Fidelio est un fonds marginal dans la gamme de H2O AM mais sa fermeture programmée intervient dans un contexte difficile pour la société de gestion. H20 AM a vu ses encours fondre en deux ans et la société de gestion va couper ses liens avec sa maison-mère, Natixis. Ce divorce « subi » par H2O se traduit par une perte exceptionnelle de 51 millions d’euros dans les comptes de Natixis. Les fondateurs d’H2O AM se montrent positifs sur les marchés en 2021 et comptent jouer les actifs sous-valorisés, comme les actions value et les pays émergents.C'est en toute discrétion que H2O Asset Management (AM) a suspendu toutes les transactions sur son fonds Fidelio. La société de gestion souhaite en effet mettre un terme à la stratégie du fonds, et par conséquent, à le fermer prochainement, sans toutefois donner de date. Le fonds, de droit irlandais mais éligible à la commercialisation en France, est spécialisé dans la gestion long/short sur les actions (acheteur/vendeur à découvert), avec une exposition nulle au risque actions (les positions acheteuses sont équivalentes aux positions vendeuses).
Toutefois, comme en convient H2O AM, « ce fonds n'a jamais trouvé son public». Selon la fiche produit publié sur le site de Natixis, l'encours atteint fin janvier 35,7 millions de dollars (29,5 millions d'euros), contre 178 millions de dollars fin 2020 et 377 millions de dollars fin décembre 2019. La chute des encours ces dernières semaines s'explique, pour l'essentiel, par un remboursement anticipé des investisseurs. Le gérant du fonds depuis son lancement en 2016, Gonzague Legoff, reste cependant au sein de la société de gestion. Il est notamment l'un des gérants du fonds H2O Multiequities.
La fermeture de ce fonds, assez marginal dans la gamme, intervient dans un contexte de changements importants pour la société de gestion, basée à Londres et co-fondée par Bruno Crastes et Vincent Chailley. Pris à revers par la tempête financière de mars dernier, lors des premiers confinements, la société avait dû suspendre sept de ses fonds, le 28 août dernier, dans le cadre de la mise en place d'un schéma de « side-pocket » pour séparer les actifs liquides et illiquides de chacun des fonds concernés.
Compte tenu de la baisse de valorisation des actifs, les actifs illiquides dépassaient en effet le seuil maximal de 10% de l'encours, autorisé par la réglementation européenne Ucits. Une décision qui a provoqué le gel de ces fonds pendant plusieurs semaines, avant leur réouverture le 13 octobre.