"Airbus des paiements" : la violente charge de la patronne de l'EPI après le flop du projet européen
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Les paiements sont devenus un enjeu politique autant qu'industriel.
Heinz-Peter Bader
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Les paiements sont devenus un enjeu politique autant qu'industriel.
Heinz-Peter Bader
... innovant, avec des premiers cas d’usage opérationnels prévus dès 2023.
Martina Weimert, directrice générale de l'European Payment Initiative (EPI), et cheville ouvrière du projet européen des paiements depuis deux ans, ne cache pas son amertume, voire sa colère. La société intérimaire EPI, en charge du projet, a dû revoir sensiblement ses ambitions à la baisse, suite à la défection de nombreuses banques européennes, espagnoles dans un premier temps, puis allemandes en début d'année.
L'idée au départ, présentée en grande pompe en juillet 2020, était de créer un scheme de carte bancaire européen unique (licence de marque permettant d'émettre des cartes ou accepter des paiements par carte), en lieu et place des schemes domestiques (comme « CB Cartes Bancaires » en France), et d'y associer une solution de paiement instantané et un portefeuille numérique (wallet), capable d'intégrer de nombreux services, y compris à terme l'euro digital.
Aujourd'hui, le projet carte est abandonné, faute d'un nombre suffisant d'actionnaires. Reste donc, pour les 13 investisseurs encore présents dans le projet, dont toutes les grandes banques françaises, le deuxième pilier, certes le plus innovant, mais le moins structurant en termes industriels compte tenu du poids de la carte dans les paiements.
« Nous conservons, c'est vrai, le volet le plus innovant du projet mais il faut aussi se rendre compte de ce que l'on a perdu : en ne faisant pas la carte EPI - c'est-à-dire la quasi-totalité des paiements en Europe, nous renonçons à la souveraineté européenne dans le domaine des paiements », a ainsi martelé - et le mot est faible - Martina Weimert, devant un parterre de banquiers et de spécialistes des paiements, réunis à Paris le 24 mars dernier, par France Payments Forum et Paris Europlace.
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« C'était un projet ambitieux, un vrai défi qui s'est heurté à trois problèmes finalement très humains, mais aussi, très symptomatiques de la construction européenne », raconte Martina Weirmert.
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