Les opposants à la réforme bancaire donnent de la voix

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Les banques qui ont activement fait valoir leurs arguments ces derniers mois sont rassurées. La réforme bancaire ne remet pas en cause leur modèle. Certains banquiers l'ont même surnommée la réforme "Volvic", en référence à sa douceur naturelle et car elle combine la réglementation Volcker et des éléments du rapport Vickers.

Entre le texte de la réforme bancaire qui sera présenté demain en Conseil des ministres et les propositions du candidat Hollande, il y a un monde. "Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs opérations spéculatives", s'était engagé le candidat. Tout le monde se souvient de la tirade sur la finance "adversaire sans visage", lors de son premier grand meeting de campagne au Bourget. " Mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, et pourtant il gouverne [...], c'est le monde de la finance", avait alors déclaré François Hollande.

Un cantonnement des activités à risque a minima

"L'adversaire" aura été plutôt ménagé. Plutôt que de couper les banques en deux - ce qu'elles craignaient par dessus tout - ou de cantonner strictement les activités de marché à risque comme le préconisait le rapport Liikanen, la réforme bancaire défendue par le gouvernement propose que les établissements financiers isolent dans une filiale une liste très limitée d'activités pour compte propre à haut risque.

Seules sont visées, les activités pour compte propre jugées non utiles au financement de l'économie. Autrement dit, toutes les opérations impliquant des risques de contrepartie non garantis notamment avec des hedge funds ou des sociétés de capital investissement. Dans ce schéma, l'essentiel des activités de trading (tenue de marché ou services fournis par la division banque d'investissement des grandes banques universelles aux clients par exemple) reste dans la banque universelle. Dans une banque comme BNP Paribas, le compte propre "pur", représentait seulement 0,5 % du produit net bancaire (PNB) en 2011, selon les estimations de Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue. Si les recommandations du rapport Liikanen avaient été suivies de façon minimaliste, 13 % du PNB global de la banque auraient été concernés.

En quoi le projet de loi de réforme bancaire est-il minimaliste ?
  BNP Paribas Crédit Agricole Société Générale Natixis
Part du PNB qui serait affectée par la réforme bancaire 0,5 % env. 0,8 %
Part du PNB qui serait affectée par une application minimaliste du rapport Liikanen 13 % 14 % 16 % 18 %

Source : Estimations AlphaValue

Quelques activités seront également interdites, comme le trading à haute fréquence et les opérations sur les dérivés liés aux matières agricoles. Même là, la restriction est toute relative : le trading à haute fréquence effectué à des fins de tenue de marché et les transactions dont la rapidité serait supérieure à une demi-seconde resteraient autorisées.

Des banquiers rassurés sur la réforme "Volvic"

Les banques qui ont activement fait valoir leurs arguments ces derniers mois sont rassurées. La réforme bancaire ne remet aucunement en cause leur modèle. Entre eux, certains banquiers l'ont même surnommée la réforme "Volvic", "car elle combine des éléments de la réglementation Volcker [aux Etats-Unis, ndlr] et des éléments du rapport Vickers [qui sert de base à la réforme britannique] et aussi pour souligner sa douceur naturelle", s'amuse l'un d'eux.

Les opposants à la réforme bancaire donnent de la voix

De leur côté, les opposants à la réforme bancaire tentent de faire entendre leur voix. Dans un entretien au Monde, Thierry Philipponnat, secrétaire général de l'association internationale Finance Watch, estime que le projet de loi, a "vidé la réforme bancaire de sa substance". "C'est le soutien implicite de l'Etat qui a permis aux activités de marché de prospérer à des niveaux déraisonnables. Sur les 8 000 milliards d'euros de bilan cumulé des banques françaises, seulement 22 % sont prêtés à l'économie réelle, aux entreprises et aux ménages. Que sont les 78 % restant ? Des activités de marché, des prêts à d'autres institutions financières ou des investissements pour compte propre !", rappelle l'ex-banquier - UBS, BNP Paribas et Euronext. Selon lui, "en posant le débat en termes d'utilité économique, il n'y avait pas de réforme possible, surtout quand l'utilité est définie comme le fait d'avoir un client, ce qui est tautologique : toutes les transactions financières ont une contrepartie... donc un client !"

