La nouvelle coqueluche du capital-investissement ? C'est... la Grèce

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La Bourse d'Athènes a rebondi de 42%, au cours des six derniers mois. Copyright Reuters
La Bourse d'Athènes a rebondi de 42%, au cours des six derniers mois. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
TPG, BC Partners, Rhone Capital... Les fonds de private equity américains se pressent pour racheter les entreprises grecques mises en vente dans le cadre du programme de privatisations du pays. Lequel devrait pourtant connaître en 2013 une sixième année de récession.

Les fonds de capital-investissement se sont découvert un nouvel eldorado. Et il ne s'agit pas de l'Amérique du Sud, ni de la Chine, ni de l'Afrique mais... de la Grèce. Les fonds américains TPG et BC Partners sont sur les rangs pour racheter les 33% du capital de la loterie nationale OPAP mis en vente par le gouvernement grec, dans le cadre des privatisations exigées par le FMI (Fonds monétaire international), la Commission européenne et la BCE (Banque centrale européenne), en contrepartie du sauvetage financier du pays. Une participation valorisée 660 millions d'euros environ, sur la base du cours de Bourse actuel de la société.

Deux mois avant cette opération, un autre fonds de private equity américain, Rhone Capital, avait offert de racheter 39% du fabricant grec de matériaux de construction S&B Industrial Minerals. En janvier toujours, le fonds américain Paine & Partners avait acquis 56,5% du spécialiste des équipements d'irrigation Eurodrip auprès de la société de capital-investissement grecque Global Finance.

Des valorisations qui demeurent attrayantes

Pourquoi les fonds de private equity étrangers ont-ils les yeux de Chimène pour un pays en récession depuis cinq ans, et dont le Produit intérieur brut (PIB) devrait encore se contracter de 4,5% en 2013 ? D'abord parce que la Banque centrale grecque prévoit une amélioration de la conjoncture économique à partir de 2014. Ensuite, parce que la Bourse d'Athènes a rebondi de 42%, au cours des six derniers mois. Ce qui, d'une part, accrédite l'hypothèse d'une prochaine entrée en convalescence du pays et, d'autre part, favorise les cessions d'entreprises, les vendeurs ayant moins le sentiment de brader leur société. De fait, Global Finance a cédé ses 56,5% d'Eurodrip à Paine & Partners pour 68 millions d'euros. Un montant près de deux fois supérieur à sa mise de départ. Enfin, malgré ce rebond boursier, les valorisations demeurent attrayantes : la Bourse d'Athènes se paie 0,84 fois seulement l'actif net, contre un multiple de 1,20 pour l'indice Dow Jones Euro Stoxx 50.

Des choix axés sur des entreprises internationales

Cette soif d'achats n'empêche pas les fonds de private equity de se montrer éminemment sélectifs. Leurs préférences vont à des entreprises grecques très internationales, et donc faiblement dépendantes de l'économie du pays. Comme Eurodrip, qui réalise 93% de son chiffre d'affaires à l'étranger, ou S&B Industrial Minerals, présent dans quelque 70 pays.
Si le capital-investissement juge les PME grecques encore trop risquées, le Qatar, lui, ne partage pas cette opinion. Fin janvier, le riche émirat gazier a lancé avec la Grèce un fonds d'investissement d'un montant de deux milliards d'euros, abondé à parité par les deux pays, et destiné à prendre des participations dans des PME grecques. Un signal fort pour l'ensemble des investisseurs, le Qatar n'étant pas réputé pour ses investissements à fonds perdus!
 

