développer les assurances collectives auprès des entreprises. Elle vise 170 millions de chiffre d'affaires en 5 ans. La Maif a annoncé cette semaine un partenariat avec la mutuelle santé MGEN en prévoyance et en assurance dépendance. Quant à la Matmut, elle se déploie pour l'instant en solo en assurance complémentaire santé (54 000 contrats et 80 000 personnes protégées) et en prévoyance (1,1 millions de contrats).

Proche de la Mutualité française dont Daniel Havis est vice-président, tout comme il est vice-président d'une grande mutuelle santé Prévadiès, Daniel Havis indique avoir proposé à certaines mutuelles interprofessionnelles une collaboration en assurance santé, qui n'a  finalement pas abouti. "Je vois bien l'intérêt pour des groupes de la FNMF de s'allier avec la Matmut", a-t-il observé. En revanche, en assurance vie-épargne, le président de la Matmut a exprimé le souhait de transférer son portefeuille (517 millions d'euros d'encours) a un autre assureur avec lequel il nouerait un partenariat de distribution. "L'assurance vie-épargne, ce n'est pas de l'assurance. Le métier de l'assureur est de gérer de un aléa. Collecter de l'épargne, c'est une activité de banque pas d'assurance", a -t-il affirmé.

 

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Commentaires
a écrit le 11/06/2013 à 17:26 :
SFEREN ? ça veut dire quoi ? C'est un sigle: quel est son nom en clair. Ça signifie quoi, en clair? Ça ne traîne pas partout, cette clarté...
a écrit le 26/05/2012 à 12:07 :
On attend que la casse produite par les multiples groupes "mutualistes", qui n'ont d'éthique que le nom, se résorbe par les départ à la retraite et l'assimilation au régime général de son personnel pléthorique, la spoliation progressive des ses adhérents pour boucher les trous émergents à chaque fusion et le recrutement d'une nouvelle génération encore innocente de clients hors des cibles auparavant formatées. Mais il faudra un jour pourtant payer l'addition de cette folie lorsque la démutualisation sera terminée. Un très gros trou qui sera à la charge des français qui se voyaient en grande majorité exclus naguère de ces cartels de fait que l'on appelle les mutuelles. Un scandale dès l'origine, si peu dénoncé.

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