Caceis, la filiale consacrée aux cryptomonnaies de la banque française a annoncé une prise de participation dans Kriptown, une start-up spécialisée dans l’intégration d’actifs sur des réseaux décentralisés.
Le futur de la Bourse serait-il sur la blockchain ? C'est ce que veut croire Caceis. La filiale du Crédit agricole consacrée aux cryptomonnaies a annoncé lundi la prise d'une participation minoritaire dans la fintech française Kriptown. Avec cet investissement, la banque qui vient de recevoir l'agrément européen Prestataire de services sur cryptoactifs met un pied dans la tokenisation des actions. Car la filiale de Kriptown, nommée Lise, prépare le lancement d'une Bourse pour les PME qui utilisera la blockchain pour échanger et enregistrer les actions.
Une nouvelle annonce qui montre l'intérêt soudain pour l'échange d'actions d'entreprises avec un réseau décentralisé et sécurisé sur des milliers d'ordinateurs. Avant Lise, la plateforme d'échange de cryptoactifs Kraken, mais aussi les courtiers Robinhood et eToro ont annoncé des services d'échanges d'actions tokenisées.
Des actions échangeables à tout moment
Traditionnellement une Bourse fait appel à une myriade d'acteurs qui ont tous un rôle défini. Le courtier prend l'ordre d'achat d'un investisseur particulier et l'envoie à une société s'occupant de la négociation du prix d'achat (Euronext en Europe). Une fois l'action trouvée et son prix négocié, cette dernière est transférée à l'acheteur et la transaction est inscrite sur un registre tenu, en Europe, par Euroclear.
Mais cette machinerie n'est pas sans problème.
« Elle coûte cher, puisque tous les intermédiaires doivent être payés et une action met en Europe deux jours à être échangée », regrette Mark Kepeneghian, fondateur de Kriptown.
Une limite que les réseaux cryptos n'ont pas, puisque les transactions réalisées sur ces derniers sont quasiment instantanées et peuvent avoir lieu n'importe quel jour et à n'importe quelle heure. Les courtiers veulent donc utiliser l'automatisation des réseaux cryptos bien connus (Ethereum pour eToro, Solana pour Kraken ou Arbitrum pour Robinhood) pour permettre à leurs clients de dépasser les contraintes horaires et techniques de la Bourse traditionnelle.
Une technologie, qui n'est cependant pas sans inconvénients. « Aujourd'hui, ce ne sont pas directement les actions qui sont tokenisées, mais des dérivés. Autrement dit, le détenteur d'une action inscrite sur la blockchain n'a qu'une copie de l'originale et n'a pas forcément les droits de gouvernance ni les dividendes rattachés à l'actif original », explique Stanislas Barthélémi, consultant chez KPMG et président du lobby des cryptos, l'Association pour le développement des actifs numériques (Adan). Ces actions 3.0 n'ont pas non plus la promesse de transférabilité de leur cousin le bitcoin. « Il faut être un utilisateur de Robinhood ou d'eToro pour échanger ces actions. On n'échangera jamais des parts de sociétés via son portefeuille Ledger ou entre des courtiers, comme on peut le faire avec des cryptos », ajoute l'expert interrogé par La Tribune.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.