Sur le site scinder-les-banques.fr, Olivier Berruyer, president de l'association DiaCrisis, auteur du blog www.les-crises.fr, expose les arguments qui militent en faveur d'une véritable séparation des banques. Les déclarations de 130 personnalités soutenant une scission des banques "pour protéger les comptes bancaires des clients et les finances des contribuables" y sont notamment rassemblées (voir notre diaporama).

 

 

 

 

Voir aussi : La lettre ouverte adressée à Pierre Moscovici par Finance Watch expliquant en quoi le projet de loi portant réforme bancaire et financière qui sera soumis au Conseil des Ministres le 19 Décembre relève de la « retouche cosmétique », et le site Scinder-les-banques.fr

 

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Commentaires
a écrit le 23/05/2013 à 1:41 :
comment est il possible de mélanger dans ce document des gens aussi différents. Je ne peux donner aucun crédit à ceux qui étaient accro à la spéculation il y a quelques mois !!!
a écrit le 19/12/2012 à 8:07 :
à Mao, Avez-vous entendu parler de ISDA International Swaps ans Derivatives Association Inc. N.Y.-N.Y ? c'est la prochaine note que les contribuables vont devoir rembouser dans les années qui viennent,....800 000 milliards de $ en produits dérivés qui sont entrain d'être cachés à l'intérieur de prêts ou obligations ! la pompe du capitalisme international est en marche, avec la complicité de nos politiques car qui ne dit rien consent !
Réponse de le 19/12/2012 à 9:43 :
800,000 milliards.. vous comprenez ce que vous dites?
Réponse de le 19/12/2012 à 19:56 :
VoltR à traduit billion à la méthode française (1000 milliards) mais pour les états unis cela équivaut à 800 milliards :

http://www.reuters.com/article/2012/11/28/markets-credit-idUSL1E8MS62Q20121128
a écrit le 19/12/2012 à 0:18 :
au gouvernement qui a fait marche arriere sur les principes demagogiques du candidat Hollande. Les banques francaises, fortes creatrices de richesses et d'emploi en France, n'ont pas besoin de reforme: elles sont deja bien gerees lorsqu'elles sont aux mains du prive (le role semi-public de Dexia est la principale raison de sa deconfiture).
Réponse de le 19/12/2012 à 0:48 :
+1
Réponse de le 23/05/2013 à 1:46 :
mais comment pouvez vous croire à une différence de gestion entre le privé et le public? Sans le public le privé n'aurait pu se développer... Bercy est la matrice du système bancaire français !!!
a écrit le 18/12/2012 à 21:41 :
Si il y avait une chose à ne pas faire c'est bien celle là: pitoyable , scandaleux, affligeant. Une mascarade!!!! Même les banquiers s'attendaient à autre chose c'est dire le degré de mollesse de ce gouvernement!!!
a écrit le 18/12/2012 à 20:24 :
On va se faire bouffer
http://lesmoutonsenrages.fr/2012/12/18/zapping-de-lunion-europeenne/
Trops de naifs qui croient encore au père Noel
a écrit le 18/12/2012 à 19:43 :
Pour sauver la France et ces citoyens il faudrait des gens qui ne sont pas inféodés à des lobbying, pour cela il faut du courage pour dire non à la facilité or je crains qu'aucun de nos politiciens n'a vraiment le courage, ni la carrure pour réformer notre société.

Souhaitons que cet article et ceux qui se battent pour nous informer de la réalité contre la désinformation ambiante arrivent à infléchir ce qui est une insulte envers les français qui devront toujours avoir cette épée de Damoclès de devoir sauver des banques qui sont au bord de l'effondrement mais qui continuent de jouer à la roulette russe.
Réponse de le 19/12/2012 à 0:47 :
Des banques au bord de l'effondrement ?? qui jouent a la roulette russe ? Pouvez vous etayer vos propos par des exemples concrets ?
Réponse de le 19/12/2012 à 14:13 :
premier exemple pour lequel vous ne me démentirez pas :

- http://democratie-reelle-nimes.over-blog.com/article-dexia-un-puits-sans-fond-112281350.html,

et ceci :

http://www.bfmtv.com/economie/28-banques-dont-faillite-menacerait-leconomie-373230.html

si après vous trouvez que cela ne ressemble pas à une roulette russe pour les banques et une épée de Damoclès monsieur le banquier Pardon Mao (drôle de choix pour du lobbying non ?)
a écrit le 18/12/2012 à 18:28 :
Décidément ce gouvernement d'incapables fait tout de travers ...
Réponse de le 18/12/2012 à 23:59 :
+1

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