Un employé prend des granulés d'or pur à 99,99 % dans l'usine de métaux non ferreux Krastsvetmet, l'un des plus grands producteurs mondiaux de l'industrie des métaux précieux, dans la ville sibérienne de Krasnoïarsk, en Russie, le 22 novembre 2018.
Le métal précieux bat des records. Conseils pour trouver sa pépite pour investir.
L'or s'envole. Il a progressé de plus de 25 % depuis le début de l'année, pulvérisant des records historiques semaine après semaine. Deux raisons principales à cette envolée : les perspectives de baisse des taux d'intérêt aux États-Unis et les achats massifs par les banques centrales de pays comme la Chine ou la Russie qui cherchent à « dédollariser » leurs réserves de change. Et deux questions : comment un particulier peut-il investir sur l'or ? Faut-il investir maintenant alors que l'or est à son niveau record ? Longtemps, l'épargnant intéressé par l'or n'avait qu'une possibilité : l'or physique. Des lingots ou des pièces.
Le lingot standard correspond à 1 kilo. Et son prix, élevé, tourne autour de 75 000 euros. Il existe néanmoins des lingotins plus accessibles, dès 5 grammes. Les pièces frappées après 1800 peuvent être qualifiées d'« or d'investissement ». Leur pureté doit être égale ou supérieure à 900 millièmes, et elles doivent avoir eu cours légal dans le pays d'origine : pièce de 50 pesos mexicaine, krugerrand d'Afrique du Sud, souverain Élisabeth II, napoléon 20 francs, 20 francs Vreneli de Suisse. Contrairement aux lingots, leur prix dépendra aussi de leur rareté et de leur état de conservation, ce qui peut entraîner une prime par rapport à leur poids en or. Mieux vaut donc être un brin connaisseur. Pour acquérir de l'or physique, vous pouvez passer par des banques.
Elles vous factureront des commissions d'achat, généralement de 2 % à 4 %, et vous proposeront des coffres pour le stockage, avec des frais supplémentaires. Les bureaux de change ou numismates et les plateformes numériques, quant à eux, perçoivent des commissions plus faibles mais, contrairement aux banques, appliquent souvent une marge par rapport au cours de l'once. Outre les commissions et les frais de conservation, la fiscalité peut aussi être dissuasive. Si l'investisseur ne peut pas prouver la date d'achat de l'or, une taxe forfaitaire de 11,5 % est appliquée sur le montant de la vente. Si la date d'acquisition peut être prouvée, une taxe de 36,2 % sur la plus-value s'applique si elle est plus avantageuse que la taxe forfaitaire.
Un abattement de 5 % par an après deux ans permet une exonération totale après vingt-deux ans, ce qui peut rendre l'investissement à long terme plus attrayant et fiscalement plus avantageux. « Anxiolytique financier » Face aux limites de l'or physique, certains investisseurs se tournent vers l'or papier, qui présente plusieurs avantages. Les certificats et ETF (exchange traded funds) permettent d'investir dans l'or sans le posséder physiquement. Ces véhicules répliquent l'évolution du prix de l'once d'or, offrant une liquidité et une flexibilité accrues. La fiscalité peut aussi être avantageuse, avec la flat tax à 30 %, voire la fiscalité douce de l'assurance-vie si vous logez vos titres dans cette enveloppe.
En parallèle des certificats et ETF, les investisseurs peuvent s'intéresser aux OPCVM, c'est-à-dire des fonds d'investissement spécialisés dans des sociétés d'extraction d'or et de métaux précieux. Nous privilégions plutôt les ETF. Faciles. Moins chers. Et liquides. Faut-il acheter de l'or maintenant ? La réponse est simple. Et ne varie pas en fonction des cours. L'or est un actif très volatil. Il peut chuter facilement de 15 % à 20 % sans raison particulière. Considérez-le comme un « anxiolytique fi nancier » : s'il vous permet de mieux dormir la nuit dans un monde chaotique, consacrez 2 % à 3 % de votre portefeuille à l'or. En visant le long terme. Et parfois le très long terme.
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