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Commentaires
a écrit le 05/04/2013 à 7:56 :
C'est magnifique...ils achetent la Grèce et l'ue avec des billets de monopoly fraichement imprimes par la fed et on les laissent faire. Les ricains financent leur train de vie avec une monnaie de singe sur le dos des autres pays du monde
a écrit le 03/04/2013 à 13:00 :
à éviter donc ! pour les petits joueurs ............non vaccinés !
a écrit le 03/04/2013 à 11:55 :
Les plus gros investisseurs en Grèce, c'est nous, les contribuables européens, qui avons acheté les obligations de l'état grec. Nos banques centrales en ont plein leurs comptes, et ils accumulent les intérêts. Pour la seule Banque de France, les bénéfices s'élèvent à plus de 7 milliards d'euros (avec les autres prêts) cette année, et pour la Bundesbank ça doit être autour de 10 milliards. Merci les grec, mais aussi les portugais, irlandais, ...
a écrit le 03/04/2013 à 7:28 :
Ce sont de bons exemples à suivre (et plus exactement à anticiper !), comme le font également les chinois avec entre autres l'achat de terminaux au Pirée ou des vignobles français et un peu comme Warren Buffet dans Goldman Sachs http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/27/le-coup-de-maitre-de-warren-buffett-sur-goldman-sachs_3148530_3234.html
a écrit le 02/04/2013 à 21:08 :
Il faudra un jour que l'humanité règle de problème de la Banque disait je crois Lord Acton
Ce que vit la Grèce est du pur pillage.
http://www.zerohedge.com/news/2013-04-02/guest-post-debt-serfdom
a écrit le 02/04/2013 à 18:34 :
Donc les fonds rachètent, ils vont démanteler et tout revendre avant de repartir.
Réponse de le 02/04/2013 à 22:57 :
Quand un fonds investis ce n'est pas pour démanteler mais pour faire fructifier et revendre à très bon prix. Ne confondez pas avec les fonds vautours qui liquident des sociétés qui n'ont plus d'avenir ...
a écrit le 02/04/2013 à 18:06 :
"le Qatar n'étant pas réputé pour ses investissements à fonds perdus"

Euuuhh le PSG vous croyez vraiment que ça va leur rapporter qqc ?
Réponse de le 03/04/2013 à 7:31 :
Oui les droits de retransmissions et autres revenus dérivés et retombées et comme il y a des matches truqués et une fiscalité avantageuse et qu'ils organisent une prochaine coupe, aucun problème !
a écrit le 02/04/2013 à 17:20 :
Les mêmes qui auront mis la Grèce à plat, se jettent sur ce qu'il y a à prendre. Ils auront gagné sur toute la ligne.
Réponse de le 02/04/2013 à 19:50 :
Vous avez tout compris mon ami.
C'est un jeu à sens unique : qu'importent les cartes en main, le monde de l'argent gagne à tous les coups !
a écrit le 02/04/2013 à 16:54 :
C'est ces même amérloc qui on falsifiers les comptes de la Gréce pour qu'elle puisse rentrer dans l'union européen, notament avec les banquiérs de la goldman sachts, ils se sont gavers comme des oies pendant six ans, en speculant jour et nuit sur les petits epargnans gréques, aujourd'hui, ils viennent en pompier-pyromane !
Réponse de le 03/04/2013 à 7:35 :
Ce ne sont pas exactement les mêmes américains, regardez les structures des opérateurs concernés avec ceux que vous citez, peu de points communs. Et il y a des chinois, des russes, des quataris etc. Et certains y ont laissé beaucoup de plumes aussi pour être objectif.
a écrit le 02/04/2013 à 16:49 :
Les fonds d'investissement de la zone dollar ont l'objectif d'acheter la Grèce depuis bien longtemps, bien avant la crise qu'ils ont provoquée en usant d'artifices juridiques et financiers que l'histoire mettra du temps à mettre au jour. Les marchés financiers regorgent d'actifs financiers gonflés sans valeur intrinsèque. Le dumping monétaire de la Fed et des banques centrales assimilées aggrave ce danger. Sachant que la Commission européenne, soumise au FMI, n'a aucune autorité vis-à-vis des marchés tiers, la question est de savoir si le gouvernement grec a encore assez de souveraineté pour interdire l'accès à ces fonds. A partir du moment où le droit élémentaire et la souveraineté sont bafoués, que les médias ne se plaignent pas du nationalisme ou du populisme svp ! Il faut résoudre le problème de fond, sans se limiter à la pointe de l'iceberg.
Réponse de le 02/04/2013 à 17:10 :
Bien d'accord . Le shadow banking a là une occasion de concrétiser ses valeurs virtuelles. L(heure est effectivement aux vautours, plus charognards que les investisseurs passés du Pirée. Le problème de fonds est ce puits sans fonds du Grand Casino des Marchés, qui faisait dire au DSK du FMI que ce problème était de savoir <prendre ses pertes >. Dans le foirail délétère des 17 maquignons en chicaneries d'Europe, la souveraineté n'est souvent qu'artifice grotesque "d'has been" en guenilles.

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