Dette : l'inquiétude des marchés s'étend à tous les grands pays développés
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L’agence France Trésor doit émettre ce jeudi jusqu’à 11,5 milliards d’euros sur trois échéances de long terme.
AFP
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L’agence France Trésor doit émettre ce jeudi jusqu’à 11,5 milliards d’euros sur trois échéances de long terme.
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C'est l'émission attendue de la rentrée : ce jeudi, France Trésor doit émettre entre 9,5 et 11 milliards d'euros d'obligations (OAT), la première adjudication sur plusieurs échéances de long terme depuis l'annonce du vote de confiance. Pour les investisseurs, cette opération aura valeur de test en cette nouvelle période d'instabilité politique.
« Il n'y aura pas de moment Liz Truss [Première ministre britannique qui a déclenché en 2022 une crise sur la dette britannique en présentant un budget très déséquilibré] », rassure Christopher Dembik, stratégiste chez Pictet AM. Les investisseurs seront là, y compris les Japonais, par nature très prudents. Mais le niveau de la demande (combien de fois l'offre sera sursouscrite) et surtout le taux offert seront des éléments d'appréciation essentiels à quelques jours du vote de la confiance à l'Assemblée nationale.
Le taux à dix ans français et plus encore le taux à 30 ans se sont singulièrement tendus mardi dernier (respectivement à 3,6 % et 4,5 %), avant de se relâcher ce mercredi (à 3,56 % pour le 10 ans). Un répit qui sera sans doute de courte durée, car la prime de risque (par rapport à l'obligation équivalente allemande), qui oscille autour de 80 points de base, pourrait facilement grimper à 100 points de base en cas de chute de gouvernement, selon plusieurs gérants interrogés. Selon une étude de Goldman Sachs, neuf groupes français empruntent déjà moins chers sur les marchés que l'État français.
La séquence est d'autant plus dangereuse que l'agence de notation Fitch, qui a déjà mis la note de crédit de la France (AA-) sous perspective négative, pourrait cette fois-ci dégrader d'un cran la note le 12 septembre. Elle placerait alors la France dans la catégorie de « simple A ». L'agence a d'ailleurs récemment dégradé plusieurs pays européens, comme la Finlande ou la Belgique.
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En revanche, selon le consensus, les agences Moody's ou S&P Global, dont les notes sont également en perspective négative, devraient attendre l'an prochain pour éventuellement suivre le mouvement. « La hausse du rendement sur la dette française est cohérente avec le déclassement continu de la note de la France », avance un gérant Taux.
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