C'est dans une relative discrétion que le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) publie ce 1er juillet le premier rapport annuel de l'Observatoire des produits d'épargne financière (Opef). En pleine vague « value for money », ce concept européen de transparence des frais sur les produits financiers et de protection de l'épargnant, cette initiative aurait pourtant mérité davantage de publicité. D'autant que ce rapport est une demande explicite de la loi Industrie verte de 2023 et que sa genèse a été suivie de très près par le Trésor à Bercy.
C'est au prix d'une haute lutte, notamment avec l'ACPR, le superviseur du secteur de l'assurance, à qui a été déjà confiée une mission de surveillance des frais de gestion pratiqués par les assureurs, que le CCSF, qui réunit assureurs, banquiers, gestionnaires d'actifs, et associations d'épargnants et de consommateurs, a finalement réussi à récupérer le bébé. Et c'est peu dire que ce fût un vrai chemin de croix que de réaliser ce rapport avec des participants dont les intérêts étaient loin d'être alignés.
Après plus d'une centaine de réunions, de 16 groupes de travail, de milliers d'allers et retours en relecture, d'une mobilisation des équipes de l'ACPR, de l'AMF (Autorité des marchés financiers) et de Bercy, avec l'aide de deux prestataires reconnus, Sémaphore Conseil et Quantalys, le rapport a enfin été publié avec des données agrégées ne couvrant pas certains sujets qui fâchent, comme les ETF (fonds indiciels)